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art-romanChère lectrice, Cher lecteur,

Je vous ai déjà parlé de Milan Kundera et de son roman L’insoutenable légèreté de l’être. Aujourd’hui, permettez-moi vous entretenir de son essai L’art du roman. Pourquoi? Et bien en tant que passionnée par la littérature, j’ai toujours voulu en apprendre plus sur le processus créatif des écrivains et j’aime bien comprendre leur vision des univers romanesques. Avec cet essai, je dois admettre que je n’ai pas été déçue. Par le biais de cet ouvrage, Kundera fait part de ses réflexions sur la littérature et de son travail d’écrivain. Le lecteur peut en ce sens retrouver des commentaires sur ses anciens livres comme La vie est ailleurs ou encore sur les auteurs qu’il aime bien comme Cervantès, Kafka et Broch. D’ailleurs, comme il le mentionne :

L’œuvre de chaque romancier contient une vision implicite de l’histoire du roman, une idée de ce qu’est un roman; c’est cette idée inhérente à mes romans, que j’ai essayé de faire parler. (p.9)

À cet égard, Kundera cherche à s’ancrer quelque part et il va à la rencontre de ceux qui l’ont précédé.

L’essai se présente en 7 parties :

  • L’héritage décrié de Cervantès– Kundera tente de démontrer comment le roman européen a un parcours logique et que tout a débuté avec Cervantès – il va à la rencontre de ses sources
  • Entretien sur l’art du roman-Entretien avec Christian Salmon où l’auteur aborde Kafka et ses propres œuvres pour tenter d’expliquer à travers quelques concepts comment le roman s’inscrit dans l’Histoire humaine
  • Notes inspirées par les SomnambulesAnalyse de sa lecture de Broch
  • Entretien sur l’art et la composition-Lien entre la littérature et la musique
  • Quelque part là-derrière-Partie consacrée à Kafka
  • Soixante et onze– Réflexions de l’auteur sur ses traductions et il propose 71 mots-clés
  • Discours de Jérusalem : le roman de l’Europe –Discours prononcé à Jérusalem- J’ai adoré la dernière phrase du discours : «J’étais en train d’oublier que Dieu rit quand il me voit penser.»

Pour ma part, j’ai bien aimé les réflexions sur la figure discursive. Par exemple, dans la seconde partie, Kundera commente la notion du personnage.

Dès que vous créez un être imaginaire, un personnage, vous êtes automatiquement confronté à la question : qu’est-ce que le moi? Par quoi le moi peut-il être saisi? C’est une des questions fondamentales sur lesquelles le roman en tant que tel est fondé. (p. 39)

Pour Kundera, pour rendre un personnage vivant, il faut que l’écrivain puisse aller au bout de sa propre problématique existentielle à travers toutes les possibilités humaines. Il écrit :

Le roman n’examine pas la réalité mais l’existence. Et l’existence n’est pas ce qui s’est passé, l’existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l’homme peut devenir, tout ce dont il est capable. Les romanciers dessinent la carte de l’existence en découvrant telle ou telle possibilité humaine. Mais encore une fois : exister, cela veut dire «être-dans-le-monde». Il faut donc comprendre et le personnage et son monde comme possibilités. Chez Kafka, tout cela est clair : le monde kafkaïen ne ressemble à aucune réalité connue, il est une possibilité extrême et non réalisée du monde humain. (p. 61)

Cet essai se lit facilement et ceux qui ont à cœur le processus créatif et qui souhaitent approfondir leurs connaissances par rapport aux univers romanesques et les goûts littéraires de Kundera sont conviés à aller à la rencontre de cet essai.  Pour ma part, j’ai été ravie de le lire et j’ai pu mieux saisir l’art du roman…

Roman : La grande forme de la prose où l’auteur, à travers des ego expérimentaux (personnages), examine jusqu’au bout quelques grands thèmes de l’existence. (p. 178)

Aimez-vous lire des essais abordant des notions romanesques? Avez-vous lu cet essai?

Bien à vous,

Madame lit

Kundera, M. (1986). L’art du roman; essai. Paris : Gallimard.