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Chère lectrice, Cher lecteur,

Connaissez-vous Neige noire d’Hubert Aquin? J’aimerais vous partager un extrait de cette œuvre que je qualifie de majeure dans le portrait littéraire québécois. Sur la quatrième de couverture, il est mentionné :

Du voyage initiatique de Nicolas et de Sylvie vers le Svalbard au scénario à la fois écriture et lieu de méditation, Neige noire entrelace un discours philosophique sur la sexualité, la mort, le passage du temps, un discours littéraire qui fourmille d’allusions esthétiques du Moyen Âge et d’échos de Catulle, Nabokov, Borges et Nelligan, le tout sur fond de palimpseste de Hamlet et d’Ulysse.

Donc, j’ai décidé de vous présenter un extrait pour votre plus grand plaisir, je l’espère, et par le fait même, vous faire découvrir ou pas la plume de ce grand écrivain.

L’existence tout entière se déroule en bordure du temps et sur des vagues qui menacent de s’ouvrir, mais ne découvrent jamais plus que ce qu’un ventre consentant ne découvre à celui qui l’investit. Ce n’est pas le temps qui fuit, c’est l’être qui se dérobe; ce sont les autres qui fuient et semblent tous se fuir en marchant, faux prophètes, sur les eaux incassables de la mer de Barents. La peau de la personne aimée voile tout, même cette personne qu’on croit connaître parce qu’on a participé à un même délire d’obscuration et de plaisir. La cantate en miroir vient de se fracasser; ne subsistent, sous l’action dévastatrice du cogito cogitatem, que les tessons d’un miroir sans tain! Personne ne connaît personne, décidément…

Qui a déjà lu un roman d’Hubert Aquin? Qui connaît Neige noire?

Bien à vous,

Madame lit

Aquin, Hubert, Neige noire, Montréal : Leméac, 263 p.
ISBN : 2-7609-3164-1