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Chère lectrice, Cher lecteur,

Gaston Miron, un poète québécois, a dit de Paul-Marie Lapointe qu’il était le plus grand poète du Québec… Pour mettre un peu de baume sur nos cœurs affligés par tant d’incertitudes et de cruauté dans notre monde, voici le sublime poème «Quel amour»  de cet incomparable poète de notre pays de neige et de glace.

Quel amour

rien

ni fleuve ni musique ni bête

rien ne me consolera jamais de la misère
du sang versé par les hommes
de la tristesse des enfants
de la faiblesse des mères

ni fleur ni mort ni soleil

autour de nous la ville
succombe à l’attrait de la mort
une mort à la pointe d’argent
une mort de papier vil agenouillé
une mort dans l’âme

quel arbre quelle fleur
quel amour oh! quel amour
nous guérira de ce mal?

quel enfant ce qu’il sera demain
quel espoir audace des solitudes
nous apprendra la façon de vivre
et que tout en soit changé?

pour que l’oiseau batte dans les cœurs
la musique dans les villes
pour que l’homme naisse de la bête
la bête de la montagne
pour que surgisse de la mort le soleil

hommes je vous le prédis
les fleurs seront permises
les arbres paumes innombrables ouvertes
à la caresse
les oiseaux nicheront dans les yeux des filles
les chansons

et tout sera changé
comme on l’avait espéré
dans la solitude de nos amours

Et parce qu’il neige, je vous offre «Hibernations» tiré de son recueil Pour les âmes :

Hibernations

Je laisse en toi voler des oiseaux blancs

peu d’oiseaux sont blancs outre les colombes
sinon d’avoir vécu l’hiver
plantés comme des croix dans l’espace
un déploiement de sécheresse et de frissons
aussi étranges que la neige
a-t-elle autre souci que de se poser sur nous
les villages
les cages

entre les pierres les brindilles sculptés par le vent

nos morts ne s’envolent pas
sinon en nous-mêmes
comme les enfants que nous avons
et qui fraient leur chemin dans l’intérieur

oiseaux blancs aériens ossements

Aimez-vous comme moi ces deux poèmes?  Connaissiez-vous ce grand poète québécois?

Bien à vous,

Madame lit