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Chère lectrice, Cher lecteur,

Je vous ai souvent partagé des citations sur notre majestueux fleuve Saint-Laurent. Toutefois, je ne vous ai jamais proposé un extrait tiré de Fleuve sans fin; journal du Saint-Laurent de Robert Marteau. De mai 1982 à mai 1983, Marteau a rédigé un journal du Saint-Laurent et il dresse, grâce à sa plume, un portrait juste du paysage nord-américain. L’auteur est né dans le Poitou et il suggère avec ce journal une plongée au cœur du fleuve et il nous prouve que la contemplation et les mots font un heureux mariage… J’ai choisi de vous présenter deux jours bercés par la lumière de janvier…

Samedi 15 janvier

Le vent sec dans la neige fraîchement tombée ouvrage un tuyauté comme on en voit aux collerettes peintes par Frans Hals. Et si vous vous souvenez de la feuille de l’artichaut quand on la découvre à l’aube au potager vous saurez ce que fut à trois heures de l’après-midi la teinte du Saint-Laurent. Ailleurs, soit entre l’ouest et le sud, c’est la dorure mate d’un soleil qu’atténue la poussière du foin. Après, le jour peu à peu mûrit en forme et couleur de prune.

Dimanche 16 janvier

Mesurons-nous, ma belle, s’il en est temps encore.
Temps de neige accorde aux muses imaginaires
De revenir là où se fit la blessure.
La neige qui tombe pansera la plaie,
Le lit restera blanc, juste un peu défait
Des bourrasques de l’insomnie. Flocons!
Flocons! De la trace, de la cicatrice,
Rien plus ne paraîtra sous le blanc de la charpie.

Connaissiez-vous ce journal du Saint-Laurent écrit par un Européen?

paysage_hiver

Bien à vous,

Madame lit

Marteau, R. (1994). Fleuve sans fin; journal du Saint-Laurent. Paris : La Table Ronde.