Madame lit L’impureté de Larry Tremblay

Étiquettes

impurete

Chère lectrice, Cher lecteur,

Alors que ma lecture de L’orangeraie de Larry Tremblay avait été un véritable coup de cœur, je dois dire d’emblée que L’impureté a plutôt été une lecture coup de poing! Quel coup de poing! La lectrice que je suis est encore sonnée!

C’est un récit qui se construit sous le principe de la poupée russe. Sitôt nous ouvrons une poupée, sitôt une autre semble se profiler… Cette histoire est enivrante, déroutante et elle nous transporte dans un jeu textuel puissant…

Que raconte L’impureté?

Il s’avère difficile de résumer ce bouquin sans trop dévoiler l’intrigue… Ce dernier parle d’Antoine, un professeur de philosophie qui a un cœur aussi sombre, aussi froid que le Saguenay… Il vient de perdre sa femme Alice, une célèbre écrivaine, dans un tragique accident. Cette dernière avant de mourir a laissé un roman à son éditeur, Un cœur pur, qui sera publié posthume. Ce livre se retrouve entre les mains d’Antoine et il l’entraîne dans les profondeurs de son âme à travers diverses époques de sa vie car Antoine réalise rapidement que sa femme parle de lui au fil des pages, qu’elle couche sur le papier ses impressions et qu’elle décrit les relations qu’il entretenait avec ses amis, ses petites amies ou encore son fils. Qu’est-ce qui attend Antoine à la fin du récit?

Je ne veux pas vous décrire plus ce roman car je préfère que vous découvriez l’intrigue. Je dois toutefois admettre que la trame narrative de ce dernier est tout simplement sublime. L’auteur joue avec brio avec les retours en arrière, crée des mises en abîmes magnifiques et il nous parle à la fois de cœurs purs et impurs… Comme le mentionne Philippe un personnage d’Alice abordant le concept de la pureté :

Je te parle de la pureté du cœur. Une force qu’on ne peut pas expliquer, qui se retrouve en chacun de nous mais que très peu d’entre nous utilisent. Un amour détaché de tout désir : c’est ça, pour moi, la pureté du cœur. (p. 65)

Aussi, l’éditeur d’Alice soulève à propos du roman de la défunte :

Un roman sur la pureté de l’amour quand il est aussi jeune que l’aube. La mort d’Alice Livingston fait de cette œuvre posthume un véritable testament. (p. 132)

Mais encore, Larry Tremblay révèle dans une entrevue accordée  à l’émission Plus on est de fous plus on lit qu’il aime explorer dans ses univers romanesques la définition de l’être humain.

« Ce n’est pas toujours drôle un être humain. J’aime bien gratter, creuser. Le titre indique qu’on travaille dans les valeurs morales, entre le bien et le mal, et le plaisir qu’on a à faire du mal. La question du mal, elle traverse toute mon œuvre. Ça me hante, parce que c’est une des plus grandes questions de la philosophie. »

Avec un personnage professeur de philosophie, l’auteur offre des réflexions sur l’existentialisme, sur les concepts de Platon, etc.  pour explorer la dualité pureté-impureté chez ses personnages.

Alors, entrer de ce court récit de 156 pages, c’est accompagner Antoine dans les méandres de son existence et découvrir avec lui que « mourir ce n’est pas disparaître, c’est apparaître ailleurs».  Il faut aller à la rencontre d’Antoine pour le détester l’espace de ce récit…

Je tiens à remercier les Éditions Alto pour cet envoi en service de presse. Je crois que ce roman va certainement marquer la rentrée littéraire québécoise!

Je ne peux que vous encourager à lire cette histoire pour vous laisser surprendre par la plume de Larry Tremblay, pour vous laisser piéger par elle car je dois admettre que j’ai été totalement fourvoyée… Un pur plaisir de lecture dans toute cette impureté!

Bien à vous,

Madame lit

Tremblay, L. (2016). L’impureté. Québec : Alto.

Tremblay, L. (2016, 8 septembre). Une leçon de lucidité avec l’auteur Larry Tremblay. Plus on est de fous plus on lit. Récupéré de http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/saison-2016-2017/segments/entrevue/8633/grande-entrevue-larry-tremblay-limpurete-lorangeraie

Madame lit une citation pour le 25 septembre!

john

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme mentionné dans mon précédent billet, le 25 septembre a été désigné officiellement comme étant la Journée des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens. Alors, comme citation du dimanche, il fallait bien que je vous en présente une tirée d’un livre franco-ontarien. À cet égard, pour souligner le combat mené par les hommes et les femmes de l’Ontario pour permettre aux jeunes d’avoir une éducation en français, les auteurs Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé ont écrit John et le Règlement 17. Le Règlement 17 remonte au 25 juin 1912 et le ministère de l’Éducation de l’Ontario l’avait institué pour limiter l’enseignement en français dans les écoles…

Voici une belle citation tributaire de ce récit franco-ontarien fort intéressant :

Le 25 novembre 1916

Mon cher Louis,

[…]Quand j’ai accepté le poste à la nouvelle École du Sacré-Cœur, je savais que ce serait difficile, mais les gens autour de moi ont fait tellement de sacrifices pour que leurs enfants aient droit à l’enseignement en français, que je ne pouvais pas les laisser tomber. On comptait sur moi. Tous ces petits enfants catholiques et français ont besoin de moi. Je me suis donc résignée, sachant que cela mènerait probablement à la fin de notre relation. Comme je suis désolée! Heureusement que leurs marques d’estime et leurs témoignages de reconnaissance sont un baume. Si Dieu a tracé ce chemin pour moi, c’est que l’enseignement est ma vocation, mon devoir, mon destin. (p. 223).

N’hésitez pas à plonger dans ce récit identitaire qui raconte une page importante de l’Ontario français : la lutte pour l’enseignement en français.

De surcroit, je vous encourage à aller visiter le catalogue de la maison d’édition David qui fait tant pour le rayonnement de la culture francophone en Ontario.

Avez-vous apprécié cette petite aventure historique?

Bien à vous,

Madame lit

Larocque, J.C. et Sauvé, D. (2014). John et le règlement 17. Ottawa : David.

Madame lit un événement franco-ontarien

Étiquettes

25_septembre

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme je vis en Ontario, je tiens à vous partager l’événement «le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien». Le 25 septembre est associé à la première levée du drapeau franco-ontarien à Sudbury et cette journée a été désignée officiellement la Journée des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Les Québécois ont leur «12 août, j’achète un livre québécois» et les Franco-Ontariens ont voulu également faire rayonner leur littérature en créant cet événement. Ce dernier se retrouve aussi sur les médias sociaux comme Facebook et Twitter. Une page Facebook a d’ailleurs été créée pour inviter les internautes à participer et à afficher leur achat.

Mais encore, le RECF (regroupement des éditeurs canadiens-français) a préparé une liste de suggestions de livres pour cette journée. Vous pouvez cliquer sur le titre de l’article pour accéder à la page Web : Une sélection de livres pour célébrer le Jour des Franco-Ontariens. Vous aurez une bien intéressante brochette de bouquins!

Aussi, nous pouvons lire sur ce site l’information suivante :

Chaque année depuis 2010, ce jour est dédié à la reconnaissance de la contribution des Franco-Ontariens à la vie culturelle, historique, sociale, économique et politique de la province. En effet, ils représentent la plus importante communauté francophone hors Québec, avec une population de près de 600 000 personnes.

Alors, le 25 septembre, n’hésitez pas à vous procurer un livre franco-ontarien pour contribuer au rayonnement de cette culture francophone hors Québec…

Bonne lecture!

Connaissiez-vous cet événement?

Bien à vous,

Madame lit

RECF. Une sélection de livres pour célébrer le Jour des Franco-Ontariens. Récupéré de http://avoslivres.ca/selection-titres-franco-ontariens/

Madame lit un billet sur Lemieux et des classiques

Étiquettes

Chère lectrice, Cher lecteur,

Anne Hébert a dit de la peinture de Jean-Paul Lemieux :

L’œuvre de Jean-Paul Lemieux, si particulière et personnelle qu’elle soit, n’en demeure pas moins la meilleure introduction, la plus précise, la plus exacte, la plus rêveuse et la plus poétique à notre pays, immense et désert, habité, de-ci, de-là par des créatures éprouvant la vie et la mort, dans l’étonnement des premiers jours du monde. Le cœur mis à nu, sans faute, dans son évidence. (L’univers de Jean-Paul Lemieux, p. 13).

Je tiens à vous présenter quelques illustrations de Jean-Paul Lemieux car ce dernier a marqué le monde de la peinture québécoise. Ses toiles ou ses illustrations sont peuplées de paysages, de personnages surgissant pour nous observer, nous sourire, nous parler de la vie invisible ou visible… Aucun peintre d’ici ne me touche plus que lui. Il murmure à mon cœur avec ses personnages vrais, humains dont le regard me hante…Et que dire de ces paysages de neige? Ils représentent ce que nous apercevons ici…l’infini de la blancheur…

À cet égard, Jean-Paul Lemieux a illustré quelques romans québécois. Je veux vous parler surtout de ses illustrations de grands classiques : Maria Chapdelaine de Louis Hémon et La Petite Poule d’Eau de Gabrielle Roy. Lemieux a révélé dans un article du Washington Post :

Au cours de ma vie j’ai eu cette chance heureuse de lire trois romans inoubliables du Canada français. Le premier fut Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Le deuxième, Le Survenant de Germaine Guèvremont. Le troisième, la plus récente des publications et méritant d’appartenir à cette catégorie, est La Petite Poule d’Eau de Gabrielle Roy. C’est un livre précieux et très beau, écrit par une romancière qui a le bonheur d’appartenir à une culture de la tradition et de motivation. Parce qu’en dépit de leurs limites intellectuelles, il n’y a que ces sociétés bien transparentes qui produisent des classiques.

Marcel Dubé, grand dramaturge québécois, a mentionné dans son livre Jean-Paul Lemieux et le livre :

Lemieux est le peintre des climats, de la sensibilité, de la solitude, du silence, des espaces infinis. Il est préoccupé par le destin de l’Homme sur la Terre et par la dissolution implacable de la Vie par le Temps. En ce sens, ses thèmes s’apparentent à ceux de beaucoup d’écrivains et de poètes. (Jean-Paul Lemieux et le livre, p. 7).

Ainsi, je trouvais intéressant de vous parler de ces deux romans à travers le regard du peintre et du mien…

Maria Chapdelaine de Louis Hémon

Maria Chapdelaine de Louis Hémon est sans conteste un grand roman de la littérature québécoise. Il est étudié comme nul autre dans les universités québécoises. Il a été porté à l’écran, entre autres, par Gilles Carle avec une Carole Laure inoubliable. Ce récit publié en 1913 raconte l’histoire de Maria Chapdelaine, jeune femme de 18 ans, courtisée par trois hommes, dans une communauté de défricheurs dans la région du Lac Saint-Jean, au temps de la colonisation. Les amoureux de Maria Chapdelaine sont François Paradis, le coureur des bois, Lorenzo Surprenant, le rêve américain et Eutrope Gagnon, le colon. Avec qui la jeune femme liera-t-elle sa vie?

Jean-Paul Lemieux nous dévoile le portait d’une Maria fidèle à la description du roman de Louis Hémon. Voici comment le narrateur, à travers la perception de François Paradis, nous présente la jeune dame :

Sa jeunesse forte et saine, ses beaux cheveux drus, son cou brun de paysanne, la simplicité honnête de ses yeux et de ses gestes francs, sans doute pensa-t-il que toutes ces choses-là se trouvaient déjà dans la petite fille qu’elle était sept ans plus tôt, et c’est ce qui le fit secouer la tête deux ou trois fois comme pour dire qu’elle n’était vraiment pas changée. Seulement il se prit à penser en même temps que c’était lui qui avait dû changer, puisque maintenant sa vue lui poignait le cœur. (Maria Chapdelaine, p. 30).

maria_chapdelaine_bonne

Jean-Paul Lemieux dans son illustration de Maria Chapdelaine nous offre la vision d’une jeune femme au regard profond, aux joues rosies. Elle semble calme… C’est avant les mauvais jours, ceux qui transformeront son regard à tout jamais…. Elle est seule sur cette image, seule devant sa destinée dans ce paysage de neige, habillée sobrement. Elle semble avancer droite vers son destin dans cet univers où il faut survivre dans des conditions difficiles. Son regard semble nous parler de sa solitude…Elle porte le poids des voix du passé… pourtant, elle voudrait vivre autre chose…

Il lui semble que quelqu’un lui a chuchoté longtemps que le monde et la vie étaient des choses grises. La routine du travail journalier, coupée de plaisirs incomplets et passagers; les années qui s’écoulent, monotones, la rencontre d’un jeune homme tout pareil aux autres, dont la cour patiente et gaie finit par attendrir; le mariage, et puis une longue suite d’années presque semblables aux précédentes, dans une autre maison. C’est comme cela qu’on vit, a dit la voix. Ce n’est pas bien terrible et en tout cas il faut s’y soumettre; mais c’est uni, terne et froid comme un champ à l’automne. (Maria Chapdelaine, p. 69)

En ce sens, je trouve que Lemieux nous propose une Maria Chapdelaine fidèle au texte d’Hémon…

Si vous voulez découvrir un pilier de la littérature québécoise, je vous encourage à lire ce bouquin de Louis Hémon et à découvrir que :

Les paysans ne meurent point des chagrins d’amour ni n’en restent marqués tragiquement toute la vie. Ils sont trop près de la nature et perçoivent trop clairement la hiérarchie essentielle des choses qui comptent. C’est pour cela peut-être qu’ils évitent le plus souvent les grands mots pathétiques, qu’ils disent volontiers «amitié» pour «amour», «ennui» pour «douleur», afin de conserver aux peines et aux joies du cœur leur taille relative dans l’existence à côté de ces autres soucis d’une plus sincère importance qui concerne le travail journalier, la moisson, l’aisance future. (Maria Chapdelaine, p. 100).

La Petite Poule d’Eau de Gabrielle Roy

Entrer dans l’univers de La Petite Poule d’Eau de Gabrielle Roy, c’est aller à la rencontre de Luzina Tousignant et de sa famille. Les Tousignant vivent retirés du monde sur une île au Manitoba. À chaque année, Luzina entreprend un voyage et se rend au village le plus proche, Saint-Rose-du-Lac pour accoucher. Puis, elle revient sur l’île nommée La Petite Poule d’Eau. Luzina est une bonne mère et elle souhaite que ses enfants soient éduqués. Ainsi, elle décide de consacrer son énergie et ses ressources à la création d’une école. Au fil du temps, les institutrices défilent sur l’île pour ouvrir les portes du savoir à sa descendance…

Jean-Paul Lemieux a réussi avec tout le génie l’habitant à illustrer l’essence de ce roman en commençant par le titre. Comme le fait remarquer Marcel Dubé dans son essai :

Le coffret de l’album est orné d’une reproduction de l’illustration que l’on retrouve sur la première page de l’œuvre elle-même. La Petite Poule d’eau, dont c’est le titre, nous révèle enfin le plumage et la forme de l’oiseau captivant et sympathique qu’est dans la réalité la véritable poule d’eau.

Le dessin soigné, simple, dépouillé ne situe pas l’oiseau dans son habitat naturel. Le coloris, même foncé dans l’ensemble, est très doux à l’œil. L’oiseau donne l’impression d’avoir été sculpté par le peintre et de ne reposer que sur son ombre. Rien à voir ici avec les aquarelles presque parfaites des peintres spécialistes d’ornithologie. Tout en illustrant le titre du livre cette estampe délicate en révèle aussi le symbole. (Jean-Paul Lemieux et le livre, p. 28.)

petite-poule-eau_bonne

Gabrielle Roy parle beaucoup de cette poule d’eau durant cette histoire… Ce signifiant fait appel au nom de l’île, mais également aux cours d’eau et à l’oiseau… Lire ce récit, c’est pénétrer dans les paysages canadiens dans toute leur beauté.

Ces pays du Nord, de grêles et immenses forêts et de lacs aussi immenses, ces pays d’eau et de petits arbres ont, de tous, le plus capricieux des climats. Du jour au lendemain la glace fondit sur la route de Portage-des-Prés au ranch des Tousignant. Presque à vue d’œil la neige se mit à disparaître. On s’était attendu à un retour du froid, mais durant la nuit que Luzina passa au magasin, un vent du sud s’était élevé. Tiède, presque chaud, doux et humide, un grand vent d’espoir, il eût en tout temps réjoui le cœur de Luzina. Avec ce vent revenaient les sarcelles grises et rapides, le malard à col vert, l’oie sauvage au cri plaintif, les braves petites poules d’eau à jabot argenté, maintes espèces de canards, affairés et charmants, la grande tribu aquatique, compagne ineffable du printemps et de la confiance humaine en ces terres éloignées. (La Petite Poule d’Eau, p. 35).

En ce sens, comme Lemieux s’avère le peintre des paysages, du climat, je peux comprendre qu’il ait voulu illustrer ce sublime ouvrage de Gabrielle Roy qui s’avère un hommage à sa terre natale.

Mais encore, vous remarquerez l’image du train sur la page couverture du livre de Dubé. Cette illustration suggère une magnifique ligne horizontale où le dépouillement éclate pour laisser la place à un train fonçant sur son spectateur pour créer un effet déroutant oscillant entre le réel et l’irréel…

lemieux_livre-bonne

De plus, en illustrant La Traversée, Lemieux a pu encore une fois reproduire un paysage canadien en mettant en scène un traîneau avançant dans la neige vers l’horizon… Comme il est le peintre du climat et que le roman de Gabrielle Roy parle de cette traversée en hiver, Lemieux a su illustrer cet important moment dans le roman en provoquant un effet presque surnaturel…On dirait que les personnages avancent vers nulle part. Ainsi, Luzina doit se rendre au village pour accoucher. Elle le fera grâce au facteur et à son cheval. La neige et la plaine entourent les personnages et le cheval… Ils cheminent vers un but, atteindre le village pour l’accouchement, comme quoi, à l’époque de Luzina, on ne choisissait pas son moment pour donner naissance. Cette scène a permis au peintre d’exploiter un de ses thèmes de prédilection, l’homme et la neige. En ce sens, le facteur permet d’être le lien avec la vie.

la-traversee_bonne

Au loin, dans l’immense solitude uniforme, apparaissaient un cheval tout suant et, sur le siège d’un traîneau, une grosse boule de fourrure d’où émergeaient de tristes moustaches jaunes, le brouillard d’une haleine et, maintenu dans l’air, un fouet qui se balançait.
C’était le facteur. (La Petite Poule d’Eau, p. 21)

Je trouve ces illustrations d’une beauté extraordinaire… Elles permettent de rendre vivants les mots de l’écrivaine et de représenter la grandeur et la misère des gens d’ici à une époque où il fallait survivre dans cet univers de neige et de froidure…

Donc, je voulais vous présenter Jean—Paul Lemieux qui a illustré, entre autres, deux œuvres importantes de la littérature québécoise. J’espère vous avoir donné le goût d’en apprendre davantage sur ce peintre et de lire Maria Chapdelaine de Louis Hémon et La Petite Poule d’Eau de Gabrielle Roy.

Je tiens à remercier la maison d’édition Art Global de m’avoir accordé l’autorisation de publier sur ce blogue les reproductions des estampes de Lemieux et de m’avoir permis de citer Marcel Dubé.

Avez-vous apprécié cette petite incursion dans l’univers de Jean-Paul Lemieux?

Bien à vous,

Madame lit

Dubé, M. (1993). Marcel Dubé et le livre. Montréal : Art Global.
Hébert, A. (1996). Avant-propos de L’univers de Jean-Paul Lemieux. Montréal : Fidès.
Hémon, L. (2008). Maria Chapdelaine. Saint-Laurent : ERPI.
Roy, G. (1975). La Petite Poule d’Eau. Montréal : Beauchemin.

Madame lit une sublime citation sur l’écriture

Étiquettes

monde-flanc_truiteChère lectrice, Cher lecteur,

Comme citation aujourd’hui, permettez-moi de vous en présenter une sur l’écriture. Robert Lalonde, écrivain québécois, possède une plume lyrique, vraie et touchante. Sans plus tarder, voici ce que cet auteur mentionne dans Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire à propos de l’écriture.

J’écris pour VOIR, c’est bien sûr. Pour chasser les mauvais mystères de la nuit, pour faire du printemps un matin. J’écris pour naître, encore, toujours. Par l’attention neuve, m’absenter de moi, de ce fouillis de tentatives d’être dans un absolu qui vous émiette et vous éparpille comme le vent, ce matin, fait avec les vieilles feuilles, les vieilles tiges de l’an passé. Oui, ce désir de tout être et de tout avoir, l’ancienne maladie qui revient encore, de temps en temps, m’empoisonner, comme une odeur de marmotte pourrie parmi les bonnes senteurs de sèves et de la terre délivrée des neiges.
J’écris pour cesser de savoir et pour commencer d’apercevoir et de sentir. Dans le Y du bouleau, un nid est commencé. Sur la mousse, sous le sumac, les ombres des mûriers, compliquées comme des chevelures, s’emmêlent et se balancent. Elles parlent un langage indéchiffrable du cerveau, la nuit. J’écris pour me perdre et me retrouver. Dans l’effrayante surabondance du matin, ici, parmi les vieux deuils et les ardeurs nouvelles. (p. 11-12)

Est-ce que vous vous retrouvez à travers les mots de l’écrivain?

Bien à vous,

Madame lit

Lalonde, R. (1999).  Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire. Montréal : Boréal.

 

 

Madame lit le tag du narcissique

Étiquettes

40505846 - a woman embraces her image in the mirror

Jojo parle de Voltaire
Et Pierre de Casanova
Et moi moi qui suis resté le plus fier
Moi moi je parle encore de moi (Jacques Brel, Les Bourgeois.)

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme ce tag m’a fait sourire ce matin, alors j’ai répondu à l’appel de Goran du blog Des Films, des livres et autres.

Si vous suivez mon blog depuis un certain temps, vous devez commencer à me connaître un petit peu… Alors, pour le plaisir, voici mes réponses au tag!

  • Tous les articles que vous écrivez sont fabuleux, mais si vous deviez n’en garder qu’un lequel serait-ce ?
    Comme je me considère particulièrement brillante, cultivée, intéressante, il faut tout lire de moi! Mais, si j’avais un article qui me permettrait de remporter certainement le prix de la Proust du blog, et bien je gagnerais avec… Cliquez ici! N’est-il par merveilleux mon article?!  Avouez!!!
  • Votre blog est bien entendu le meilleur qui soit et aucun autre ne lui arrive à la cheville, mais si vous deviez n’en proposer qu’un autre lequel serait-ce ?
    Je ne lis pas les billets des autres… Je ne peux que parler de moi… de moi et de moi!
  • Vous arrive-t-il de suivre les conseils des autres blogueurs, ou bien seul votre avis compte ?
    Pourquoi devrais-je écouter les autres? Vraiment?
  • Vous est-il déjà arrivé de vous dire : « en voilà une belle critique qui n’est malheureusement pas de moi » ou alors, comme tout narcissique qui se respecte cette idée ne vous a même pas traversé l’esprit ?
    Je tombe parfois sur des articles d’autres blogueurs qui peuvent susciter mon intérêt, mais c’est tellement long de les lire… Je préfère relire mes articles… Que voulez-vous?
  • Avez-vous déjà googlisé le nom votre blog pour vérifier son pagerank? 
    Je sais d’une source crédible que google ne jure que par moi!
  • Possédez-vous un ex-libris ?
    J’attends toujours que l’on m’en offre un! Je le mérite tellement…
  • Parlez-vous de votre blog autour de vous ?
    Tout le temps!!!
  • Vous est-il déjà arrivé de vous dire que vos critiques sont meilleures que celles des professionnels ?
    Qu’est-ce qu’un professionnel? Ne le suis-je pas?
  • Vous souvenez-vous de la premières personne qui a commencé à participer à votre blog ?
    Non…
  • Vous est-il déjà arrivé d’acheter un livre simplement parce que l’auteur portait le même prénom ou bien le même nom que vous ?
    Non…

Merci de participer et de proposer ce tag créé par l’unique Goran à vos abonnés! Évidemment, je tag l’ensemble de mes abonnés.

Il importe se se rappeler que j’ai répondu à ces questions avec humour!

Au plaisir!

Madame lit

Madame lit L’Embellie

Étiquettes

,

Embellie

Embellie : Amélioration momentanée du temps, de l’état de la mer- Amélioration d’une situation. (Le Petit Robert). 

Chère lectrice, Cher lecteur,

L’Embellie d’Audur Ava Ólafsdóttir raconte l’histoire d’une jeune trentenaire islandaise qui est larguée par son mari, en novembre. Ce dernier a mis enceinte une autre et il sent qu’il n’a plus l’attention de sa femme qui de son côté le trompe parfois avec un client (elle exerce la profession d’écrivain public et elle livre ses écrits à domicile). La narratrice ne veut pas d’enfant car elle se dit qu’elle n’a pas la fibre maternelle et que les couples souvent se séparent après avoir eu un bébé. La narratrice parle onze langues mais elle a de la difficulté à exprimer ses émotions aux hommes. Elle se voit confier du jour au lendemain le fils sourd portant de grosses lunettes de sa meilleure amie. Elle décide de partir en vacances dans un petit village se trouvant à plusieurs kilomètres de son lieu de travail en compagnie de l’enfant sourd et presque aveugle. La narratrice et Tumi, le jeune garçon, développent une relation tendre, belle et ils apprennent à parler le même langage, celui de l’amour se tissant entre une femme et un enfant le temps d’un hiver islandais.

Le roman m’avait été recommandé par un abonné à mon blogue. Je dois admettre que j’ai beaucoup apprécié cette lecture… Pourquoi? Pour cette embellie sillonnant les pages de ce roman.

Tout d’abord, il y en a de la pluie, de l’eau dans cette histoire… Le climat et le paysage en sont imbibés. D’ailleurs, si l’on traduisait le titre original de l’islandais, ce dernier serait Pluie en novembre.

Dans tous le pays de nombreuses rivières sont en crue à la suite des pluies diluviennes qui tombent sans interruption depuis plus de deux semaines, commente le speaker aux informations du midi. Il y a de moins en moins de routes praticables, les rivières fangeuses s’en prennent aux piliers des ponts et il s’en faut de peu qu’ils soient fermés eux aussi. La route circulaire se trouve déjà coupée sur un segment d’une centaine de mètres; les eaux encerclent des fermes, des chevaux, des balles de foin, maints prés sont inondés et des habitants empêchés de rentrer chez eux d’une ferme à l’autre, les coupures de courant se généralisent […]

Je n’ai d’ailleurs qu’à plonger le regard à travers le pare-brise pour voir que le pays est à moitié sous l’eau, tout est littéralement à flot sur les étendues de sable. Je me suis lancée dans un agréable circuit autour du pays, dans le but de remettre ma vie en ordre, et voilà que le fil est déjà rompu. (p. 221-222).

L’eau s’infiltre partout… Une eau qui nettoie, qui libère, qui permet à la narratrice de voguer, de larguer les amarres et de renouer avec son identité, son enfance… Après toute cette eau, à la fin du roman, le lecteur assiste à une accalmie…

Ça doit être le signe magique de la naissance du jour le plus court de l’année. Juste avant midi, le monde soulève sa noire couverture et le soleil fait son entrée horizontale par la fenêtre, une mince strie rose, comme la ligne ténue entre les paupières d’une femme ensommeillée. (p. 346)

L’embellie, c’est cet apprivoisement de l’eau et de sa puissance, de cette nouvelle mise au monde… L’eau, c’est aussi le symbole du liquide amniotique, le lien entre la mère et l’enfant… d’où son importance dans cette histoire…

Mais encore, l’embellie, c’est aussi cette magnifique relation entre une femme qui croit qu’elle n’a pas la fibre maternelle et un petit garçon sourd, portant de grosses lunettes… Grâce à cet enfant, la narratrice à la fin du roman s’avère en paix avec l’amour qu’elle lui voue, avec sa fibre maternelle…Son embellie, c’est surtout cette réappropriation du langage de l’amour à travers une découverte, celle du rôle de maman….  Son amie lui mentionne au début :

-Le moment n’est-il pas venu pour la linguiste distinguée de se pencher sur l’aspect et la forme des mots, de voir à quoi ressemblent les concepts en trois dimensions, d’apprendre à fabriquer des mots avec le corps, sans la voix? (p. 137-138)

Et elle poursuit :

-Et puis sa compagnie te fera du bien. Tu verras, il va te changer. (p. 139).

Pour moi, la plus belle image du roman, c’est à la fin, l’enfant courant nu sur la plage, la narratrice le rattrapant, le portant sur ses épaules… Elle est pleinement en contact avec lui, elle prend soins du petit et ce dernier lui retourne totalement son affection…

Je cours après le petit, sentant les coquillages aigus et les froides lanières d’algues sous la plante de mes pieds; la vase gicle entre mes orteils, l’eau salée mouille mes chevilles. Je le rattrape dans un bac d’algues flottantes, le recouvre de mon pull-over, soulève le petit corps froid et le place à califourchon sur mes épaules. Il a du sable noir entre les doigts de pied. Il caresse le lobe de mes oreilles. Je jette un dernier coup d’œil à l’océan avant de repartir au pas de course. (p. 350).

Alors, cette femme était sourde d’une manière coupée de ses émotions et grâce à ce petit garçon, elle apprend un langage qui l’amène à une embellie dans sa propre vie.

De surcroît, j’ai aimé l’atmosphère du roman… les descriptions splendides de la nature islandaise, le lien avec les animaux, le rôle de la tireuse de cartes et le chemin de la narratrice dont le trajet est parsemé d’hommes jusqu’à sa rencontre avec le bon, celui avec qui elle aura envie d’aller quelque part…Un bouquin à lire…

Je vous présente également cette vidéo réalisée par M. Robert Benoit à partir des images filmées durant son voyage en Islande pour vous plonger encore plus dans l’ambiance du roman. Je le remercie pour cette dernière et pour son accompagnement au fil de la lecture.

 

Connaissiez-vous cette écrivaine islandaise? Avez-vous déjà lu un roman de cette dernière?

Bien à vous,

Madame lit

ÓLAFSDÓTTIR, A.A. (2004). L’Embellie, traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson. Paris : Zulma.

Madame lit un poème de Louise Dupré

Étiquettes

,

19055089 - a lady in a medieval gown sitting on a stone and reading a book

Chère lectrice, Cher lecteur,

J’aime beaucoup Louise Dupré en tant qu’écrivaine mais également en tant que poète. Alors, pour souligner sa poésie et l’été qui s’en va à petits pas, je vous présente un extrait débutant par [Et j’entre dans la chevelure défaite des jardins].J’aime cet extrait pour le songe, pour la douceur, pour le lien entre la nature, l’amour et la mort…

 

 

Et j’entre dans la chevelure défaite des jardins, le soir, avec ces lampes illuminant les saules et la paresse de l’air contre la rocaille, puisque tout dort, les enfants, les oiseaux des contes et leurs chants plus vastes que les images. Et je songe à l’amour pour retenir l’été entre mes jambes, je dis utopie en pensant liberté, cette longue patience égarant chaque fois la mélancolie sous des mots sans espoir auxquels je voudrai croire, jusque dans ma poussière éternelle.

Je vous convie également à cliquer sur [Et j’entre dans la chevelure défaite des jardins] et vous pourrez entendre Louise Dupré réciter ce poème. Vous aurez aussi accès à sa photo et à une courte biographie.

Avez-vous trouvé un charme à cet extrait?

Bien à vous,

Madame lit

Lyrikline. Louise Dupré-[Et j’entre dans la chevelure défaite des jardins…]. Récupéré de http://www.lyrikline.org/en/poems/et-jentre-dans-la-chevelure-defaite-des-jardins-4516#.V9Vq2Y-cHIU

Madame lit un billet abordant la littérature et la peinture

la_montagne_secreteChère lectrice, Cher lecteur,

Les écrivains ont influencé les peintres depuis des années. Nous n’avons qu’à penser aux scènes tributaires de l’Iliade et de l’Odyssée ou encore à celles de la Bible pour nous remémorer le lien.  À cet égard, les peintres nous ont permis de mieux nous représenter les éléments des trames narratives ou encore ils orientent notre vision d’un personnage. Nous pouvons nous rappeler la sublime chevelure d’Ophélie dans l’eau, la danse de Salomé ou encore la mort d’Emma Bovary.

Au Québec, nous avons la chance d’avoir un peintre qui a été imprégné des univers romanesques d’ici. Jean-Paul Lemieux, ami de Gabrielle Roy et d’Anne Hébert, admirateur du roman de Louis Hémon Maria Chapdelaine ou de celui de Germaine Guèvremont Le Survenant, a laissé des peintures magnifiques pour offrir sa vision des paysages décrits dans les romans qu’il aimait ou encore des personnages qui peuplaient ses livres préférés. Marcel Dubé de l’Académie Canadienne-Française et dramaturge a fait paraître Jean-Paul Lemieux et le livre afin d’aborder le lien entre le peintre et le roman.

Mais encore, Anne Hébert a mentionné à propos du travail de Lemieux :

Le cœur mis à nu, sans faute, dans son évidence irréfutable.

Le peintre lui a d’ailleurs donné une toile intitulée Kamouraska, inspirée par son récit portant le même nom. Cette peinture était mise en évidence dans le salon de l’écrivaine à Paris .

Donc, les personnalités du milieu littéraire québécois sont également amenées à commenter le travail des peintres… Il y a une complicité entre les domaines à travers le regard de l’un, la sensibilité de l’autre et entre les deux : la Vie…

En ce sens, aujourd’hui, je vous présente un diaporama basé sur quelques couvertures de la maison d’édition Boréal car cette dernière offre à son public beaucoup de reproductions de peintres. Il m’apparaissait intéressant de soulever ce lien afin que nous puissions observer comment les livres québécois ont des couvertures magnifiques témoignant de la richesse du patrimoine artistique de nos peintres. Ces couvertures portent le silence qui habite notre paysage, dévoilent les couleurs qui animent nos saisons, révèlent la splendeur de nos arbres. Ces dernières parlent de nos gens simples, ordinaires, parfois seuls dans cet univers de froidure et de chaleur… Dans ce diaporama, vous pourrez apercevoir des reproductions de Jean-Paul Lemieux, de René Richard, etc. Il est à noter que Jean-Paul Lemieux a passé beaucoup de temps dans Charlevoix, ma région, tout comme René Richard qui y est décédé…

Je tiens à remercier M. Robert Benoit, le créateur de ce diaporama.

Comment trouvez-vous ces couvertures?

Bien à vous,

Madame lit

Dubé, M. (1993). Jean-Paul Lemieux et le livre. Montréal : Art global.

 

 

 

 

Madame lit des citations pour la rentrée scolaire

Étiquettes

,

33951343 - old books and apple on school desk

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour beaucoup d’entre vous, septembre représente le mois de la rentrée scolaire! Que vous soyez un parent, un étudiant, un membre du personnel d’une institution ou un ancien professeur, septembre crée une féérie autour d’un contact particulier entre un professeur et ses étudiants. À cet égard, le 1er, j’ai eu le privilège de retrouver ma place devant des étudiantes et des étudiants. Et oui! Alors, pour souligner cette rentrée, je vous propose des extraits tirés de Ces enfants de ma vie de Gabrielle Roy. Avant de devenir une écrivaine, Gabrielle Roy a été une institutrice. Dans ce recueil de nouvelles qui lui a valu son troisième prix du Gouverneur général du Canada, Gabrielle Roy raconte des souvenirs en lien avec les enfants qui l’ont marquée.

  Souvent j’étais prête longtemps avant l’heure, le tableau couvert de modèles et de problèmes à résoudre. Alors je m’asseyais et la hâte me prenait de voir arriver mes élèves. Je ne quittais pas des yeux la petite montée solitaire de la route où je les verrais apparaître un par un ou en groupes qui dessineraient une frise légère au bas du ciel. Chaque fois j’en étais émue. Je voyais poindre ces minuscules silhouettes dans l’ampleur de la plaine vide et je ressentais profondément la vulnérabilité, la fragilité de l’enfance en ce monde, et que c’est pourtant sur ces frêles épaules que nous faisons porter le poids de nos espoirs déçus et de nos éternels recommencements.

Je pense que j’étais bouleversée aussi par le fait que de tous les coins ils fussent en route vers moi, somme toute une étrangère pour eux. Encore aujourd’hui m’émeut ce sentiment que l’on confie à quelqu’un que l’on ne connaît même pas, à une petite institutrice sans expérience, fraîchement sortie de l’École normale comme c’était mon cas, ce qu’il y a sur la terre de plus neuf, de plus délicat, de plus facile aussi à briser. (p. 94-95)

Enfants_vie

Ma classe marchait si bien avant qu’il (Médéric) n’arrive, pourquoi, me demandai-je, avait-il fallu que j’hérite de ce phénomène. J’essayai deux ou trois fois de n’en faire aucun cas, de l’abandonner, puisque c’était ce qu’il voulait, à son ignorance, à son oisiveté, mais ce fut bientôt plus fort que moi, je fus reprise par la frénésie de le faire avancer coûte que coûte. Telle était alors ma fièvre, impérieuse comme l’amour, en fait c’était de l’amour, ce passionné besoin que j’eus toute ma vie, que j’ai encore de lutter pour obtenir le meilleur de chacun. (p. 139)

Je vous souhaite de toujours apprendre, de donner le goût de la connaissance aux autres et de découvrir comment lutter pour obtenir le meilleur de chacun….

Bien à vous,

Madame lit

Roy, G. (1977). Ces enfants de ma vie. Montréal : Stanké.