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Jovette-Alice_BernierChère lectrice, Cher lecteur,

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter un poème de Jovette Bernier (1900-1981). Selon Nicole Brossard et Lisette Girouard dans l’Anthologie de la poésie des femmes au Québec, cette dernière fait partie avec d’autres d’un groupe qui tente de se détacher par le biais de l’écriture du rôle traditionnel associé à la femme. Ainsi, les années 1920-1935 seront très prospères en ce qui concerne la poésie. Voici un poème d’une grande dame de chez nous, passionnée, animée d’une grande soif d’amour comme le témoigne son écrit.

J’avais dressé mon coeur

J’avais dressé mon cœur comme une citadelle
Imposante, imprenable, à froides sentinelles:
Car on était entré dans ma cité d’amour,
Fourbes et travestis, en ennemis toujours.
Alors, me révoltant contre tant de bassesses,
J’élevais sourdement l’énorme forteresse.

Mais un page à l’œil noir à mes portes errait,
Et sa grâce rêveuse et douce m’attirait…
J’ouvris : C’était l’Amour, ma hantise suprême,
C’était l’amour menteur qu’on veut aimer quand même.
Je le voulais haïr, et j’allai l’embrasser
Pour la pâle souffrance de son cœur brisé.
Et depuis lors je souffre, amoureuse et hagarde,
En aimant ma douleur qui toujours me regarde.

Comme l’oiseau (1926)

Source : Nicole Brossard et Lisette Girouard, Anthologie de la poésie des femmes au Québec, Montréal, Les Éditions de remue-ménage, 1991, p. 71

Jovette Bernier a été journaliste, écrivaine, poète… Son apport au domaine des lettres en sol québécois est important…

Voici une petite page de notre histoire…

Bien à vous,

Madame lit

Figure : Jovette Bernier. (s.d.). Dans Wikipédia, l’encyclopédie libre. Récupéré le 17 septembre 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Jovette_Bernier