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L'avalée des avalés

Chère lectrice, Cher lecteur,

Aujourd’hui, laissez-moi vous partager des citations tirées de L’avalée des avalés de Réjean Ducharme, un roman que je recommande à tous car il m’a profondément marquée. J’ai lu ce bouquin lors de mes études universitaires et je dois avouer que ce dernier est ancré dans ma mémoire depuis ce temps. J’espère que ces quelques extraits vous donneront envie de découvrir ce magnifique roman.

 Tout m’avale. Quand j’ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée, c’est dans mon ventre que j’étouffe. Quand j’ai les yeux ouverts, c’est par ce que je vois que je suis avalée, c’est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque. Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S’il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. On regarde un visage, un papillon, une fleur, et ça nous travaille, puis ça nous irrite. Si on se laisse faire, ça nous désespère. Il ne devrait pas y avoir de visages, de papillons, de fleurs. Que j’aie les yeux ouverts ou fermés, je suis englobée : il n’y a plus assez d’air tout à coup, mon cœur se serre, la peur me saisit. (p. 9)

 

Je trouve mes seules vraies joies dans ma solitude. Ma solitude est mon palais. C’est là que j’ai ma chaise, ma table, mon lit, mon vent, mon soleil. Quand je suis assise ailleurs que dans ma solitude, je suis assise en pays trompeur (p. 20)

 

C’est beau, Constance Chlore. C’est si beau. Dis encore : « Nous ne serons pas vieux mais déjà las de vivre. (p. 204)

 

«  Ce fut un grand vaisseau taillé dans l’or massif ». Je me ferme les yeux, et il me semble que sous mes pieds une mer roule des vagues plus hautes que des montagnes. Partir. Encore partir. Toujours partir. (p. 229)

 

L'avalée des avalés_2

D’ailleurs, Jean-Claude Lauzon dans son excellent film Léolo met en scène un protagoniste, Léo dit Léolo. Ce dernier se réfugie dans le seul livre qu’il trouve dans la maison : L’avalée des avalés de Réjean Ducharme.  Grâce aux mots, Léolo réussit, tout comme Bérénice dans le roman de Ducharme, à se construire un ailleurs meilleur, à rêver de l’Italie… Voici un extrait tiré du film présentant l’importance du rêve….

 

 

 

Selon le  Times magazine, Léolo de Jean-Claude Lauzon se classe parmi les 100 meilleurs films de tous les temps… Alors, pour découvrir ce film, n’hésitez pas à lire L’avalée des avalés de Réjean Ducharme et ensuite, à le visionner pour passer un excellent moment…

Avez-vous déjà lu le roman de Réjean Ducharme? Avez-vous vu ce magnifique film de Jean-Claude Lauzon?

Bien à vous,

Madame lit

Ducharme, R. L’avalée des avalés. Paris : Gallimard, collection folio, 1991.

Fig. 1 https://www.google.ca/search?q=l’aval%C3%A9e+des+aval%C3%A9s&biw=1366&bih=651&source=lnms&tbm=isch&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwiehrTpmoTMAhUpsIMKHSUZBRIQ_AUIBigB#imgrc=CYswD8e0SY62vM%3A