Mots-clefs

,

Collier rougeChère lectrice, cher lecteur,

 Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin est un bref roman ayant comme thème principal, la fidélité. Le lecteur se retrouve en 1919, dans un petit village français, Berry, et il est témoin d’un interrogatoire qui se déroule dans la prison. Jacques Morlac, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, décoré de la Légion d’honneur, doit répondre aux questions du juge Hughes Lanthier du Grez qui est responsable d’évaluer l’acte qu’il a commis contre la nation. Que s’est-il passé? Le juge tente bien que mal de trouver un sens à l’acte de Morlac. Il cherche à amener l’homme à s’excuser afin qu’il soit libéré avant son procès. Le lecteur, au fil des pages, en apprend davantage sur les valeurs des deux hommes et surtout, sur leur perception de la fidélité. Tout au long des discussions qui se déroulent durant quelques jours, le chien de Morlac, prénommé Guillaume, aboie jour et nuit en guise de témoignage de fidélité envers son maître. Guillaume a accompagné Morlac dans les tranchées, sur les bateaux, sur les routes. Il a été lui aussi blessé sur les champs de bataille et il a été témoin des atrocités de la guerre. Dans ce roman, il y a également une histoire d’amour entre Morlac et une jeune femme, Valentine, et cette dernière s’avère également marquée par le thème de la fidélité.

J’ai aimé ce récit car j’ai une chienne et je trouve que la relation entre un chien et son maître est bien particulière. J’ai ressenti beaucoup de tendresse et de compassion pour le pauvre chien abîmé par la guerre dont la fidélité envers son maître a été prouvée à maintes reprises. Rufin mentionne sur la relation des hommes et des bêtes :

 Lanthier songea que la compagnie des chiens était la seule présence qui ne trouble pas la solitude. Il pensa à Guillaume et se dit que, dans son malheur, Morlac avait eu bien de la chance d’être accompagné sans cesse par cette bête. Et il lui en voulut d’en être si peu reconnaissant (p. 138).

Je ne le dirai jamais assez mais l’écriture de Rufin est belle, poétique. Les sentiments qui animent l’âme de ses personnages sont justes et empreints d‘humanité, de vérité. Morlac est un jeune paysan instruit qui a lu Marx, Proudhon et Kropotkine mais il se rend compte de son impuissance à changer les choses et surtout, il est conscient plus que jamais de l’absurdité de la guerre. Il est également un père de famille, amoureux de la mère de son fils. Entre honneur et amour, ce livre s’avère magnifique dans sa dualité. Le lecteur devient captif de ce récit bien ficelé. J’ai été un peu surprise par la fin; je ne m’y attendais pas. Je vous le recommande sans hésitation. Bonne lecture!

RUFIN, Jean-Christophe. Le collier rouge, Paris, Gallimard, 2014, 155 p.