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Chère lectrice, Cher lecteur,

Un grand de la dramaturgie québécoise s’est éteint le jeudi 7 avril 2016 à l’âge de 86 ans, M. Marcel Dubé. J’ai lu beaucoup de ses pièces de théâtre. Lorsque j’entends son nom, je pense à Un simple soldat, Zone, Le temps des lilas, Au retour des oies blanches et Florence, pour ne mentionner que ces titres. Je me souviens adolescente d’avoir emprunté les livrets de quelques-unes de ses pièces à la petite bibliothèque municipale de ma ville natale. Dans ces derniers, je pouvais voir des photos tirées des mises en scène. Ainsi, je pouvais observer ces importantes figures du théâtre québécois comme Andrée Lachapelle, Gilles Pelletier, Jean Perraud, Albert Millaire, Claude Léveillée… Son œuvre est magistrale et à travers ses mots, ses personnages, M. Marcel Dubé a contribué à aider le Québec à sortir de ses années de noirceur…  Je ne pouvais passer sous silence sa disparition.

«J’écris pour que l’on parle sans détour des années de noirceur et de génuflexion. Pour réviser nos défaites et nos humiliations. Pour soupeser la haine et le mépris. Pour nous délivrer de l’épaisse nuit. Pour épouser la clarté du jour», a-t-il écrit. »

Voici un extrait de sa pièce Le temps des lilas :

VINCENT : Les lilas s’en vont déjà !
JOHANNE : Je me demande pourquoi ils ne durent pas plus longtemps ?
VINCENT : Tout ce qui est beau est éphémère.

De plus, il était un poète, un autre côté de lui. Il a d’ailleurs fait paraître un recueil Poèmes de sable.

J’ai donné ton nom à ma rivière
Et les prairies et les collines furent noyées
Les fleurs et les paroles sont coupées
Les forêts jusqu’aux cimes
Sont gagnées par la vague
Et la terre stérile
N’est plus qu’une lointaine mémoire

N’existent plus que de grandes
eaux désertes
Qu’un pays enseveli
Où désormais je sommeille
sans dormir
Où je rêve à ciel ouvert
Les nuits cousues d’images antérieures
Les jours appelant
à pas feutrés
L’amour qui passe sans s’arrêter

Mais encore, Le Devoir a voulu lui rendre un hommage par le biais de son article: «Le chef s’est endormi». N’hésitez pas à le lire pour en apprendre davantage sur cet illustre auteur de chez-nous.     

Alors, M. Marcel Dubé, je vous souhaite de retrouver ce temps des lilas… la beauté sera éternelle grâce à vos mots.

Bien à vous,

Madame lit