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Chère lectrice, Cher lecteur,

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alto car j’ai eu le privilège de recevoir en service de presse Les égarés de Lori Lansens. L’écrivaine d’origine canadienne n’est pas une inconnue du domaine littéraire. Elle a déjà fait paraître, entre autres, en 2002 La Ballade des adieux et en 2006 Les Filles. Mais que raconte Les égarés ?

Wolf Truly est un jeune homme malmené par la vie. Il a été marqué par la mort brutale de sa mère, les déboires de son père, les actes violents de son cousin, la pauvreté des siens, l’alcoolisme de sa tante et par l’accident terrible de son meilleur ami Byrd. Pour ses 18 ans, il a décidé de se suicider en faisant le saut de l’ange (se jeter dans le vide) à partir du sommet de la montagne surplombant Palm Springs. Wolf connaît cette montagne puisqu’il y est allé à quelques reprises avec son meilleur ami. Au cours de sa première journée en montagne, il fait la rencontre de trois femmes ayant des connaissances limitées de la randonnée et de la survie en forêt. Il y en a même une qui est chaussée de tong ! Le groupe finit par se perdre sans nourriture, sans eau à la suite de mauvaises décisions et de quelques étourderies. Ainsi, Wolf devient celui qui peut guider les 3 dames et les ramener à bon port. Le quatuor est alors plongé dans le froid de novembre au milieu d’une faune et d’une flore sauvages. Ces êtres apprennent les uns des autres et ils deviennent solidaires.

téléphérique

Dès la quatrième de couverture, j’ai été happée par le récit. Ainsi, j’ai retrouvé cette phrase pour le moins percutante : « Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants… ». À cause de cette mention, j’ai voulu découvrir ce qui allait se produire… Qui allait perdre la vie ? Pourquoi ? Comment et surtout quand ?  Je me suis bien vite attachée aux protagonistes et surtout à Wolf, un gentil jeune homme… Durant la lecture, il y a beaucoup de retours en arrière afin de dresser le portrait de son histoire familiale tordue. Le lecteur est confronté au passé traumatisant de Wolf et à son présent angoissant. Mais encore, le lien d’amitié se tissant entre Wolf et les trois femmes est bien traité. Le lecteur voit également se développer une relation entre les trois personnages féminins.

Et bien entendu, il y a la forêt encerclant les protagonistes, les rendant prisonniers, les enfermant en eux-mêmes…

La nature offre un miroir d’une grande précision et je regrettais parfois la lucidité que la montagne avait suscitée en moi, voire la raison d’être que notre calvaire nous avait fournie. (p. 433)

Et cette lutte pour survivre s’avère tout simplement enivrante…

Nous étions tour à tour glacés dans les longs segments encaissés entre les rochers et rôtis par le soleil sur les crêtes dénudés. Tous les quarts d’heure environ, nous nous arrêtions pour nous reposer, mais brièvement car nous savions que le lieu de notre prochaine escale risquait aussi d’être celui de notre dernier repos. Nos pas étaient lents. Nos estomacs étaient vides. Notre soif était terrible. Nous avions le moral à zéro. (p. 384)

Lori Larsens possède une belle plume. Elle sait créer un univers haletant, palpitant pour son lecteur. Elle maîtrise bien le concept du dialogue et elle a certainement fait des recherches pour ce récit.

Ce roman permet à un homme et à 3 femmes d’apprendre que survivre c’est aussi aller à la rencontre de l’autre…

Le soleil brillait, nous réchauffait. Dans le bruit blanc de l’eau, nous avons entendu des hélicoptères, des avions et les chuchotements de nos morts. (p. 413)

J’ai passé un excellent moment de lecture ! Cela m’a fait du bien de vibrer avec ces égarés, ces perdus ! Une belle surprise littéraire !

Aimez-vous ces récits mélangeant action et introspection ?

Bien à vous,

Madame lit

Les égarés, Lori Lansens, trad. Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Alto, 448 pages, 2017.