Madame lit pour le 12 août 2017!!!

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12août_2017

Chère lectrice, Cher lecteur,

Depuis deux ans, je participe à l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois!

En 2015, je vous avais recommandé comme achat Volkswagen blues de Jacques Poulin. Cette année, encore une fois, je vous réfère à ma liste des 10 bouquins québécois que je considère essentiels à découvrir. N’hésitez pas à la consulter en cliquant sur Mes coups de cœur québécois.

Par ailleurs, la revue Les libraires a fait paraître le 14 juillet dernier une liste de romans québécois qui font craquer les Français. Vous remarquerez que certains des livres de ma liste s’y retrouvent :

D’autres bouquins de cette liste ont également été traités sur ce blogue :

Je vous lance bien humblement l’invitation à vous joindre à moi et à participer à cette journée pour faire rayonner la littérature québécoise et pour encourager les artistes d’ici…  L’année dernière Celina du blogue Des livres tous azymuts s’était procurée L’Avalée des avalés de Réjean Ducharme. Cat du blogue Chroniques Aiguës avait acheté L’Orangeraie de Larry Tremblay, Bookmaniac avait trouvé Burqa de chair de Nelly Arcan, Stephane de son côté avait ajouté La chambre verte de Martine Desjardins à sa bibliothèque et Ellecommelire avait aussi acheté L’orangeraie de Larry Tremblay.

ruDe mon côté, je vais probablement opter pour Ru de Kim Thúy.

J’ai bien hâte de vous présenter la photo de mon achat le 12 août!

Alors, allez-vous participer avec moi à cet événement? Quel livre allez-vous vous procurer cette année? Au plaisir de vous lire!

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit une bonne nouvelle!

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machine_à_écrire_vintage

Chère lectrice, Cher lecteur,

J’ai le plaisir de vous annoncer une bonne nouvelle. Je vais avoir une collaboratrice pour traduire mes articles. Et oui, je vais me consacrer à la partie en français et Diana Bates a accepté de s’occuper de la partie en anglais. Elle va traduire principalement mes billets concernant les romans lus. Cette collaboration va permettre à mon blogue d’élargir ses horizons! Alors, sans plus tarder voici le texte rédigé par Diana pour se présenter à vous!

Photo_Diana_BatesD’origine arménienne, je suis née en France où j’ai grandi dans un environnement bilingue. Mon expérience est variée et j’ai beaucoup voyagé. J’ai travaillé pendant seize ans à l’Organisation maritime internationale (OMI), l’agence maritime des Nations Unies à Londres, en Angleterre, avant de venir au Canada. Ici, à Ottawa, j’ai été directrice d’une galerie d’art cubain, professeur de français et d’anglais et traductrice à la pige.

 Mes études universitaires étaient en littérature et j’ai une licence combinée en français et espagnol de l’Université de Londres. Lors de mes études en maîtrise de traduction à l’Université d’Ottawa, j’ai découvert une autre façon de voir la traduction. Le thème de ma thèse porte sur la traduction d’un être humain, en tant qu’expérience de vie transformative, lorsque celui-ci se trouve hors de son environnement naturel ou habituel. Vue de cette perspective, la traduction est ce que j’appelle une trans-forme-ation, dans la mesure où un texte traduit change de forme mais retient son essence fondamentale.

Of Armenian heritage, I was born in France and grew up in a bilingual environment. My experience is diverse and I am well-travelled; I worked for sixteen years at the International Maritime Organization (IMO), the maritime agency of the United Nations in London, England, before moving to Canada. Here in Ottawa, I have been the Director of a Cuban art gallery, a French and English language teacher and a freelance translator.

My graduate studies were in literature and I obtained a combined BA Honors in French and Spanish from the University of London. While doing my Masters in Translation at the University of Ottawa, I discovered a different way of looking at translation. So I went on to write my thesis on the translation of a human being, as a transforming life experience, when one is outside one’s natural or usual environment. Translation viewed as such is what I call a trans-forme-ation, whereby the form of a translated text changes while its primary essence remains.

Alors, je souhaite la bienvenue à Diana dans mon univers et j’espère que cette nouvelle vous plaira autant qu’à moi!

Bien à vous!

 Madame lit

Madame lit une citation sur le 25 juillet

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Marteau

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dans un Fleuve sans fin; Journal du Saint-Laurent,  Robert Marteau nous partage sa vision du fleuve Saint-Laurent et du paysage nord-américain durant une année. Pour notre plus grand plaisir, aujourd’hui, en guise de citation, je vous propose ses observations du dimanche 25 juillet 1982… C’est un peu ça l’été ici…

 

C’est un matin de fauvettes. La terre sent la résine et la framboise. Des tiges étoilées de duvet me disent la perfection transitoire, signe d’une autre sphère dont nous ne connaissons pas l’accès. Les jeunes merles se sont échappés du nid. Ils exercent leur plume par des vols brefs dont la boucle les ramène au tronc ou dans les branches du saule qui les a vus naître. Sans cesse reprise, la tentative de combler la double marge qui nous sépare de Dieu et des autres règnes. Un beau chat couleur de bois carbonisé se coule entre les herbes. Il me fixe maintenant de son immense regard attentif fait de la plus belle eau des océans. (p. 65-66)

framboise

Bon dimanche!

Au plaisir de vous lire ici ou ailleurs!

Bien à vous,

Madame lit

 

Marteau, Robert, Un fleuve sans fin; Journal du Saint-Laurent,  Paris : La petite Vermillon, 1986, 172 p.

ISBN : 2-7103-0611-5

Madame lit Dérives de Biz

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Bizz

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dérives de Biz raconte l’histoire d’un homme qui un jour a un enfant. Cet enfant s’avère son roi-soleil jusqu’au jour où il sombre dans une dépression. Après la joie d’avoir un fils, la déprime s’empare de son être, envahit son esprit, le fait dériver à bord d’un radeau dans les méandres de son âme pour fuir un quotidien trop lourd, peuplé des pleurs de son fils, de l’incompréhension de sa femme, des rencontres chez la psychologue, des balades en auto au rythme des comptines pour enfant. La paternité, oui mais à quel prix?

Biz aborde dans ce roman un sujet grave : le mal-être associé à la paternité. Même s’il trouve son fils génial, le narrateur se sent fortement écrasé par la vie au point d’être totalement coupé de ses émotions…

Dans mes bras, mon pauvre fils était exténué d’avoir trop pleuré. J’allais le bercer dans le salon à la lueur d’un réverbère. La pluie laissait de longues traînées tristes sur les vitres et, malgré tout, j’étais incapable de compassion pour mon propre bébé, pourtant si vulnérable dans la noirceur, le silence et la solitude. (p. 23)

Le roman apparaît construit autour de deux éléments : le quotidien du narrateur et la traversée d’un marais sur un radeau (métaphore de l’état d’esprit malade).

L’eau du marais est grisâtre et empeste le soufre. […] Depuis plusieurs jours, je n’ai plus aucun repère visuel. Je suis au milieu de nulle part. Autour de moi s’étend un horizon infini.

Tout cet espace m’apaise. Je ne ressens presque plus rien, comme si mes émotions étaient anesthésiées par la solitude. Ici, rien ne me dérange, personne ne cherche à entrer en contact avec moi. Je n’ai pas de relation à établir, pas de problèmes à résoudre. La totale sérénité. (p. 37)

Biz s’est inspiré de son vécu pour écrire ce bouquin.  D’ailleurs, il confiait à Chantal Guy de La Presse à propos de cette difficulté d’être père et du fait qu’on peut et qu’on doit en parler.

Socialement, au Québec, on est rendu là, dit-il. On peut parler de ça. Je n’ai pas du tout écrit un pamphlet masculiniste, je ne parle pas au nom de ma génération, mais je me rends compte que beaucoup de gens se retrouvent là-dedans. Les filles sont intéressées par mon livre pour le donner à leurs chums, pour comprendre ce qu’ils vivent ou ce qu’elles ressentent elles aussi. On excuse plus les pères de ne pas «tripper» sur les nouveau-nés; pour une mère, qui le porte, qui l’allaite, ce doit être beaucoup plus heavy comme pression.

Le seul défaut de ce bouquin c’est qu’il est trop court! Biz, du groupe Loco Locas, sait bien écrire. Il entraîne son lecteur dans un univers qui interpelle, un univers empreint de références mythologiques, un univers poétique…

Un père indigne? Un père qui ose affirmer qu’il la trouve difficile la paternité…

Un livre à lire, à découvrir pour vous laisser entraîner dans ces dérives, l’espace de 93 pages car malgré tout, il y a la vie…

Comme le mentionne le narrateur à Cerbère :

Je veux revoir les miens. Je veux revoir la coulée de cuivre des cheveux de mon fils, tellement vivant, lui. Je veux sentir la chaleur de ma femme. Je veux boire avec mes amis, discuter avec mon père, rire avec ma mère et regarder le hockey avec mon frère. Je veux me lever pour mon pays. Bref, je veux faire ce que je n’ai pas fait depuis longtemps : vivre. (p. 88)

Ce livre a reçu les prix suivants :

  • Grand Prix littéraire Archambault
  • Prix du Public/Finaliste (2010)

Avez-vous déjà lu un livre abordant la difficulté d’être père?

Bien à vous,

Madame lit

Biz, Dérives, Montréal : Leméac, 2010, 93 p.

ISBN : 978-2-7609-3316-3

Guy, C. (2010, 22 février). Biz : les dérives d’un père indigne. La Presse. Récupéré de http://www.lapresse.ca/arts/livres/201002/22/01-953951-biz-les-derives-dun-pere-indigne.php

Madame lit pour Jane Austen

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jane_austenChère lectrice, Cher lecteur,

En ce 18 juillet,  je ne pouvais passer sous silence le bicentenaire de la mort de mon écrivaine britannique préférée : Jane Austen. Si vous suivez mon blogue depuis un certain temps, vous connaissez mon admiration pour la plume de cette dernière. Si vous voulez en apprendre davantage sur les raisons de mon intérêt pour ses écrits, vous pouvez lire le billet : Madame lit et Jane Austen.  

Cassandra, la sœur de Jane Austen, écrit après son décès :

J’ai perdu un trésor, une sœur et une telle amie que jamais rien ne pourra la surpasser. Elle était le soleil de ma vie. L’étincelle de tous les plaisirs, le réconfort de toutes les peines, je ne lui cachais rien, c’est comme si j’avais perdu une partie de mon être. Je l’aimais seulement trop bien.

Cet extrait a été publié dans le recueil de Jane Austen Du fond de mon cœur ; lettres à ses nièces.

Mais encore, saviez-vous que Margaux Motin fera paraître un album illustré d’Orgueil et Préjugés ? Et oui, il est en prévente jusqu’à aujourd’hui accompagné de différents goodies exclusifs selon votre budget et vos intérêts ! Je craque bien évidemment ! La finesse des traits des dessins vient me chercher…

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Pour en apprendre plus sur cet album, n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil au site Web et à encourager peut-être un projet qui se veut avant tout une façon de célébrer le bicentenaire du trépas de Jane Austen…

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Étiez-vous au courant de ce bicentenaire ?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit Ashini d’Yves Thériault

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Ashini

Chère lectrice, Cher lecteur,

L’image de l’autochtone hante l’imaginaire du peuple québécois depuis de nombreuses années. Parfois, cette figure peut être associée à la méchanceté, parfois elle semble représenter l’homme libre, la plénitude de l’esprit et la parfaite harmonie qu’entretient l’autochtone avec la nature. Ashini, un Chef montagnais vit selon les traditions des siens. Il ne veut pas habiter dans une réserve comme les membres de son peuple car il considère que cela les mènera à l’extermination et qu’ils devront se soumettre à la loi de l’homme blanc. C’est la voix du passé qui tente de s’élever afin de revendiquer, une dernière fois, la liberté pour les siens en s’adressant aux autorités pour faire changer les choses…

Un espoir me vint, fou, envahissant, magnifique. S’il acceptait la palabre? Si j’arrivais à lui faire comprendre le bien que je voulais accomplir?
Tiens, s’il venait ici, s’il voyait de ses yeux les femmes affaissées, les enfants tristes, les hommes sans gestes? S’il réalisait du coup que ma demande ne rendait pas seulement aux Montagnais leur honneur, mais au Canada entier un peuple neuf à ajouter aux autres, une richesse, un savoir, le recommencement d’une grande sagesse? (p. 84).

Entrer dans cet univers, c’est aller à la rencontre d’un personnage fort : Ashini. Ce dernier dénonce avec force l’assimilation des autochtones car ils perdent leur territoire, leur mode de vie, leurs valeurs. Le personnage de la fille d’Ashini illustre bien cette dualité. En allant s’établir en ville, cette dernière rompt avec l’ordre établi du peuple montagnais. Cette fuite vers le mode de vie des Blancs semble bien démontrer l’influence, l’attrait de la culture blanche sur les autochtones. Le miroitement d’une vie plus facile évoque l’ailleurs meilleur… Comme le fait remarquer Ashini : «Ma fille a fui la forêt pour servir les Blancs, à la ville (p. 15)». Cette dernière quitte sa demeure pour servir une culture autre que la sienne dans la ville. Tandis que pour le père, c’est l’opposé :

J’ai grandi libre. Mais ma liberté était celle de l’oiseau en cage. Il est de cages qui sont des volières où un oiseau peut conserver en lui l’illusion du grand ciel et des plongées infinies. Il est aussi des cages étroites comme des prisons. (p. 32)

Mais encore, le roman présente la forêt de l’Ungava, située dans le Grand Nord québécois, dans toute sa splendeur. C’est le paradis perdu, l’espace sacré, celui s’opposant à l’espace profane que représentent la ville des Blancs et la réserve qui éclate de beauté grâce à la plume de l’auteur.

Et les montagnes à contempler et les étoiles à admirer et la lune froide de novembre à invoquer et tout ce qui est beau et bon et qui nous enveloppe et nous tient, la saveur du vent, l’odeur de l’eau blanche, la senteur des sapins, la musique de tous les sons de ce pays. (p. 24)

Ce roman publié en 1960 est mon préféré de ce grand auteur québécois d’ascendance montagnaise. Véritable cri du coeur, il faut se rendre à la toute fin pour comprendre les dernières paroles d’Ashini… Fantôme, esprit hantant la mémoire des Blancs, le message d’Ashini reviendra encore et encore marteler les pas de ceux qui ont volé les terres de son peuple, qui ont crié sur son passage : «Va-t’en, maudit sauvage! » alors qu’il était chez lui…Le Blanc usurpateur, c’est nous, c’est vous, ce sont eux…

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Ce roman a reçu des prix prestigieux comme :

  • Le Prix France-Canada en 1961
  • Le Prix du Gouverneur général du Canada en 1962

Si vous avez envie de lire un roman poétique, empreint de véracité, je vous recommande ce testament de sang… vous ne pourrez rester indifférent..

Connaissez-vous la plume d’Yves Thériault?

Bien à vous,
Madame lit

Thériault, Yves, , Montréal : Bibliothèque québécoise, 1988, 106 p.
ISBN : 2-89406-003-3

Madame lit Culottées de Pénélope Bagieu

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Culottées

Chère lectrice, Cher lecteur,

Avez-vous déjà lu Culottées; Des femmes qui font ce qu’elles veulent de Pénélope Bagieu? Si votre réponse s’avère non, empressez-vous d’aller chercher cette bande dessinée! Grâce à sa plume et ses dessins, Pénélope Bagieu nous présente des portraits de femmes extraordinaires qui ont osé s’affirmer malgré les injustices sociales, les interdits, les préjugés, etc.  pour ne faire qu’à leur tête et pour revendiquer le droit à la différence.

De Clémentine Delait-la femme à barbe- à Wu Zetian-Impératrice de Chine- en passant par Margaret Hamilton-la terrifiante sorcière verte dans Le Magicien d’Oz– ou encore par Joséphine Baker-la Danseuse résistante, mère de famille- Pénélope Bagieu met en lumière 15 Culottées pour ne pas les oublier, pour les faire revivre l’espace de quelques dessins empreints de justesse. J’ai ri, j’ai souri, j’ai été charmée par ces dernières… Je ne les connaissais pas toutes… alors j’ai été agréablement surprise d’en apprendre davantage sur des femmes qui ont réussi à briser des tabous, à renverser des régimes politiques, etc. Quand je pense à Leymah Gbowee, lauréate du prix Nobel de la paix en 2011 qui a connu la violence conjugale, la guerre, la dictature et qui a su rester debout pour aider les siens à travers l’écoute, les revendications, la parole, je ne peux que saluer Pénélope Bagieu qui nous raconte une page de l’Histoire des femmes…

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Sirène, aventurière, sorcière, gynécologue ou encore créatrice de trolls, vous trouverez des portraits magnifiques grâce à cette bande dessinée. Il importe d’aller à la rencontre de ces Culottées pour honorer la mémoire de grandes dames!

L’album Culottées de Pénélope Bagieu rassemble 15 bandes dessinées qui avaient d’ailleurs paru sur son blog publié par le journal Le Monde. Elle affiche sur ce dernier à chaque lundi l’histoire d’une Culottée! Comme elle le mentionne :

 Le point commun à toutes ces femmes est la détermination dont elles ont dû faire preuve afin que les choses se passent non pas comme le voulait la pression environnante mais comme elles le voulaient, elles. Leur condition de femmes fait qu’elles sortent du lot car elles ont été confrontées à une adversité plus importante », explique la dessinatrice, dont le dernier album, California Dreamin’ (Gallimard), évoque lui aussi la vie d’une combattante hors norme : Cass Elliot, la chanteuse de The Mamas & The Papas, morte en 1974 à l’âge de 32 ans. (Référence : http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2016/01/11/penelope-bagieu-lance-les-culottees-un-blog-dessine_4845218_4420272.html)

Alors, vous pouvez aller jeter un coup d’œil à son blog pour vous lancer sur les traces de ces femmes !

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N’hésitez pas à suivre Pénélope Bagieu sur Twitter, cette dernière est très active !

L’album Culottées a été publié par Gallimard, tout comme le tome 2.

Connaissiez-vous ces albums ou encore ce blog dessiné affiché sur le site du journal Le Monde ?

Bien à vous,

Madame lit

Bagieu, Pénéloppe. ; Des femmes qui font ce qu’elles veulent. Paris : Gallimard, 2016, 141 p.

ISBN : 978-2-07-060138-7

Potet, F. (2016, 1 novembre). Pénélope Bagieu lance «Les Culottées», un blog dessiné. Le Monde. Repéré à http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2016/01/11/penelope-bagieu-lance-les-culottees-un-blog-dessine_4845218_4420272.html

 

Madame lit du Pablo Neruda

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Permettez-moi de vous partager un magnifique poème d’amour du prix Nobel de littérature de 1971 Pablo Neruda. Ce dernier a voué un amour sans bornes à son épouse Mathilde, sa muse… Dans ce poème publié en 1959, il offre à son lecteur des vers remplis de sensualité, de désir de l’autre…

Poème 17-La Centaine d’amour

 Je ne t’aime pas telle une rose de sel,
topaze, œillets en flèche et propageant le feu :
comme on aime certaines choses obscures,
c’est entre l’ombre et l’âme, en secret que je t’aime.

 Je t’aime comme la plante qui ne fleurit,
qui porte en soi, cachée, la clarté de ces fleurs,
et grâce à ton amour vit obscur en mon corps
le parfum rassemblé qui monta de la terre.  

Je t’aime sans savoir comment, ni quand, ni d’où,
Je t’aime sans détour, sans orgueil, sans problèmes :
Je t’aime ainsi, et ne sais aimer autrement,

Je t’aime ainsi, sans que je sois, sans que tu sois,
si près que ta main sur ma poitrine est à moi,
et si près que tes yeux se ferment quand je dors.

Comment trouvez-vous ce poème?

Bien à vous,

Madame lit

 

Madame lit La femme qui fuit

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Femme-fuit

Chère lectrice, Cher lecteur,

Voici un livre fort, percutant, déchirant, intime, bouleversant. Anaïs Barbeau-Lavalette, l’auteure, n’a jamais connu sa grand-mère maternelle : Suzanne Meloche. Elle engage une détective privée pour aller à la rencontre de cette femme qui a marqué à jamais la vie de ses enfants en les abandonnant. À travers son parcours, le lecteur apprend à connaître cette femme tantôt touchante, tantôt révoltante. C’est une partie de l’histoire du Québec qui nous est présentée et d’une Amérique aux prises avec la ségrégation qui est aussi relatée au fil des pages. Suzanne Meloche a fréquenté les grands intellectuels, artistes de l’époque comme Borduas, Riopelle, Gauvreau et elle a été l’épouse de Marcel Barbeau, le peintre, de qui elle aura deux enfants. Elle les quitte pour toujours en 1952 alors que son fils n’a qu’un an et sa fille trois ans. Elle a peint, rédigé des poèmes. D’ailleurs, une de ses toiles a été exposée au Musée d’art contemporain de Montréal et son recueil de poésie Les Aurores fulminantes a été publié aux Herbes rouges plusieurs années après sa rédaction.

Le lecteur découvre la trajectoire d’une femme en mouvement… Une femme en fuite sur les routes… Elle se retrouve très jeune à Montréal  auprès des Automatistes après une enfance à Ottawa, elle quitte tout pour la Gaspésie où elle sera postière, puis elle part en Europe vivre dans la famille de son amant, ensuite elle parcourt les routes de l’Amérique pour lutter pour les droits des Noirs. Une femme qui fuit… Qui? Quoi? Une femme qui laisse des traces, des blessures, des silences, des peines, des regards, des exploits…. Mais c’est surtout le message d’une petite-fille pour cette grand-mère qui blessa à tout jamais l’âme de sa mère que nous retrouvons au fil des pages… alors qu’elle devient elle aussi mère…

Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m’a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi tu continues d’exister.
Dans ma soif inaltérable d’aimer.
Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi. (p. 376)

Le récit est entièrement rédigé au tu et les chapitres sont courts non numérotés. Le style s’avère très personnel et tout est extrêmement bien écrit…. Les phrases sont courtes, brèves. Elles savent éclairer une période de notre mémoire collective, mettre en lumière un fantôme… Questionner ce fantôme, le rattraper dans cette mouvance…

Tu entres sans t’excuser d’être là. Le pas sûr. Même si ça fait 27 ans que tu n’as pas vu ma mère.
Même s’il y a 27 ans, tu t’es sauvée. La laissant là, en équilibre sur ses trois ans, le souvenir de tes jupes accroché au bout de ses doigts.
Tu t’avances le pas posé. Ma mère a les joues rouges. Elle est la plus belle du monde.
Comment as-tu pu t’en passer?
Comment as-tu fait pour ne pas mourir à l’idée de rater ses comptines, ses menteries de petite fille, ses dents qui branlent, ses fautes d’orthographe, ses lacets attachés toute seule, puis ses vertiges amoureux, ses ongles vernis, puis rongés, ses premiers rhums and coke?
Où est-ce que tu t’es cachée pour ne pas y penser?
Là, il y a elle, il y a toi, et entre vous deux : moi. Tu ne peux plus lui faire de mal parce que je suis là. (p. 7-8).

Si vous n’avez pas encore lu ce roman récipiendaire de prix comme :

  • Le  Prix des libraires du Québec
  • Le Prix littéraire France-Québec
  • Le Grand Prix du livre de Montréal

Je vous le recommande fortement … La femme qui fuit, une lecture sous le signe de la liberté, impossible de ne pas aimer….Coup de coeur absolu!

Tu reviens donc chez toi en ébullition. Les jours reprennent leur cours, mais tu les traverses autrement. Portée par le courant. Tu sais maintenant que tu as un ailleurs.
Ce que tu ne sais pas, c’est que tu en auras toujours un, et jamais le même. Ce sera ta tragédie. (p. 87).

Un livre sur la réconciliation avec cette femme qui a quitté mari et enfants à une époque où cela ne se faisait pas… D’ailleurs, l’écrivaine mentionne dans une entrevue accordée à Mario Cloutier dans La Presse :

Ma grand-mère était comme un fantôme que j’haïssais quelque part. Elle avait laissé ma mère. Je me suis donné la permission de la rencontrer et d’en faire une femme. Ça m’a vraiment réconciliée avec elle et notre histoire. Elle avait 26 ans et avait le violent désir de créer et la possibilité de le faire, sans endroit pour le faire. Le mari vit de son art, mais pas elle. Alors elle sacre son camp. C’est dur à nommer pour moi parce ça remue beaucoup de souffrance. Ça se transmet d’une génération à l’autre, mais il y avait quelque chose de courageux là-dedans.

Avez-vous lu ce magnifique bouquin? Que pensez-vous de cette histoire?

Bien à vous,

Madame lit

Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit. Montréal : Éditions Marchand de feuilles,  2015, 378 p.

ISBN : 978-2-923896-50-2

Cloutier, M. (2015, 18 septembre).  Anaïs Barbeau-Lavalette : le fantôme de la liberté. La Presse. Récupéré de

http://www.lapresse.ca/arts/livres/entrevues/201509/18/01-4901805-anais-barbeau-lavalette-le-fantome-de-la-liberte.php

Une écrivaine ou un écrivain par mois : Homère

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Présentation_une écrivaine ou un écrivain par mois_Homère!

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme je quitte le Canada dans quelques jours pour me rendre en Grèce, permettez-moi de vous parler d’un auteur qui a fortement marqué mon imaginaire : Homère. Je suis convaincue de ne pas être la seule. D’ailleurs, Balzac a mentionné à propos de ce dernier : « Doter son pays d’un Homère, n’est-ce pas usurper sur Dieu ? ». En ce qui me concerne, lors de mes études en littérature, j’ai eu l’immense privilège de suivre un cours sur L’Iliade et l’Odyssée donné par M. Jacques Desautels. M. Desautels possédait un doctorat en littérature grecque et il a été doyen de la Faculté des lettres de l’Université Laval. Il est également l’auteur des livres suivants :

  • Dieux et mythes de la Grèce ancienne
  • Le Quatrième roi mage
  • La dame de Chypre
  • Rue des Érables

En un semestre, je devais lire les deux tomes en plus de tous les livres des autres cours… Il fallait vraiment que je sois passionnée par le domaine des lettres ! Mais quel apprentissage ! Quelle chance d’avoir eu M. Desautels comme professeur. Aujourd’hui, je repense à ces heures passées en classe et je réalise à quel point j’ai reçu un enseignement de qualité.

Que représentent L’Iliade et l’Odyssée pour Madame lit ?

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Tout d’abord, j’ai toujours été passionnée par la mythologie gréco-romaine, par les histoires des dieux et des déesses et de leur impact sur les mortels… Donc, lorsque j’ai eu la possibilité de m’inscrire à un cours sur L’Iliade et l’Odyssée, je n’ai pas hésité une minute. Sans ce cours, je ne crois pas que j’aurais eu le courage de me lancer dans cette lecture car les deux tomes sont assez volumineux, la structure est complexe et il y a beaucoup de noms et de lieux. Mais, avoir un expert pour me guider, pour m’embarquer sur un navire qui a traversé le temps, pour m’ouvrir à cet univers rempli d’aventures, cela a été un bonheur. Comme vous le savez, L’Iliade aborde l’histoire de la guerre de Troie qui dure depuis dix ans et L’Odyssée relate les aventures d’Ulysse. Je dois dire que je garde un excellent souvenir de ces deux tomes. Encore aujourd’hui, je me sers de cette lecture en classe pour parler du terme cheval de Troie à mes étudiants en informatique. Mais encore, ce sont les personnages comme Achille, Patrocle, Agamemnon, Priam, Hector, Ulysse, Hélène, Pénélope et les dieux et les déesses comme Zeus, Athéna, Héra, Poséidon, etc.,  qui me reviennent en tête avec leurs forces et leurs faiblesses. J’ai particulièrement aimé le voyage d’Ulysse et ses rencontres avec divers êtres comme Circé, le cyclope, Calypso ou encore les sirènes. L’amour de Pénélope s’avère assez frappant tout comme la fidélité du chien d’Ulysse Argos qui meurt d’émotion de revoir son maître après 20 ans!

Entrer dans ces deux livres, c’est découvrir comme il est mentionné dans l’Odyssée : «Mais les dieux accablent de maux ceux qui courent le monde et même s’ils sont rois, leur filent des calamités. »

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De plus, il faut se rendre jusqu’à la fin pour ressentir l’émotion de Pénélope devant son époux après 20 ans.

La reine descendit. Quel trouble dans son cœur ! Elle se demandait si, de loin, elle allait interroger l’époux ou s’approcher de lui et, lui prenant la tête et les mains, les baiser. Elle entra… Elle avait franchi le seuil de pierre : dans la lueur du feu, contre l’autre muraille, juste en face d’Ulysse, elle vint prendre un siège ; assis, les yeux baissés, sous la haute colonne, il attendait le mot que sa vaillante épouse, en le voyant, dirait. Mais elle se taisait, de surprise accablée. Elle resta longtemps à le considérer, et ses yeux tour à tour reconnaissaient les traits d’Ulysse en ce visage ou ne pouvait plus voir que ces mauvais haillons. Son fils, en la tançant, lui dit et déclara :
TÉLÉMAQUE : Ton cœur est trop cruel, mère ! ô méchante mère ! de mon père, pourquoi t’écarter de la sorte ?… auprès de lui, pourquoi ne vas-tu pas t’asseoir, lui parler, t’enquérir… fut-il jamais un cœur de femme aussi fermé ?… s’éloigner d’un époux quand, après vingt années de longs maux et d’épreuves, il revient au pays !… Ah ! ton cœur est toujours plus dur que le rocher !
La plus sage des femmes, Pénélope, reprit :
PÉNÉLOPE : Mon enfant, la surprise est là, qui tient mon cœur. Je ne puis proférer un mot, l’interroger, ni même dans les yeux le regarder en face ! Si vraiment c’est Ulysse qui rentre en sa maison, nous nous reconnaîtrons et, sans peine, l’un l’autre, car il est entre nous de ces marques secrètes, qu’ignorent tous les autres.

Chant XXIII.

Je dois avouer que je ressens encore de l’émotion en lisant cet extrait…

Donc, j’ai hâte de me rendre dans quelques jours en Grèce pour me retrouver au cœur même des temples, de scruter les statues des diverses divinités et de m’imbiber de la richesse culturelle des lieux… et pourquoi par retrouver l’aura de ces deux sublimes textes qui ont su traverser les siècles….

Mykos_Grèce

Je vous laisse sur ce bel extrait tiré de l’Iliade :

Telle la naissance des feuilles,
telle celle des hommes.
Il y a des feuilles que le vent répand à terre,
mais la forêt puissante en produit d’autres, le printemps revient.
Ainsi pour les hommes : une génération naît, l’autre finit.

(Chant V).

Avez-vous déjà lu l’Iliade et l’Odyssée? Avez-vous apprécié les chants d’Homère?

Bien à vous,

Madame lit