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Chère lectrice, cher lecteur,

L’amour aux temps du choléra est paru en 1985 trois ans après que son auteur, Gabriel Garcia Marquez ait remporté le prix Nobel de littérature. J’ai terminé hier ce roman. Comme j’ai mentionné dans mon À propos, je lis surtout des romans où le thème de l’amour domine. Je peux vous affirmer que ce récit décrit l’amour sous toutes ses formes. La lectrice que je suis est comblée par toute la beauté qui s’exprime à travers les sentiments des personnages et surtout par le romantisme exacerbé qui anime l’âme de Florentino Ariza. Ce dernier est sans aucun doute un des personnages les plus amoureux qu’il m’ait été donné de rencontrer au fil de mes lectures. Tout d’abord,  le lecteur est témoin d’un amour idéalisé entre Florentino Ariza et Fermina Daza à la fin du XIXe siècle dans les Caraïbes. Pour ce faire, les deux jeunes s’échangent des lettres durant 3 ans. Leur correspondance est belle, naïve, empreinte de promesses, de découvertes, d’interdit. Toutefois, Fermina Daza décide de repousser et de rompre avec Florentino Ariza car elle écoute la voix de la raison, celle de son père.

 Elle se retourna et vit, à deux centimètres de ses yeux les autres yeux de glace, le visage livide, les lèvres pétrifiées par la peur, tel qu’elle les avait vus dans la bousculade de la messe de minuit la première fois qu’il s’était retrouvé près d’elle, et à la différence d’alors elle n’éprouva pas l’envoûtement de l’amour mais l’abîme du désenchantement. En l’espace d’une seconde elle eut la révélation de la magnitude de sa propre erreur et se demanda atterrée comment elle avait pu réchauffer pendant si longtemps et avec tant de sacrifices une telle chimère dans son cœur. (p. 118)

Florentino Ariza tombe alors malade d’amour et il jure de l’aimer éternellement. Il lui faudra attendre très longtemps pour lui réaffirmer ses sentiments. Comme le mentionne le narrateur :

 Florentino Ariza n’eut plus jamais l’occasion de voir Fermina Daza seule, ni de lui parler tête à tête lors des nombreuses rencontres de leurs très longues vies, jusqu’à cinquante et un ans, neuf mois et quatre jours plus tard, lorsque au premier soir de son veuvage il lui renouvela son serment de fidélité éternelle et son amour à jamais. (p. 119)

Après avoir rompu avec Florentino Ariza, Fermina Daza accepte d’épouser le convoité docteur Juvenal Urbino. Elle assume alors le rôle que lui impose la société. Elle devient au fil du temps mère, puis grand-mère. Le lecteur comprend qu’elle apprend à aimer raisonnablement son époux.

 Ils venaient de célébrer leurs noces d’or et ne savaient vivre un seul instant l’un sans l’autre ou sans penser l’un à l’autre, et le savaient d’autant moins que la vieillesse s’intensifiait. Ni lui ni elle ne pouvaient dire si cette servitude réciproque était fondée sur l’amour ou sur le confort, mais ils ne s’étaient jamais posé la question du fond de leur cœur parce que tous deux depuis toujours avaient préféré ignorer la réponse. (p.37)

Durant les années de mariage de Fermina Daza, Florentino Ariza continue de l’aimer en silence. Il va réussir professionnellement et il aura de nombreuses maîtresses pour occuper son temps.

Puis, les deux septuagénaires vont s’octroyer le droit de s’aimer envers et contre tous et ils décident d’écouter la voix de leur cœur. Ils finissent par réaliser que seul le bonheur d’être ensemble leur suffit.

Cette histoire est tout simplement sublime. J’ai été charmée par le talent de conteur de Gabriel Garcia Marquez. Ce dernier sait comme nul autre parler des sentiments et il nous amène à nous questionner sur le sens de la vie dans notre rapport à l’autre. En ce sens, Fermina Daza, en tenant la main de Florentino Ariza, à la fin du roman, nous bouscule dans notre raisonnement.

  Fermina Daza cessa de fumer pour ne pas lâcher la main qui tenait la sienne. Le besoin de comprendre l’absorbait tout entière. Elle ne pouvait concevoir meilleur mari que celui qui avait été le sien, et cependant l’évocation de sa vie était, plus que d’affection, parsemée d’obstacles, d’incompréhensions réciproques, de querelles inutiles, de rancoeurs mal dissipées. Elle soupira soudain : «Non d’un chien, comment peut-on être aussi heureuse pendant tant d’années, au milieu de tant de coups durs, de tant de disputes, sans savoir si c’est ça l’amour». (p. 358)

Je tiens à remercier tout particulièrement M. Hervé Bourgois de m’avoir recommandé ce roman. Je devais le lire car je crois qu’il révèle l’Amour avec un grand A. D’ailleurs, j’ai savouré chaque phrase de ce récit et j’ai pris mon temps pour m’imbiber de  cette histoire inoubliable…Je vous la recommande si vous êtes, comme moi, une ou un adepte de belles histoires d’amour…Vous allez, j’en suis certaine, vous laisser porter par un rêve, celui d’être autant aimé…

Bien à vous,

Madame lit

Référence :

GARCIA MARQUEZ, Gabriel. L’amour aux temps du choléra, Paris, Bernard Grasset, 1985, 378 p.