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emily-dickinsonChère lectrice, Cher lecteur,

Comme citation, j’ai envie de vous partager ce poème d’Emily Dickinson. Dans ces temps où des attentats ne cessent d’éclater, ce dernier résonne en moi et rythme la cadence du tambour martelant mes pas…. J’espère qu’il vous plaira…

 Je mesure dans chaque chagrin que je rencontre
Avec des yeux analytiques ;
Je me demande s’il pèse autant que le mien
Ou s’il est de taille plus légère.
Je me demande si on l’a porté longtemps
Ou s’il ne faisait que commencer.
Je ne pourrais dire la date du mien,
C’est une peine si vieille.
Je me demande si cela fait mal de vivre
Et si l’on doit essayer,
Et si, au cas où l’on pourrait choisir,
On n’aimerait pas mieux mourir.
Je me demande si, lorsque les ans se sont entassés,
Quelques milliers-sur la cause
D’un premier chagrin, si tel recul
Arrêterait les hommes;
Ou bien s’ils préféreraient toujours souffrir
À travers les siècles,
Éclairés par une souffrance plus vaste
Par contraste avec leur amour.
Les affligés sont nombreux, à ce qu’on me dit;
La raison en est plus profonde,
La mort en est une et ne vient qu’une fois
Et elle cloue seulement les yeux.
Il y a la souffrance du besoin, et la souffrance du froid,
Et la sorte qu’on appelle désespoir ;
Il y a l’exil loin des yeux familiers
En face de l’air familier.
Bien que je n’en puisse deviner l’espèce
Exactement, pourtant ce m’est
Une consolation déchirante que cela m’apporte,
Lorsque je passe près du Calvaire,
De noter les sortes de croix
De ceux qui se trouvent seuls,
Toujours attirée par l’idée
Que certaines croix ressemblent à la mienne.

Par le biais de ce poème, je désire témoigner mon soutien aux gens de la Somalie et de la Turquie.

Bien à vous,

Madame lit