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Chère lectrice, Cher lecteur,

Aimez-vous rencontrer des écrivains, des poètes, des dramaturges?

De mon côté, il fut un temps où j’aimais beaucoup participer à divers événements littéraires pour discuter avec des artistes afin d’en apprendre davantage sur leur processus de création ou pour tout simplement me présenter. Les mots de ces derniers m’accompagnent au fil du temps. En ce sens, les créateurs occupent une place de choix dans mon imaginaire. De surcroît, ces rencontres peuvent changer une vie par leur puissance, leur résonnance et leur intensité.

J’aimerais vous parler de ma rencontre avec un grand poète québécois Gaston Miron. Avez-vous déjà lu ses poèmes? Dans le cadre d’un cours à l’Université Laval, j’ai eu le privilège d’entendre Gaston Miron réciter ses poèmes. Ce moment a été assez bouleversant. Non seulement Gaston Miron avait une prestance assez impressionnante, mais il était un orateur exceptionnel. Il possédait un charisme extraordinaire. Il s’est même accompagné de cuillères pour accentuer le rythme. Quel moment pour l’étudiante que j’étais! Encore aujourd’hui, je le revois, je l’entends avec sa voix forte et je me remémore des anecdotes qu’il nous a racontées. Il nous parlait de notre pays, de nos écrivains, de ses amis artistes, de ses amours, de l’engagement par rapport au pays, à l’autre, à soi… C’était un poète généreux, un batailleur, un homme de chez-nous.
Pour vous faire découvrir les mots de ce grand poète, je vous présente un extrait de «La marche à l’amour». Je ne le cite pas en entier car il a 4 pages… Donc, voici la dernière strophe.

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches du vent sans queue et sans tête
je n’ai plus de visage pour l’amour
je n’ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m’assois par pitié de moi
j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles de souvenirs perdus
je n’attends pas à demain je t’attends
je n’attends pas la fin du monde je t’attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

L’homme rapaillé de Gaston Miron détient une place bien spéciale dans ma bibliothèque. J’aime parfois dans la solitude prendre ce recueil pour lire les poèmes qui décrivent mon pays, qui parlent à mon cœur et qui me permettent de côtoyer la beauté…

Je vous conseille de découvrir ce magnifique poème qu’est «La marche à l’amour». Si vous désirez en apprendre davantage, vous pouvez aussi plonger dans L’homme rapaillé. Vous ne serez pas déçus..Il mérite certainement qu’on s’y attarde…
Aussi, je vous présente le petit mot que Gaston Miron a gentiment écrit dans mon recueil.

Que pensez-vous de l’extrait cité?

Bien à vous,

Madame lit

Référence :

MIRON, Gaston, L’homme rapaillé, François Masperon, Alençon (Orne), 1981, 173 p.

Dédicace-Miron