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karenine

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme vous le savez sans aucun doute, j’adore les romans mettant en scène des amoureux… Alors, comme c’est la fête de l’Amour, je vous offre un extrait d’Anna Karénine.  Dans ce roman, Tolstoï met en scène une héroïne qui donnera tout à l’Amour, y compris sa vie…Les conséquences de cet Amour s’avèrent fatales… Un roman puissant, poignant, inoubliable…

Le vieux cocher des Karénine, un gros Tatare, vêtu de son simple imperméable, retenait avec peine, devant le perron, ses cheveux excités par le froid. Un laquais tenait la portière du coupé. Le suisse, debout près de la porte d’entrée, la gardait grand ouverte, et Anna écoutait avec transport ce que lui murmurait Vronski, tout en détachant d’une main nerveuse la dentelle de sa manche qui s’était attachée à l’agrafe de sa pelisse.

-Vous ne vous êtes engagée à rien, j’en conviens disait Vronski tout en l’accompagnant à sa voiture, mais vous savez que ce n’est pas l’amitié que je demande : pour moi, le seul bonheur de ma vie sera contenu dans ce mot qui vous déplaît si fort : l’amour.

-L’amour, répéta-t-elle lentement, comme si elle se fût parlé à elle-même ; puis étant arrivée à détacher sa dentelle, elle dit tout à coup : Ce mot me déplaît parce qu’il a un sens plus profond et beaucoup plus grave que vous ne pouvez l’imaginer. Au revoir, ajouta-t-elle en le regardant bien en face.

Elle lui tendit la main et d’un pas rapide passa devant le suisse et disparut dans sa voiture.

Ce regard, ce serrement de main bouleversèrent Vronski. Il baisa la paume de sa main que ses doigts avaient touchée, et rentra chez lui avec la conviction bienheureuse que cette soirée l’avait plus rapproché du but rêvé que les deux précédents mois.

Anna Karénine, partie II, chapitre 7

Alors, je vous souhaite une sublime Saint-Valentin !

Avez-vous déjà plongé dans la tragique histoire d’amour d’Anna Karénine ? Comment avez-vous trouvé ce récit ?

Bien à vous,

Madame lit