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Woolf_V.

Chère lectrice, Cher lecteur,

Aujourd’hui, c’est le 134ième anniversaire de naissance d’une écrivaine que j’aime beaucoup, Virginia Woolf. Pour souligner cet évènement, je vous présente une citation tirée de La Traversée des apparences.

Jamais encore il n’avait compris que sous la moindre action, sous toute l’existence quotidienne, la souffrance est tapie, au repos, mais déjà prête à mordre. Il croyait la voir, pareille à une flamme, se recourber en volutes au bord de chacun de nos actes, consumer peu à peu les vies d’hommes et de femmes. Pour la première fois des mots qui lui avaient toujours paru creux prirent un sens : lutte pour la vie, dureté de la vie. Maintenant il savait par lui-même que la vie est dure et remplie de souffrance. […] Comment avaient-ils le courage de s’aimer? Comment lui-même avait-il osé vivre avec tant de hâte et d’insouciance, courir d’un objet à l’autre, aimer Rachel à ce point? Jamais plus il n’éprouverait un sentiment de sécurité, une impression de stabilité dans la vie. Jamais il n’oublierait les abîmes de souffrance à peine recouverts par les maigres bonheurs, les satisfactions, la tranquillité apparente. Jetant un regard en arrière, il se dit qu’à aucun moment leur bonheur n’avait égalé sa souffrance présente. Il avait toujours manqué quelque chose à ce bonheur, quelque chose qu’ils souhaitaient mais qu’ils n’arrivaient pas à atteindre. Cela restait fragmentaire, incomplet, parce qu’ils étaient trop jeunes et ne savaient ce qu’ils faisaient. (p. 429-430)
[…]
-Jamais il n’y eut deux êtres aussi heureux que nous l’avons été. Nul n’a jamais aimé comme nous avons aimé. (p. 439)

J’espère que vous aurez apprécié ce petit clin d’œil à cette écrivaine britannique.

Aimez-vous les romans de Virginia Woolf?

Bien à vous,

Madame lit

Woolf, Virginia. (1985). La Traversée des apparences, Paris, GF Flammarion, 474p.