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Hongrie-Hollywood_expressChère lectrice, Cher lecteur,

Hongrie-Hollywood Express, premier tome de la trilogie 1984 d’Éric Plamondon, retrace la vie de Johnny Weissmuller. Par le biais du narrateur, Gabriel Rivages, nous apprenons que Weissmuller est né en Hongrie en 1904 et qu’il est mort à Acapulco en 1984. Le narrateur nous entraîne dans l’ascension de Weissmuller, mais aussi dans sa chute. Il nous relate l’arrivée de Weissmuller en Amérique, il aborde son enfance et le développement de sa passion pour la natation liée à une condition physique. Il nous parle des cinq mariages ratés de ce dernier et il décrit le parcours du médaillé olympique qui deviendra le premier Tarzan parlant à l’écran. Rivages nous peint le portrait d’un homme adulé, qui a battu tous les records de natation de son temps, qui a gagné 5 médailles olympiques, mais qui a terminé sa vie dans l’oubli, dans la déchéance. Nous apprenons qu’il s’est fait flouer par ses comptables, qu’il a fini sa carrière à Las Vegas comme placier au Caesar Palace.

Le narrateur nous brosse le tableau d’une drôle d’Amérique. Quel sort réserve-t-on à un athlète magnifique? Est-ce que ce fils d’immigrants venus s’établir sur la Terre promise avait une chance? Après avoir remporté tous les titres, Weissmuller partira à la conquête du nouveau Far West, Hollywood, où il constatera, malheureusement, que l’homme est un loup pour l’homme.

La famille de Weissmuller a immigré aux États-Unis au début du vingtième siècle, comme tant d’autres. Elle a passé devant la statut de la liberté en bateau. Il est d’ailleurs gravé sur le socle de cette dernière :

Donnez-moi vos pauvres, vos exténués
Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres,
Le rebut de vos rivages surpeuplés,
Envoyez-les moi, les déshérités que la tempête
m’apporte,
De ma lumière, j’éclaire la porte d’or!

Le nouveau colosse, 1883 (p. 34)

Weissmuller a été une fierté nationale, un héros. Le narrateur trace le portrait d’un homme qui incarne à lui seul le rêve américain dans toute sa splendeur et dans toute sa misère.

Le narrateur rapporte les dires de Mark Goodman :

Mark Goodman a dit de l’histoire de Weissmuller qu’elle devrait être lue par toute personne désirant faire carrière dans le cinéma. C’est le parfait manuel de tout ce qu’il faut éviter pour ne pas être totalement exploité puis jeté comme une vieille chaussette. Goodman est l’un des cinq premiers VJ de MTV. C’est lui qui lança la chaîne de 1981 en présentant Video Killed the Radio Star par the Buggles.

Johnny Weissmuller est né János, si on intervertit les voyelles, ça fait Jonas. Pour un champion de natation, finir dans un ventre de baleine, moi je dis que c’est moyen. (p. 153) 

Ce roman offre 90 petits chapitres fragmentés sans ordre chronologique présentant divers points de vue, un peu à l’image de cette Amérique éclatée dans son identité.

J’ai adoré l’écriture de Plamondon tantôt lyrique, tantôt ironique. Je me suis sentie triste pour cette légende, ce grand nageur… Toutefois, je remercie Plamondon de le mettre en scène, le temps d’un récit.

Plamondon a reçu de bonnes critiques pour ce premier tome. Je vous invite à consulter celle parue dans Le Figaro  «Tarzan héros postmoderne».

Je ne peux que vous encourager à découvrir, comme moi, cette grande légende américaine et à aller à la rencontre de la plume de Plamondon. Vous allez apprécier…

Connaissiez-vous l’histoire de Weissmuller? Aviez-vous entendu parler de ce roman?

Bien à vous,

Madame lit

Plamondon, Éric (2011). Hongrie-Hollywood Express, Montréal, Le Quartanier, 164 p.