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Chère lectrice, Cher lecteur,

Je voulais vous partager un texte passionnant de M. Dany Laferrière, membre de l’Académie française, que j’ai découvert dans Internet. Son écrit s’intitule «Un aveugle dans la bibliothèque». Il l’a d’ailleurs lu dans le cadre du 74e Congrès mondial de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d’institutions (IFLA).

D’une part, dans cet écrit, il est question de l’écrivain Jorge Luis Borges. En lisant la rédaction de M. Laferrière, j’ai appris que l’illustre auteur était aveugle. D’autre part, j’ai découvert que Borges avait un amour inconditionnel pour les écrivains qu’il admirait.

Quand il aime un écrivain, il en fait un ami, et la lecture de son œuvre, une habitude. Pour Borges, on peut tout vivre dans une bibliothèque : la vie, l’amour, la mort. Et un écrivain reste toujours vivant. On entend sa voix, on sent sa présence – ce n’est plus seulement un livre mais un être vivant.

Après l’explication du rapport aux livres de Borges, un extrait a particulièrement attiré mon attention. La pensée véhiculée dans ce dernier m’amène à réfléchir à mon rôle de blogueuse littéraire. Je trouvais essentiel de vous le communiquer afin de susciter, peut-être, une réflexion en vous. Comme le soulève M. Laferrière :

On nous a appris pendant trop longtemps à admirer un auteur, pas assez à le lire. Les qualificatifs ont pris l’habitude de précéder le livre. On se fie, pour se faire une opinion sur un livre, sur le goût de quelqu’un, un critique par exemple, dont on ne sait même pas comment il joue au poker ni sa marque de whisky ou même sa couleur préférée. On oublie trop qu’un livre n’est pas fait pour être aimé ou détesté mais d’abord pour être lu – j’insiste. Il y a des livres, comme des gens, qu’on n’aime pas mais qui nous influencent malgré tout. Et des livres ou des gens avec qui on a cru qu’on allait passer notre vie et qu’on ne reverra plus après la première lecture ou la première nuit.

Et M. Laferrière de poursuivre sur le rapport entre le lecteur et les émotions qu’il ressent lors de la lecture des bouquins d’un écrivain :

Mais nous devons savoir que cela n’a rien à voir avec Lafontaine ou Shakespeare, mais avec nous-mêmes. Nous dessinons notre autoportrait en lisant.

N’est-ce pas une idée fascinante? Je me remets en question en raison de ce côté désir-répulsion de l’écrit. Aussi, je trouve captivant cet autoportrait que nous traçons en lisant.

Je vous encourage à lire au complet ce magnifique texte de Dany Laferrière, qui je l’espère, vous plongera au cœur même de votre rapport aux écrivains et aux livres. De plus, je suis convaincue que vous ne serez pas déçu d’aller à la rencontre de Borges, ce «lecteur intelligent», cet aveugle dans la bibliothèque.

Comment trouvez-vous ce texte de Dany Laferrière?

Par ailleurs, pour ceux et celles qui n’ont jamais lu de roman de Dany Laferrière, je vous invite à consulter ma chronique sur l’Énigme du jour afin de découvrir sa magnifique plume.

Bien à vous,

Madame lit

Laferrière, D. (2008). Un aveugle dans la bibliothèque. Repéré à http://www.banq.qc.ca/a_propos_banq/salle_de_presse/nouvelles/nouvelle.html?n_id=8b1e4d35-49a9-4a62-a382-c2dff01c84c5