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33951343 - old books and apple on school desk

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour beaucoup d’entre vous, septembre représente le mois de la rentrée scolaire! Que vous soyez un parent, un étudiant, un membre du personnel d’une institution ou un ancien professeur, septembre crée une féérie autour d’un contact particulier entre un professeur et ses étudiants. À cet égard, le 1er, j’ai eu le privilège de retrouver ma place devant des étudiantes et des étudiants. Et oui! Alors, pour souligner cette rentrée, je vous propose des extraits tirés de Ces enfants de ma vie de Gabrielle Roy. Avant de devenir une écrivaine, Gabrielle Roy a été une institutrice. Dans ce recueil de nouvelles qui lui a valu son troisième prix du Gouverneur général du Canada, Gabrielle Roy raconte des souvenirs en lien avec les enfants qui l’ont marquée.

  Souvent j’étais prête longtemps avant l’heure, le tableau couvert de modèles et de problèmes à résoudre. Alors je m’asseyais et la hâte me prenait de voir arriver mes élèves. Je ne quittais pas des yeux la petite montée solitaire de la route où je les verrais apparaître un par un ou en groupes qui dessineraient une frise légère au bas du ciel. Chaque fois j’en étais émue. Je voyais poindre ces minuscules silhouettes dans l’ampleur de la plaine vide et je ressentais profondément la vulnérabilité, la fragilité de l’enfance en ce monde, et que c’est pourtant sur ces frêles épaules que nous faisons porter le poids de nos espoirs déçus et de nos éternels recommencements.

Je pense que j’étais bouleversée aussi par le fait que de tous les coins ils fussent en route vers moi, somme toute une étrangère pour eux. Encore aujourd’hui m’émeut ce sentiment que l’on confie à quelqu’un que l’on ne connaît même pas, à une petite institutrice sans expérience, fraîchement sortie de l’École normale comme c’était mon cas, ce qu’il y a sur la terre de plus neuf, de plus délicat, de plus facile aussi à briser. (p. 94-95)

Enfants_vie

Ma classe marchait si bien avant qu’il (Médéric) n’arrive, pourquoi, me demandai-je, avait-il fallu que j’hérite de ce phénomène. J’essayai deux ou trois fois de n’en faire aucun cas, de l’abandonner, puisque c’était ce qu’il voulait, à son ignorance, à son oisiveté, mais ce fut bientôt plus fort que moi, je fus reprise par la frénésie de le faire avancer coûte que coûte. Telle était alors ma fièvre, impérieuse comme l’amour, en fait c’était de l’amour, ce passionné besoin que j’eus toute ma vie, que j’ai encore de lutter pour obtenir le meilleur de chacun. (p. 139)

Je vous souhaite de toujours apprendre, de donner le goût de la connaissance aux autres et de découvrir comment lutter pour obtenir le meilleur de chacun….

Bien à vous,

Madame lit

Roy, G. (1977). Ces enfants de ma vie. Montréal : Stanké.