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la voie lactéeChère lectrice, Cher lecteur,

J’ai choisi de lire La Voie lactée de Louise Dupré pour mon défi littéraire 2016 organisé par Le fil rouge. En février, il fallait opter pour un roman d’amour québécois. Ainsi, ce récit met en scène Anne Martin, Montréalaise, architecte, au début de la quarantaine. Cette dernière rencontre Alessandro Moretti, archéologue, veuf au début de la soixantaine, lors d’un colloque à Tunis. Ils tombent amoureux. Ce n’est pas d’un amour de vacances dont il est question dans cette histoire, ni d’une aventure d’un soir. C’est l’Amour avec un grand A. Celui qui bouscule le quotidien, celui qui donne des ailes, celui qui permet de s’ouvrir à un ailleurs pour trouver un sens à sa vie.

Anne a choisi le métier d’architecte pour être en contrôle,  pour tout calculer, pour bâtir sur du solide. Sa rencontre avec Alessandro l’amène à se positionner dans sa quête du bonheur et elle prend le risque de l’amour. En pleine crise de la quarantaine, Anne avant d’aller s’établir à Rome auprès de l’homme qu’elle aime, devra chasser la colère qui l’habite par rapport à son père, accepter de connaître son demi-frère, enterrer ses morts…

Ce que j’aime d’Anne, c’est sa vulnérabilité. L’auteur amène le lecteur dans des sphères très intimes du personnage à travers la description de ses sentiments.

L’épreuve du corps. J’ai peur moi aussi Alessandro. Chaque première fois. Une ancienne terreur, sourde, qui monte du fond du ventre, chaque fois l’angoisse devant un exploit trop grand pour les humains que nous sommes. Vous ne serez qu’une seule chair. Il faut endormir la peur. On invente des scénarios, on se crée un corps qui cache le corps, une peau semblable à l’image de l’amour convenable, on cherche des bijoux, des jarretelles, on accentue la ligne des seins, on se maquille, on se distrait. Alors, on est rassurée. On se sent libre, légère, on accepte le commencement sans penser à la fin, on ne voit pas son corps comme celui d’un grand oiseau qui se replie dans le mouvement de sa chute. On ne voit pas qu’on est une chute, le vertige d’une chute infinie dans l’abîme. (p. 52)

D’ailleurs, comme vous pouvez le remarquer, le récit est rédigé au je. Donc, l’identification à Anne se fait facilement. Le lecteur la trouve attachante. Il questionne avec elle Alessandro dans un dialogue intérieur, il est témoin de ses cauchemars, de ses angoisses, de son vertige.

Vous volez en ce moment, Alessandro. Vous défiez la mer, hérissée au bout de ses pointes, elle tempête, elle menace, mais vous ne vous laisserez pas engloutir. Vous arriverez jusqu’à moi avec votre nudité. Je vous réchaufferai, je vous caresserai, je vous recouvrirai avec la lenteur de mon corps. L’amour. (p. 52)

Anne s’avère très vulnérable, mais elle va puiser dans ce nouvel amour la force pour s’assumer dans son droit d’être heureuse. Elle part vivre avec Alessandro à Rome et laisse derrière elle son bureau d’architecte. J’admire sa force. À cet égard, lorsqu’elle annonce à sa mère qu’elle s’en va un an à Rome, elle lui mentionne :

On pouvait partir et revenir sans que la catastrophe vienne chaque fois se mirer dans le train des mots. J’ai tout dit, le besoin d’aimer et d’être aimée, le besoin de croire, l’envie de la vie vécue. J’ai dit les choses comme on le fait quand une fenêtre s’ouvre, que tout à coup on peut voir jusqu’à l’amour heureux, celui qui nous tire du côté de la lumière. (p. 192)

Donc, je suis bien contente d’avoir lu ce roman d’amour pour le défi littéraire 2016 Lire un livre québécois par mois. Je tiens aussi à dire que Ch. B., qui a également un blogue, m’a accompagnée durant les quelques jours de cette lecture. Je le remercie.

La Voie lactée, c’est aussi le nom donné au chemin de Compostelle… Comme quoi, il importe de suivre son étoile et de se laisser guider sur le sentier de la vie par elle…

Aimez-vous les histoires où les personnages, en pleine crise existentielle,  décident de tout abandonner pour vivre leur passion?

Bien à vous,

Madame lit

Dupré, Louise. (2001). La Voie lactée, Montréal, XYZ, coll. Romanichels,  199 p.