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Marteau

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dans un Fleuve sans fin; Journal du Saint-Laurent,  Robert Marteau nous partage sa vision du fleuve Saint-Laurent et du paysage nord-américain durant une année. Pour notre plus grand plaisir, aujourd’hui, en guise de citation, je vous propose ses observations du dimanche 25 juillet 1982… C’est un peu ça l’été ici…

 

C’est un matin de fauvettes. La terre sent la résine et la framboise. Des tiges étoilées de duvet me disent la perfection transitoire, signe d’une autre sphère dont nous ne connaissons pas l’accès. Les jeunes merles se sont échappés du nid. Ils exercent leur plume par des vols brefs dont la boucle les ramène au tronc ou dans les branches du saule qui les a vus naître. Sans cesse reprise, la tentative de combler la double marge qui nous sépare de Dieu et des autres règnes. Un beau chat couleur de bois carbonisé se coule entre les herbes. Il me fixe maintenant de son immense regard attentif fait de la plus belle eau des océans. (p. 65-66)

framboise

Bon dimanche!

Au plaisir de vous lire ici ou ailleurs!

Bien à vous,

Madame lit

 

Marteau, Robert, Un fleuve sans fin; Journal du Saint-Laurent,  Paris : La petite Vermillon, 1986, 172 p.

ISBN : 2-7103-0611-5