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Hirondelle

Chère lectrice, Cher lecteur,

Si vous suivez mon blogue depuis un certain temps, vous savez que j’ai une admiration sans borne pour la plume de Marie Uguay. Par le biais de l’écriture, cette dernière a su réinventer son existence, donner vie à l’Autre, habiter l’espace, créer un univers au-delà de l’intime, là où résonne l’écho du vrai, du pur, de l’essentiel, au cœur même du désir… Voici deux extraits que j’aime particulièrement… Le premier s’avère le début de L’outre-vie (1979) et le second, la fin…

L’outre-vie c’est quand on n’est pas encore dans la vie, qu’on la regarde, que l’on cherche à y entrer ; On n’est pas morte mais déjà presque vivante, presque née, en train de naître peut-être, dans ce passage hors frontière et hors du temps qui caractérise le désir. Désir de l’autre, désir du monde. Que la vie jaillisse comme dans une outre gonflée. Et l’on est encore loin. L’outre-vie comme l’outre-mer ou l’outre-tombe. Il faut traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, traverser le réel obtus pour entrer dans une réalité à la fois douloureuse et plus plaisante, dans l’inconnu, le secret, le contradictoire, ouvrir ses sens et connaître. Traverser l’opacité du silence et inventer nos existences, nos amours, là où il n’y a plus de fatalité d’aucune sorte.

 

J’irai partout ailleurs
l’hirondelle la fumée les roses tropicales
c’est tout le matin ensemble
puis l’homme que l’on aime et que l’on oublie
je serai bien le jour
dans la moisissure d’or
qui traîne dans toutes les capitales
et le tapis usé les ascenseurs

je n’ai plus d’imagination
ni de souvenirs forcément
je regarde finir le monde

et naître mes désirs

Sa vie trop courte a façonné son mythe…Morte d’un cancer en 1981 à l’âge de 26 ans, elle est toujours d’actualité, plus vivante que jamais grâce à ses écrits… Alors, lisons ses poèmes, abreuvons-nous à la beauté de ses mots et célébrons sa plume… Lire ses recueils (Signe et rumeur -1976, L’outre-vie-1979 et Autoportraits-1982), c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir la poésie québécoise…

Si vous n’avez jamais vu l’excellent documentaire de Jean-Claude Labrecque sur Marie Uguay, je vous encourage fortement à le regarder (vous n’avez qu’à cliquer sur le lien pour avoir accès à ce dernier)… J’ai plongé dans ce film à quelques reprises et je peux dire que je sors grandie après chaque visionnement…

Aimez-vous la poésie de l’intime? Connaissiez-vous cette grande poétesse québécoise?

Bien à vous,

Madame lit