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Les têtes_roussesChère lectrice, Cher lecteur,

Les têtes rousses de Claude Lamarche présente l’histoire de Bridget Bushell obligée de quitter sa terre natale, l’Irlande, en 1847, car elle est affligée par la grande famine qui décime son pays. En compagnie de son frère Patrick et de sa sœur Mary, elle embarque sur un bateau pour traverser l’Atlantique. Sur ce dernier, la jeune fille est confrontée à la maladie et à la mort. Elle découvre également l’amour et son frère se noue d’amitié avec Denis Lynch, un Irlandais.

Arrivés à Montréal, les Irlandais s’établissent dans le quartier pauvre de la ville, Saint-Henri. Chacun des membres de la famille Bushell tentera du mieux qu’il peut de s’adapter et de survivre dans cette Amérique au climat si différent.

J’ai beaucoup aimé la première partie du roman de Claude Lamarche. J’ai apprécié comprendre à quel point la vie était difficile à cette époque en Irlande et pourquoi les Irlandais embarquaient sur des bateaux pour venir se réfugier en Nouvelle-France. D’ailleurs, des faits exprimés dans ce roman ont été basés sur des documents rédigés par la grand-tante maternelle de l’écrivaine pour raconter l’histoire de sa famille.

Aussi, l’incipit du roman donne envie de poursuivre la lecture en raison du vocabulaire employé pour décrire l’Irlande…

 L’IRLANDE, pays de lacs et de rivières, de montagnes et de falaises. Pays où le vert dominait en été, où la froidure apportait rarement la neige, mais souvent des giboulées glaciales, où les arbres paraissaient laqués de pluie à longueur de saison, où de grosses pierres, traînées à mains nues, depuis des siècles, servaient de clôtures délimitant les grandes pièces de terre. Une contrée luisante d’humidité, une île tourmentée par les humains, les religions, l’asservissement et le vent.

De surcroit, les personnages sont fort attachants avec leur caractère irlandais. Le lecteur a envie de les protéger du froid, de les bercer lorsqu’ils doutent, de les nourrir lorsqu’ils ont faim. Il souhaite parfois argumenter avec Bridget pour lui faire entendre raison. Ainsi, cette dernière apparaît comme une femme de tête, fière, belle, protectrice. Elle a promis à sa mère mourante de s’occuper de son frère et de sa sœur et elle respecte sa parole jusqu’à la fin de sa vie.  Il y a aussi une histoire d’amour entre elle et un Irlandais. Cet amour s’avère profond entre les deux et il s’épanouit au fil du temps. Le narrateur mentionne :

 Elle sentit confusément qu’exister aux yeux de l’autre, c’était prendre racine dans sa propre vie. (p. 141)

Donc, lire Les têtes rousses c’est un peu aller à la rencontre de gens venus d’ailleurs trouver un peu de bonheur en Amérique malgré les dangers et les obstacles pour fuir la faim tenaillant leurs entrailles.

J’ai voulu lire ce récit car Madame Claude Lamarche a la gentillesse de commenter mes articles sur ce blogue et j’étais bien heureuse de découvrir sa plume, son univers, ses ancêtres…

Je vous laisse sur ce passage que j’ai bien apprécié :

Quel était donc le prochain geste ? Et surtout pourquoi le poser ? La solitude lui tomba dessus comme une bête sur sa proie. Ce n’était plus la souffrance qui l’habitait, ce n’était plus l’absence de Denis qui la chagrinait, c’était le vide. Le vide de son lit. Le vide de sa vie de femme. Une haute falaise. Elle eut peur de vaciller. (p. 209)

Aimez-vous les récits abordant la Nouvelle-France ?

Bien à vous,

Madame lit

Lamarche, C. (2011). Les têtes rousses. Gatineau : Éditions Les Vents de l’Ouest.