Madame lit un poème en cette Journée internationale de la poésie

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Je tenais à souligner la Journée internationale de la poésie en vous présentant un poème de Gilbert Langevin, un grand poète de chez-nous… Il s’est éteint depuis quelques années mais ses textes habillent encore nos matins, ses mots se retrouvent dans la bouche de nos chanteurs et de nos chanteuses… Alors voici pour vous « Ce fleuve de douleurs» :

Ce fleuve de douleurs (Québec)

Années de malheur où la peur était reine
on trempait son courage dans un baquet de haine
des épines couronnaient le désir dénoncé
l’amour avait des gants pour ne pas se blesser
tous les matins portaient masques de carême
le plaisir se cachait dans un danger suprême
ces années me reviennent avec leurs bruits de chaîne
avec leurs mornes traînes et leurs laizes de peine

qu’à cela ne vache qu’à cela ne chienne
ce fleuve de douleurs apporta la révolte

Gilbert Langevin

J’ai aussi retrouvé cette vidéo sur Youtube où vous pourrez l’entendre réciter ce poème lors de La Nuit de la poésie de 1980.

Bonne Journée internationale de la poésie !

Bien à vous,

Madame lit

Lefripon (2009, 4 novembre). Gilbert Langevin et Gaston Miron à la nuit de la poésie 80 [Vidéo en ligne]. Récupéré de https://www.youtube.com/watch?v=JuP-w5yNGcA

Madame lit du Marguerite Duras

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Duras

Chère lectrice, Cher lecteur,

Permettez-moi aujourd’hui de vous présenter un sublime extrait tiré de La douleur de Marguerite Duras… Ce passage est beau comme le chant de la mer… triste comme le cri d’un oiseau blessé, pur comme la caresse du vent sur une joue…

Dans une heure D. sera là. Je ferme les yeux. S’il revenait, nous irions à la mer, c’est ce qui lui ferait le plus de plaisir. Je crois que de toutes façons je vais mourir. S’il revient je mourrai aussi. S’il sonnait : « Qui est là. -Moi, Robert L. », tout ce que je pourrais faire c’est ouvrir et puis mourir. S’il revient nous irons à la mer. Ce sera l’été, le plein été. Entre le moment où j’ouvre la porte et celui où nous nous retrouvons devant la mer, je suis morte. Dans une espèce de survie, je vois que la mer est verte, qu’il y a une plage un peu orangée, le sable. À l’intérieur de ma tête la brise salée qui empêche la pensée. Je ne sais pas où il est au moment où je vois la mer, mais je sais qu’il vit. Qu’il est quelque part sur la terre, de son côté, à respirer. […] Cet homme devant la mer, c’est lui. En Allemagne les nuits étaient froides. Là, sur la plage, il sort en bras de chemise et il parle avec D. Ils sont absorbés par leur conversation. Je serai morte. Dès son retour je mourrai, impossible qu’il en soit autrement, c’est mon secret. D. ne le sait pas. J’ai choisi de l’attendre comme je l’attends, jusqu’à en mourir. Ça me regarde.

J’adore ces phrases courtes imbibées de détresse, de désir, d’amour, de mort, de mer, de sable, de rêve, de l’autre que l’on aime à en mourir…

Avez-vous lu La douleur de Duras ? Cet extrait vous donne-t-il le goût de découvrir ce bouquin ? Pour Duras, ce dernier est « une des choses les plus importantes » de sa vie…

Bien à vous,

Madame lit

Duras, Marguerite, La douleur, Paris : Gallimard, coll. Folio, 217 p.

Madame lit un extrait des Enfantômes !

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Enfantomes

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dans ma présentation de mon rapport aux livres de Réjean Ducharme, je vous avais mentionné que j’avais égaré Les enfantômes. Et bien, je l’ai retrouvé! Donc, j’aimerais vous partager un extrait de ce livre mettant en scène un homme déchiré entre sa femme et sa sœur … Dans cette histoire, il y a bien entendu l’enfance, comme salut…,  les jeux de mots, en guise de transformation du réel et le rêve, parce que c’est la vie…

Avant, quand on avait de l’argent, on avait une auto. C’est moi qui faisait le taxi, j’avais l’air de quoi? Ayant étudié l’histoire de la littérature à l’université McGill, ma femme n’est pas faite pour les travaux d’une cuisine d’hôpital, comme elle le dit elle-même tout le temps. Mais l’histoire de la littérature ça ne donne pas de dividendes, il a bien fallu qu’elle fasse de quoi quand mes capitaux, à force de se faire dépenser, on finit par cesser de rapporter assez. Moi, je ne travaille pas. Pas kession, un poing sait tout! Aux âmes d’élite, la diminution de la semaine horaire et les augmentations de salaires! Aux cœurs au ventre! Aux estomacs bien pendus! L’avenir aux audacieux, et  à moi, leurs restes, à moi les rêves baroques qui les endorment, les sentiments touffus qu’ils jettent, les rires hilares qu’ils laissent traîner par terre!

Je ne veux rien savoir. Ma pension d’inadapté enfantomatique, je la restitue aussi sec au ministère.

Comment trouvez-vous cet extrait des Enfantômes?

Bien à vous,

Madame lit

Ducharme, Réjean, Les enfantômes, Paris : Gallimard, 283 p.

Madame lit une écrivaine ou un écrivain par mois !

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Chère lectrice, Cher lecteur,

En cette Journée internationale des femmes, j’ai décidé de vous parler d’une grande écrivaine canadienne de la littérature de jeunesse : Lucy Maud Montgomery. Cette dernière est née à Clifton à l’Île-du-Prince-Édouard en 1874 (endroit où se déroule la célèbre série Anne) et elle est décédée à Toronto en 1942.

Lucy Maud Montgomery est surtout connue pour sa série Anne.

D’ailleurs, je possède tous les tomes et je les ai tous lus! Voici les titres :

  • Anne et la maison aux pignons verts
  • Anne d’Avonlea
  • Anne quitte son île
  • Anne dans sa maison de rêve
  • La Vallée Arc-en-ciel
  • Rilla d’Ingleside
  • Anne au Domaine des Peupliers
  • Anne d’Ingleside

Je peux même avouer que j’ai grandi avec Anne comme certains avec Tom Sawyer et d’autres avec Fifi Brindacier.

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Mais que raconte cette série ?

Anne, une orpheline qui a plutôt été malmenée par la vie, est adoptée par Marilla et Matthew Cuthbert, une sœur et un frère possédant une ferme. Ils sont âgés et ils ont besoin d’aide avec l’entretien de la ferme. Toutefois, au départ, ils souhaitaient accueillir sous leur toit un garçon. Ainsi, Anne Shirley s’établit aux Pignons verts à Avonlea à l’Île-du-Prince-Édouard par erreur. Anne est une fillette à l’imagination poétique débordante, elle s’avère douée pour la communication et elle se retrouve toujours dans des situations loufoques. Elle rêve de devenir écrivaine. À l’école, elle se lie d’amitié avec Diana Barry et elle ne laisse pas indifférente Gilbert Blythe. Grâce à Anne, Marilla et Matthew apprennent un petit peu plus à apprécier la vie…

C’est l’histoire de cette orpheline attachante, drôle, sensible, rancunière que le  lecteur apprend à connaître au fil des tomes. Elle est tantôt une enfant, une enseignante, une écrivaine, une épouse, une mère.

Pourquoi ai-je aimé cette série ?

Je me suis identifiée à Anne assez facilement et j’ai adoré suivre son histoire. En fait, la petite rouquine grâce à sa fraîcheur, à sa joie de vivre et à sa candeur, a réussi à se tailler une place dans le cœur des habitants d’Avonlea et dans le mien. Qui n’a pas rêvé d’avoir une Anne Shirley comme amie ou comme sœur ? Qui n’a pas souhaité gambader avec elle dans les champs, boire en sa compagnie du vin de groseilles maison de Marilla au lieu d’un thé, tirer ses nattes pour la taquiner, errer avec elle sur les splendides dunes de l’Île ?

Pour vous donner un aperçu de sa façon de raisonner, voici comment elle présente ses bêtises à Marilla :

-Marilla, n’est-il pas merveilleux de penser que demain commence une journée dépourvue de bêtises?
-Je te fais confiance pour remédier à cela, dit Marilla, tu n’as pas ta pareille pour commettre des bêtises, Anne.
-Oui, je ne le sais que trop bien », admit Anne, tristement. Mais Marilla, n’as-tu pas remarqué quelque chose d’encourageant ? Je ne fais jamais la même bêtise deux fois.
-Je me demande où est l’avantage, puisque tu en inventes toujours de nouvelles.
-Mais, oh, Marilla, ne comprends-tu pas? Il doit bien y avoir une limite au nombre de bêtises qu’une personne peut inventer, et, quand j’aurai atteint cette limite, ce sera terminé. Tu ne peux savoir à quel point cela me réconforte.

De plus, l’auteure exploite dans cette série les relations entre les voisins, les enfants et leurs parents, les gens de la ville versus ceux de la campagne… L’entraide, les visites, les commérages font partie intégrante de cet univers. Et il y a l’Île-du-Prince-Édouard apparaissant comme un personnage… Elle veille sur ses habitants, elle anime leur âme, elle illumine de par sa beauté leur journée… L’île semble idyllique, une sorte de paradis perdu…

En contre-bas, il y avait une mare, si longue et si pleine de méandres qu’elle ressemblait à une rivière. Un pont la franchissait en son milieu, et, de là jusqu’à son extrémité la plus éloignée, où une ceinture de dunes de sable ambré venait la couper du golfe, d’un bleu profond, l’eau miroitait d’une féérie de couleurs aux nuances les plus subtiles. Elles oscillaient entre le jaune crocus, le rose, le vert opalescent et une myriade de teintes plus délicates, auxquelles on n’a jamais trouvé de nom.

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Et bien sûr, la magnifique série dans les années 80 avec Megan Follows dans le rôle d’Anne Shirley a su ravir mon cœur. Cette dernière a été réalisée par Kevin Sullivan. Après l’avoir visionnée, j’ai eu envie de découvrir les personnages de Lucy Maud Montgomery.

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Voici le lien du site de la série ou du film… Des  belles images  de la production des années 80 s’y retrouvent… http://anneofgreengables.com/

Mais encore, une de mes étudiantes m’a appris que la CBC allait diffuser une nouvelle version de la série à partir du 18 mars 2017.  Pour consulter le blogue de cette dernière, vous n’avez qu’à cliquer sur Anne.

De plus, Anne et la maison aux pignons verts fait partie des livres obligatoires pour des cours et s’avère très populaire au Japon!

Voici l’information que nous pouvons retrouver sur le site de Radio-Canada :

Qui ne connaît pas Anne Shirley, la jeune fille fantasque et romantique aux cheveux couleur carotte? Avec Anne… La Maison aux pignons verts, entre autres, Lucy Maud Montgomery a fait découvrir l’Île-du-Prince-Édouard non seulement aux Canadiens mais au monde entier. Lecture obligatoire dans de nombreuses écoles, phénomène littéraire au Japon où il a rang de culte, ce roman décrit la vie rurale canadienne de l’Île-du-Prince-Édouard au tournant du 19e siècle.

Donc, si vous avez une fille et vous croyez qu’Anne Shirley pourrait l’intéresser ou encore si vous avez envie de découvrir une histoire drôle, émouvante, il ne faut surtout pas hésiter à aller à la rencontre de cette adorable rouquine. Il importe de suivre son parcours et de découvrir avec elle l’amour…

L’amour ne surgissait peut-être pas dans la vie des gens avec pompe et vacarme, tel un joyeux chevalier galopant sur son cheval ; c’était peut-être sous les traits d’un vieil ami qu’il arrivait par des chemins tranquilles ; il se révélait peut-être d’une façon pouvant paraître prosaïque, jusqu’à ce qu’une illumination soudaine en trahisse le rythme et la musique ; peut-être… peut-être… l’amour se développait-il naturellement à partir d’une belle amitié, comme une rose au cœur doré glissant de son cocon vert.

Je garderai toujours un précieux souvenir de cette lecture… Les bouquins de Lucy Maud Montgomery méritent certainement d’être lus ici et ailleurs…

Avez-vous déjà lu un tome de la série de Lucy Maud Montgomery ? Avez-vous eu la chance de visionner la série des années 80 ?

Bien à vous,

Madame lit

Radio-Canada. (2008). Dans la maison d’Anne… aux pignons verts. Récupéré de http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/litterature/dossiers/1463/

Madame lit des poèmes d’Éluard

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eluardChère lectrice, Cher lecteur,

Plus jeune, un poète est entré dans ma vie… Au contact de ses mots, j’étais ailleurs, projetée dans un pays autre, rempli de beauté, de tendresse, de désespoir… Jamais un titre ne m’a parlé autant : Capitale de la douleur. Pour moi, toute la puissance de la langue se retrouve dans ces quatre mots… Donc, pour partager avec vous mon amour pour Paul Éluard, voici les deux poèmes qui me reviennent souvent en tête…

La parole

J’ai la beauté facile et c’est heureux.
Je glisse sur le toit des vents
Je glisse sur le toit des mers
Je suis devenue sentimentale
Je ne connais plus le conducteur
Je ne bouge plus soie sur les glaces
Je suis malade fleurs et cailloux
J’aime le plus chinois aux nues
J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau
Je suis veille mais ici je suis belle
Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes
Épargne chaque soir le cœur noir de mes yeux.

VII

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Donc, voici deux poèmes d’Éluard qui m’ont marquée… Et il y en a tant d’autres que j’aime lire et relire…

Aimez-vous la poésie de Paul Éluard? Quel est votre poème préféré ?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit son bilan de février 2017

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Mon mois de février a été marqué par divers éléments comme des promenades en raquettes dans la forêt canadienne, une discussion avec une amie de mon âge qui a réussi à combattre un cancer, des piles de travaux à corriger, une semaine de relâche pour mes étudiants, un ordinateur dysfonctionnel, etc. De plus, je peux dire que mon émotion du mois m’apparait associée à la déception. J’ai été déçue par une façon de faire que je ne veux pas présenter ici sous peine de représailles, mais qui m’a profondément perturbée… Je me suis sortie de cette déception, grâce au recul et à l’introspection…

Aussi, j’ai lu un tout petit peu !

Voici les bouquins lus en février :

Pour connaître ce que je suis en train de lire, n’hésitez pas à cliquer sur Lecture du moment.

Pour ma présentation d’une écrivaine ou d’un écrivain, j’ai opté pour Réjean Ducharme, un auteur majeur de la littérature québécoise. Pour consulter cette chronique, cliquez sur Février, Réjean Ducharme!

Pour la chronique portant sur une idée de cadeau, j’ai choisi un ouvrage pour combler les romantiques. Donc, pour lire ce billet, n’hésitez pas à cliquer sur Un cadeau par mois, février 2017!

De surcroit, j’ai participé au tag de l’Improbable Littéraire! Je me suis bien amusée avec ce dernier.

J’espère que vous avez passé un excellent mois de février malgré la température maussade…

Pour vous remercier d’alimenter ce blogue en partageant régulièrement avec moi, je vous laisse avec l’incipit d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. On y présente la lecture comme une bien ennuyante activité!

Alice commençait à se sentir fatiguée de rester assise sur l’herbe à ne rien faire. À côté d’elle, sa sœur lisait un stupide livre sans images ni dialogues.

« Quelle drôle d’idée! pensait Alice. Peut-on vraiment s’amuser à lire un livre où il n’y a ni images, ni dialogues?

Elle se demandait – mais elle réfléchissait très lentement, très mollement, tellement il faisait chaud! – si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes lui donnerait la force de se lever pour les cueillir, ces pâquerettes, lorsque brusquement, un beau Lapin Blanc  aux yeux roses passa en courant tout près d’elle. Cela n’était pas particulièrement remarquable : qu’y avait-il de bizarre à voir passer un Lapin Blanc, après tout? Et Alice ne trouva pas non plus très extraordinaire d’entendre ce Lapin dire à mi-voix :

«Oh, mon Dieu! Oh, mon Dieu! Je vais être en retard!» alice_lapin_pixabay

Alors bonne lecture à tous!

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit un extrait de Neige noire

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Connaissez-vous Neige noire d’Hubert Aquin? J’aimerais vous partager un extrait de cette œuvre que je qualifie de majeure dans le portrait littéraire québécois. Sur la quatrième de couverture, il est mentionné :

Du voyage initiatique de Nicolas et de Sylvie vers le Svalbard au scénario à la fois écriture et lieu de méditation, Neige noire entrelace un discours philosophique sur la sexualité, la mort, le passage du temps, un discours littéraire qui fourmille d’allusions esthétiques du Moyen Âge et d’échos de Catulle, Nabokov, Borges et Nelligan, le tout sur fond de palimpseste de Hamlet et d’Ulysse.

Donc, j’ai décidé de vous présenter un extrait pour votre plus grand plaisir, je l’espère, et par le fait même, vous faire découvrir ou pas la plume de ce grand écrivain.

L’existence tout entière se déroule en bordure du temps et sur des vagues qui menacent de s’ouvrir, mais ne découvrent jamais plus que ce qu’un ventre consentant ne découvre à celui qui l’investit. Ce n’est pas le temps qui fuit, c’est l’être qui se dérobe; ce sont les autres qui fuient et semblent tous se fuir en marchant, faux prophètes, sur les eaux incassables de la mer de Barents. La peau de la personne aimée voile tout, même cette personne qu’on croit connaître parce qu’on a participé à un même délire d’obscuration et de plaisir. La cantate en miroir vient de se fracasser; ne subsistent, sous l’action dévastatrice du cogito cogitatem, que les tessons d’un miroir sans tain! Personne ne connaît personne, décidément…

Qui a déjà lu un roman d’Hubert Aquin? Qui connaît Neige noire?

Bien à vous,

Madame lit

Aquin, Hubert, Neige noire, Montréal : Leméac, 263 p.
ISBN : 2-7609-3164-1

Madame lit Je suis féministe ; le livre

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feministeChère lectrice, Cher lecteur,

Tout d’abord, il y a eu le blogue et aujourd’hui, il y a le livre. Tout a débuté en 2008, sur le Web, par la création d’un blogue. Des jeunes féministes québécoises, libres, furieuses et joyeuses, ont pris d’assaut l’espace virtuel pour prendre la parole en débattant des enjeux comme l’avortement, le relativisme culturel, les événements marquants pour les féministes, les mythes du féminisme, la prostitution, l’hypersexualisation des fillettes, etc. Des jeunes femmes ne se retrouvaient pas dans le discours des féministes de la génération précédente et c’est pourquoi elles ont voulu une plateforme qui leur ressemblait pour s’exprimer. Comme le mentionne Sylvie Dupont, féministe québécoise des années 80, dans la préface :

Et tant mieux si elles ne voulaient plus du féminisme à maman.

Tant mieux parce que c’est précisément pour cela que Je suis féministe a joué le rôle nécessaire que lui imaginaient ses fondatrices : établir une correspondance, dans tous les sens du mot, entre de jeunes femmes qui, pour toutes sortes de raisons, ne se reconnaissent pas dans le féminisme dont elles avaient entendu parler.

Pour le livre, Marianne Prairie et Caroline Roy-Blais expliquent dès le départ leur démarche et justifient par le fait même le choix des textes. Elles désirent donner un second souffle aux billets et faire connaître leur contenu à un nouveau lectorat. Ainsi, dans le bouquin, les textes de 30 auteures sont publiés à propos de diverses thématiques allant de la prise de conscience jusqu’aux féminismes. Voici les chapitres avec quelques-uns de leur contenu :

  • Chapitre 1 : OMG JSF! (le coming out, la prise de conscience de la féministe, la prise de parole, l’initiation au féminisme/mythes et préjugés)
  • Chapitre 2 : Événements marquants dans l’histoire du féminisme québécois (la tuerie de 14 jeunes femmes à Polytechnique, les grèves étudiantes, etc.).
  • Chapitre 3 : Médias et culture pop
  • Chapitre 4 : Sujets chauds (l’avortement, le corps, le couple famille, la maternité, le travail du sexe/prostitution, les sexualités, les violences)
  • Chapitre 5 : Intersectionnalité et International (le privilège d’être née au Québec, la lutte, les cinq mythes sur l’Intersectionnalité, les dames en saris roses, Téhéran et la chirurgie plastique, le Brésil et le viol, grève du sexe pour la paix, les Philippines et Gabriela, les Pussy libres)
  • Chapitre 6 : Féminismes (les Véro et Beyoncé, le risque de passer pour une mauvais féministe, le relativisme culturel et droits des femmes, le 8 mars, la jeune Féministe)

Pourquoi lire ce bouquin? Il m’apparaît capital de reconnaître qu’encore aujourd’hui, la lutte pour l’égalité, pour la liberté, pour le droit de décider pour notre corps n’est pas terminée. Plus que jamais, il faut prendre conscience qu’il suffit d’un régime pour effacer les droits acquis par les femmes de peine et de misère. Je suis féministe, le blogue, mérite sa place… Les femmes québécoises ne sont pas à l’abri du conservatisme. Nous n’avons qu’à penser qu’en Ontario, un projet de loi avait été déposé pour établir la charia en 2005… Voici un extrait tiré du Devoir de l’époque :

L’Ontario ne deviendra pas la première juridiction occidentale à autoriser le recours à un ensemble de règles religieuses appelées charia pour résoudre des conflits familiaux chez les musulmans et interdira tout arbitrage religieux dans la province, a déclaré son premier ministre, Dalton McGuinty, à la Presse canadienne.

Incroyable pour le Canada?

Alors que nos voisines sont au prise avec un gouvernement menaçant leur liberté, restons vigilantes et comme il est mentionné dans un billet publié dans le livre à propos du 8 mars, la Journée international des femmes :

Le 8 mars, je revendique le droit d’être en colère, de crier et de m’époumoner sur ce qu’il reste à faire pour que nous vivions dans un monde réellement égalitaire. Si quelqu’un.e pense que se dire égalitaire ou humaniste revient à de dire féministe, il/elle se trompe. Parce qu’englober les réalités des femmes dans un discours humaniste, c’est éliminer et nier leurs problèmes propres au profit d’un discours confortant et rassurant. Je m’excuse (ou pas), mais la situation des femmes, tout comme la situation des personnes trans ou non-binaires ou des femmes marginalisées est loin d’être paisible. En fait, elle est très différente de celle des femmes cisgenres et/ou blanches et /ou hétérosexuelles et mérite une attention particulière. Nous méritons d’avoir notre place et notre espace pour nous exprimer, qu’il soit mixte ou non. C’est notre décision.

Donc, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Je suis féministe; Le livre m’a amenée à me questionner sur mon évolution en tant que féministe, m’a fait lire d’autres points de vue qui ont provoqué une réflexion chez moi, m’a permis d’aller à la rencontre d’une prise de parole collective plus que jamais nécessaire…

Connaissiez-vous le blogue Je suis féministe? Je vous encourage à cliquer sur le nom du blogue pour aller y jeter un coup d’œil !

Bien à vous,

Madame lit

L’Ontario rejette la charia. Le Devoir. Récupéré de http://www.ledevoir.com/non-classe/90207/l-ontario-rejette-la-charia

Prairie, M. et Roy-Blais, C. (2016). Je suis féministe; Le livre. Montréal : Les Éditions du remue-ménage.

 

Madame lit le tag de L’Improbable Littéraire !

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Il y a quelques jours, j’ai été nominée par Blanche des Mondes de Blanche pour participer au tag de L’Improbable Littéraire ! Merci Blanche pour cette nomination ! Je me prête au jeu car je n’ai pas participé à un tag depuis un certain temps.

  1. Un roman que l’on adore et qui pourtant, sort de notre zone de confort ?

Je ne suis pas une très grande lectrice de polars et pourtant, j’ai adoré la trilogie Millénium de Stieg Larsson (Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette et La Reine dans le palais des courants d’air). Le personnage de Lisbeth Salander me fascine… Elle est surdouée et elle a vécu des traumatismes épouvantables… Elle a été capable d’affronter le pire… De plus, Larsson avec cette trilogie a su créer un univers brillant. Je me suis laissée piéger à quelques reprises par le mystère entourant le meurtre d’Harriet Vanger.

 2. Un roman que l’on n’a pas aimé étant dans notre zone de confort ?

Habituellement, j’aime les classiques. Cependant, j’ai détesté Le Désert des Tartares de Dino Buzzati. J’ai été exaspérée par toute cette attente dans le désert… Pourtant, les critiques sont élogieuses et certains considèrent ce bouquin comme un chef d’œuvre du XXème siècle.

3Un personnage que l’on pensait détester et finalement…

Je pensais détester l’amant de lady Chatterley… Je ne sais pas… Je trouvais cliché la femme riche insatisfaite décidant de prendre un garde-chasse comme amant…Et lui, bien évidemment, succombe aux charmes de la belle… Mais bon, je dois l’avouer, ce bouquin est magnifique et je comprends ce que l’auteur a tenté de faire avec ses personnages pour décrire le contexte social de l’Angleterre à travers la symbolique des figures discursives. Mellors, le garde-chasse possède de belles qualités et je me suis prise d’affection pour lui au fil des pages …Il lutte ! Voici sa pensée :

Ce que je représente, c’est l’intime connaissance physique des êtres entre eux, se dit-il, et le toucher intime de la tendresse. Et elle est ma compagne. Et ce doit être une lutte contre l’argent, et la machine, et l’idéal ignoble, insensible et bestial du monde. Et elle m’aidera dans la lutte. Dieu merci, j’ai une femme ! Dieu merci, j’ai une femme qui est avec moi, qui est tendre, qui me comprend, qui n’est ni tyrannique, ni sotte. Dieu merci, elle est tendre et elle comprend.

  1. Un personnage que l’on pensait aimer et finalement…

Je pensais aimer le personnage d’Eugène Onéguine. Finalement, après la lecture, j’ai réalisé qu’il est lâche, vide et pédant… La douce Tatiana m’apparaît plus courageuse et vraie… Pour connaître mon avis sur ce chef d’œuvre, n’hésitez pas à cliquer sur Eugène Onéguine. 

  1. Un roman que l’on achète seulement pour sa couverture et qui est devenu un véritable coup de cœur ?

J’ai adoré la couverture de La Fabrica de Maryline Fortin et je dois admettre que comme première parution, cette écrivaine a fait un excellent travail.

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  1. Un roman dont on n’a pas aimé le résumé mais qui finalement nous a grandement surpris ? 

Comme résumé, pour Ressusciter de Christian Bobin, il n’y avait qu’une phrase :

Il y a une étoile mise dans le ciel pour chacun de nous, assez éloignée pour que nos erreurs ne viennent jamais la ternir.

Je me disais mais qu’est-ce que ça veut dire ? Mais bon, j’avais reçu ce livre en cadeau et je ne me suis pas laissée décourager par la phrase. Ce livre s’avère profond et encore aujourd’hui, je le sors pour relire des passages soulignés… Ce dernier présente une succession de petites pensées sur la vie, sur la mort… j’ai finalement compris la phrase choisie en guise de résumé … Elle est parfaite !

  1. Un roman dont on ne sait tout bonnement pas pourquoi on l’a acheté et qu’on a tout bonnement adoré ? 

J’ai acheté rapidement à la bibliothèque dans une vente à 1$ Le Monde sur le flanc de la truite. Je trouvais le titre original. C’est en arrivant à la maison que j’ai réalisé que ce bouquin renfermait des pensées précieuses sur l’art, sur la vie, sur le temps… Un essai que tous les amoureux de la littérature, du processus créatif devraient posséder… À lire, à relire…

  1. Un livre dont étonnamment tu as préféré l’adaptation ?

Le patient anglais de Michaël Ondaatje… J’ai adoré les paysages dans le film… les dunes de sable… un peu comme un corps humain… J’ai moins apprécié le livre car je n’ai pas retrouvé la même ambiance… En ce sens, je lève mon chapeau à Anthony Minghella d’avoir créé un si beau film à partir de ce livre… De plus, dans le bouquin, je suis demeurée distante par rapport aux personnages. Dans le film, c’était tout le contraire…

Nominations :

J’espère que vous aurez du plaisir à participer à ce tag que j’ai trouvé assez difficile !

 Au plaisir de lire vos réponses à cet Improbable Littéraire !!! Qui sait ce qu’il nous dévoilera?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit une citation sur des insurgés

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Basé sur le Journal d’un exilé aux terres Australes de Léon-Léandre Ducharme publié en 1845 à Montréal, Pierre Gravel propose avec La Fin de l’Histoire le parcours de trois patriotes qui ont été enfermés puis déportés en Australie à la suite des événements de 1837. À travers les faits historiques, il y a bien entendu le destin d’hommes et de femmes aux prises avec la justice et surtout, ces derniers ont leur fierté et leur dignité… Donc, en guise de citation, je vous propose un extrait tiré de La Fin de l’Histoire…

Enfin, au bout de quelques jours, vers sept heures du soir, les portes s’ouvrirent, on fit un appel nominal, et notre sentence fut lue. À l’exception de deux sur douze, nous étions tous condamnés à être pendus. Nous fûmes immédiatement renfermés séparément dans les cachots. Nous attendions d’un instant à l’autre l’ordre de nous préparer à monter sur l’échafaud. En effet, deux jours après, Cardinal et Duquet, deux d’entre nous, reçurent l’ordre de se disposer à mourir le vendredi suivant, ce qui était de mauvais augure pour nous, car nous pensions que, pour quelque raison, il avait été décidé de nous faire mourir en petit nombre. Je laisse à juger dans quelle situation nous nous trouvâmes : cependant le courage ne nous manqua pas. Deux jours après, nous fûmes témoins de la scène déchirante à laquelle nous devions pourtant nous attendre. Nos deux malheureux compagnons, Cardinal et Duquet, liés en notre présence, furent traînés hors de la prison, la corde au cou, conduits par le bourreau… (p.18-19).

Avez-vous déjà lu des récits basés sur les événements de 1837-1838 du Québec?

Bien à vous,

Madame lit

Gravel, P. (1986). La Fin de l’Histoire; Récit. Montréal : l’Hexagone.