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Chère lectrice, Cher lecteur,

Ce nouveau roman graphique était fort attendu. Après le succès retentissant de Jane, le renard et moi, le duo Fanny Britt et Isabelle Arsenault présente un autre petit bijou pour le plus grand plaisir des lecteurs. Louis, onze ans, vit avec sa maman et son petit frère Truffe dans un appartement en ville. Son papa habite seul dans leur maison en bois à la campagne car il boit et il pleure. Louis en connaît beaucoup sur la vie malgré son jeune âge… Il a un ami Boris avec qui il regarde passer les autos et les camions. Il est amoureux de Billie, une belle jeune fille de son école roulant à bicyclette.

Ce roman graphique parle d’amour, de courage, d’alcoolisme, d’amitié et des liens familiaux.

Dans Jane, le renard et moi, le duo avait abordé l’intimidation tandis que dans ce dernier, il centre son histoire autour d’une famille victime des problèmes d’alcool du père.

Comme le mentionne Louis :

Pas besoin d’un doctorat en aérospatiale pour savoir que si mon père pleure c’est surtout, d’abord, à cause du vin.

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L’histoire s’avère profonde, les images sublimes… et ce livre nous offre un personnage masculin adolescent très attachant : Louis.

Le courage et l’amour

Le livre nous propose une belle leçon sur le courage.

Il paraît que les parents veulent toujours donner à leurs enfants ce qu’eux n’ont jamais eu. Un tricycle rouge, une chaîne stéréo, des vacances à la mer. Du courage.

Une leçon sur le courage des membres d’une famille aidant un proche prisonnier de ce mal de vivre et qui noie ses problèmes. Une leçon sur le courage de cette mère de famille qui a peur de tout mais qui protège ses enfants en tentant de leur fournir un foyer et en leur inventant une réalité proche de leur passé pour qu’ils ne se sentent pas déracinés… Une leçon sur le courage de cette mère qui camouffle la vérité pour ne pas que ses petits sachent qu’elle pleure elle aussi… Une leçon de courage sur la douleur amoureuse des parents et sur le regard d’un enfant qui ressent de la compassion pour son père et sa mère.

Truffe, qui lit sur le visage du monde sur le visage de notre mère, lui demande pourquoi elle est triste. Elle lui répond que c’est la faute aux allergies. Et enchaîne avec un exposé oral sur le pollen et le printemps.

Une leçon sur le courage d’aimer…. car l’amour parfois peut guérir du pire malgré tous les obstacles…

Mon pleure pleure surtout au moment de nous quitter, et même s’il nous dit qu’il n’a pas peur, que tout ira bien, il est évident que c’est le contraire, qu’il a peur et que tout n’ira pas bien. Il n’aura pas droit aux visites, ça nuit au traitement, apparemment.

À travers le drame familial, Louis découvre aussi l’amour. Il trouvera la force et le courage de parler à Billie, de lui donner un cadeau et de ne jamais abandonner. Au début, il dit à propos de l’amour :

Je ne savais pas que l’amour c’est comme une roche qui nous explose le cœur, qui fait mal autant qu’il fait vivre, et qu’il donne envie de fuir en même temps qu’il nous empêche de le faire. Ce que je savais, c’est que la plupart du temps, ça finit mal.

Pour lui, l’amour, au début, est associé à la douleur du père… Grâce à son ami Boris et au fait que son père décide d’accepter d’aller dans un centre de désintoxication, il finira lui aussi par se tourner vers son soleil.

Je vais lui dire que je l’attends depuis longtemps. Depuis plus longtemps que la durée de vie. Que je l’attends depuis mes vies antérieures, quand j’étais preux chevalier et homme des cavernes. Je vais lui dire qu’elle ressemble à un cactus magnifique. Je vais lui dire que je sais que j’ai l’air zéro viril mais que j’ai appris cet été que le courage n’a pas grand-chose à voir avec la virilité et tout à voir avec le danger et que rien de rien n’est aussi dangereux que de se tenir debout devant un cactus magnifique pour lui faire une déclaration d’amour, à part peut-être la guerre et les séries éliminatoires de hockey.

Les illustrations d’Isabelle Arsenault viennent ravir le lecteur grâce à la sensibilité exploitée et la douceur exprimée. Ces dernières sont en noir et blanc (à l’encre de Chine ou au crayon) et parfois il y a du jaune pour soulever l’espoir et l’amour. Le jaune semble alors représenter le soleil se pointant à l’horizon.

Comme l’illustratrice le dévoile dans un article publié dans La Presse :

J’ai utilisé l’encre de Chine, un médium que je n’ai pas utilisé dans Jane et que j’associe aux garçons, aux mangas, à la BD classique. Je l’ai utilisé comme quelque chose de dangereux, qui tache, qui est incontrôlable, sans retour.

Je ne peux que vous encourager à lire ce roman graphique… J’ai adoré cet univers qui rend hommage aux garçons. Grâce à Louis, le lecteur apprend que le courage, c’est aussi de se montrer dans toute sa vulnérabilité….

Que pensez-vous de cette histoire? Aimez-vous plonger dans un roman graphique?

Bien à vous,

Madame lit

Arsenault, I. et Britt, F. (2016). Louis parmi les spectres. Montréal : La Pastèque.

Collard, N. (2016, 3 novembre). Louis parmi les spectres : lettre à mon fils. La Presse. Récupéré de http://www.lapresse.ca/arts/livres/bd-et-livres-jeunesse/201611/03/01-5037426-louis-parmi-les-spectres-lettre-a-mon-fils.php