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monde-flanc_truiteChère lectrice, Cher lecteur,

Comme citation aujourd’hui, permettez-moi de vous en présenter une sur l’écriture. Robert Lalonde, écrivain québécois, possède une plume lyrique, vraie et touchante. Sans plus tarder, voici ce que cet auteur mentionne dans Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire à propos de l’écriture.

J’écris pour VOIR, c’est bien sûr. Pour chasser les mauvais mystères de la nuit, pour faire du printemps un matin. J’écris pour naître, encore, toujours. Par l’attention neuve, m’absenter de moi, de ce fouillis de tentatives d’être dans un absolu qui vous émiette et vous éparpille comme le vent, ce matin, fait avec les vieilles feuilles, les vieilles tiges de l’an passé. Oui, ce désir de tout être et de tout avoir, l’ancienne maladie qui revient encore, de temps en temps, m’empoisonner, comme une odeur de marmotte pourrie parmi les bonnes senteurs de sèves et de la terre délivrée des neiges.
J’écris pour cesser de savoir et pour commencer d’apercevoir et de sentir. Dans le Y du bouleau, un nid est commencé. Sur la mousse, sous le sumac, les ombres des mûriers, compliquées comme des chevelures, s’emmêlent et se balancent. Elles parlent un langage indéchiffrable du cerveau, la nuit. J’écris pour me perdre et me retrouver. Dans l’effrayante surabondance du matin, ici, parmi les vieux deuils et les ardeurs nouvelles. (p. 11-12)

Est-ce que vous vous retrouvez à travers les mots de l’écrivain?

Bien à vous,

Madame lit

Lalonde, R. (1999).  Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire. Montréal : Boréal.