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Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme vous le savez peut-être, je vais en Italie en mai. Alors, pour avancer à petits pas dans les décors somptueux de ce magnifique pays, je vais lire des romans se déroulant dans les villes que je visiterai (Venise, Florence et Rome).

Aujourd’hui, je vous offre une citation de La mort à Venise de Thomas Mann que j’ai lu lors de mes études collégiales pour vous mettre dans l’ambiance de mes futures lectures.

L’air était calme et plein d’odeurs, le soleil dardait des rayons brûlants à travers les vapeurs qui teintaient le ciel de gris d’ardoise. On entendait le glouglou de l’eau qui battait les madriers et les murs. L’appel du gondolier, à la fois avertissement et salut, provoquait, par une singulière convention, une réponse dans le lointain du labyrinthe silencieux. Du haut des petits jardins suspendus, des ombrelles blanches et purpurines, sentant l’amande, retombaient sur les murailles délabrées. Les arabesques des embrasures de fenêtres se reflétaient dans l’eau trouble. Les degrés de marbre d’une église descendaient dans les flots; un mendiant, accroupi sur les marches, clamant sa misère, tendait son chapeau, en montrant le blanc de ses yeux comme s’il était aveugle; un marchand d’antiquités, debout devant son antre, invitait le passant avec des gestes serviles à s’arrêter, dans l’espoir de le duper. C’était Venise, l’insinuante courtisane, la cité qui tient de la légende et du traquenard, dont l’atmosphère croupissante a vu jadis une luxuriante efflorescence des arts et qui inspira les accents berceurs d’une musique aux lascives incantations. (p. 103-104)

Si vous n’avez jamais lu ce récit, je vous le recommande…

Quel livre me conseillerez-vous se passant en Italie?

Je vais probablement débuter par Seule à Venise de Claudie Gallay.

Bien à vous,

Madame lit

Mann, T. (1971). La mort à Venise. Paris : Fayard, coll. Le livre de poche, 189 p.

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