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Ëtre de raisonChère lectrice, Cher lecteur,

M. Hervé Bourgois est entré en communication avec moi en me faisant parvenir son livre Être de Raison et je le remercie de sa confiance. Je lui ai répondu que je lirais son récit d’ici la fin de l’été. J’ai ainsi le plaisir de vous en parler. Que raconte cette histoire?

Un homme d’un certain âge, Alain, décide de vendre son appartement parisien et en attendant que la vente se concrétise, il s’installe dans une chambre de bonne. Assis sur un banc, il fait la rencontre d’une jeune étudiante en droit,  Émilie, mal dans sa peau, en peine d’amour et il se noue d’amitié avec cette dernière. Entre les deux acolytes se développent une relation amicale, puis amoureuse. Au fil du temps, Alain discute avec Émilie de sa conception du monde bien qu’il ait décidé de se retirer du mode de vie occidental car il n’est plus en accord avec les valeurs associées à ce dernier. C’est un testament de la vie qu’il semble lui léguer à travers des discussions sur la société, la réalité humaine, les mythes, l’amour, le déterminisme, le libre-arbitre, les comportements, etc.

Pour moi, ce livre se structure comme un roman d’apprentissage. Ainsi, Alain en parlant avec Émilie  façonne sa conception du monde et sa perception de l’existence. Il l’amène donc à penser comme lui. En ce sens, le lecteur suit le développement d’Émilie à travers les différents sujets abordés par Alain. Par exemple, lorsqu’Alain et Émilie conversent sur la réalité non humaine, l’homme mentionne :

 -Nous avons inventé un concept, celui d’univers qui englobe tout ce qui existe. Nous ne savons pas pourquoi il existe, certains pensent qu’il a été créé par Dieu, ni pourquoi il est ainsi. Nous sommes issus de l’univers, cela signifie qu’à une certaine période nous n’existions pas, donc qu’il est en mouvement, puisqu’à deux instants différents, le tout n’est pas le même. Pour exister, il faut que nous soyons adaptés au mouvement de l’univers, nous en sommes dépendants. La terre est soumise aux lois de l’univers, elle subit les forces gravitationnelles, la lumière du soleil… Les êtres vivants sont dépendants de la terre, ils se sont adaptés à son mouvement, donc à celui de l’univers, ils respirent l’oxygène créé par le mouvement, ils s’adaptent aux autres êtres vivants crées par le mouvement…Nous sommes issus du mouvement, nous en faisons partie. (p. 43)

De plus, le narrateur se présente comme celui qui éduque Émilie mais il tente également de le faire avec son lecteur. Il cherche à transmettre le plus d’explications possibles afin de permettre à l’instance lectrice de mieux cerner les concepts reliés à la Raison à travers une discussion entre deux êtres.

Le livre aborde le Mythe de l’Amour par le biais d’Alain et d’Émilie mais aussi à travers des références à L’amour au temps du choléra, à L’éducation sentimentale à La Dame aux camélias ou à La Traviata.

Le lecteur en arrive à comprendre en autres que l’amour se reconnaît surtout à travers le manque de l’autre… Comme le mentionne le narrateur :

C’était un tout, Émilie était une abstraction à part entière que je différenciais des autres, j’avais établi une relation qui nécessitait une communication, donc des comportements que j’associais à des justifications. C’était la relation qui me manquait car Émilie n’était que la réalité humaine que j’associais à mes perceptions. (p. 120)

En ce sens, si vous avez envie de plonger dans un bouquin qui s’apparente aux caractéristiques des romans d’apprentissage et à suivre les discussions pour le moins philosophiques entre deux personnages, je vous invite à lire Être de Raison. Le travail de l’écrivain s’avère sérieux et réfléchi.

Je remercie encore M. Robert Benoit d’avoir lu cette histoire en même temps que moi et de m’avoir partagé ses impressions qui m’ont permis de mener à bien cette chronique!

Aimez-vous les romans qui abordent des notions philosophiques?

Bien à vous,

Madame lit