Mots-clefs

,

makine

Chère lectrice, Cher lecteur,

Aujourd’hui, permettez-moi de vous partager une citation d’Andréï Makine tirée de La femme qui attendait. J’ai toujours été frappée par la puissance de cette dernière… Je l’avais notée dans un cahier lorsque j’ai lu ce texte en 2004… Encore maintenant, je la trouve particulièrement étonnante et saisissante. Le dernier paragraphe me parle beaucoup…. Alors, la voici :

Je me souviens de notre première rencontre, instantanée, à la fin du mois d’août. Le gros filet de pêche, le regard d’une inconnue, son corps réchauffée par l’effort. Ma certitude que tout était possible entre nous. Et l’impression d’avoir laissé passer la chance. Je l’avais noté dans mon carnet. Ces notes me paraissaient à présent parfaitement incongrues. La femme qui cherchait une lettre dans une boîte rouillée vivait sur une autre planète.

C’est de cette planète qu’en s’approchant elle me salua, sourit, se dirigea vers sa maison. Je pensai à son attente et pour la première fois ce destin ne me sembla pas étrange, ni exceptionnel.

«En fait, toutes les femmes attendent, comme elle, durant toute leur vie, formulai-je avec maladresse. Toutes les femmes, dans tous les pays, de tout temps. Elles attendent un homme qui doit apparaître là, au bout de cette route, dans cette transparence du couchant. Un homme au regard ferme et grave, venant du plus loin que la mort vers une femme qui espérait malgré tout. Et celles qui n’attendent pas sont de simples mangeuses de hareng saur!» (p. 24-45)

Si vous n’avez jamais plongé dans cet univers de Makine, je vous recommande sans hésitation ce bouquin.

Avez-vous déjà lu ce roman? Que pensez-vous de cette citation?

Bien à vous,

Madame lit

Makine, A. (2004). de La femme qui attendait. Paris : Seuil.