Une écrivaine ou un écrivain par mois : Homère

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Présentation_une écrivaine ou un écrivain par mois_Homère!

Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme je quitte le Canada dans quelques jours pour me rendre en Grèce, permettez-moi de vous parler d’un auteur qui a fortement marqué mon imaginaire : Homère. Je suis convaincue de ne pas être la seule. D’ailleurs, Balzac a mentionné à propos de ce dernier : « Doter son pays d’un Homère, n’est-ce pas usurper sur Dieu ? ». En ce qui me concerne, lors de mes études en littérature, j’ai eu l’immense privilège de suivre un cours sur L’Iliade et l’Odyssée donné par M. Jacques Desautels. M. Desautels possédait un doctorat en littérature grecque et il a été doyen de la Faculté des lettres de l’Université Laval. Il est également l’auteur des livres suivants :

  • Dieux et mythes de la Grèce ancienne
  • Le Quatrième roi mage
  • La dame de Chypre
  • Rue des Érables

En un semestre, je devais lire les deux tomes en plus de tous les livres des autres cours… Il fallait vraiment que je sois passionnée par le domaine des lettres ! Mais quel apprentissage ! Quelle chance d’avoir eu M. Desautels comme professeur. Aujourd’hui, je repense à ces heures passées en classe et je réalise à quel point j’ai reçu un enseignement de qualité.

Que représentent L’Iliade et l’Odyssée pour Madame lit ?

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Tout d’abord, j’ai toujours été passionnée par la mythologie gréco-romaine, par les histoires des dieux et des déesses et de leur impact sur les mortels… Donc, lorsque j’ai eu la possibilité de m’inscrire à un cours sur L’Iliade et l’Odyssée, je n’ai pas hésité une minute. Sans ce cours, je ne crois pas que j’aurais eu le courage de me lancer dans cette lecture car les deux tomes sont assez volumineux, la structure est complexe et il y a beaucoup de noms et de lieux. Mais, avoir un expert pour me guider, pour m’embarquer sur un navire qui a traversé le temps, pour m’ouvrir à cet univers rempli d’aventures, cela a été un bonheur. Comme vous le savez, L’Iliade aborde l’histoire de la guerre de Troie qui dure depuis dix ans et L’Odyssée relate les aventures d’Ulysse. Je dois dire que je garde un excellent souvenir de ces deux tomes. Encore aujourd’hui, je me sers de cette lecture en classe pour parler du terme cheval de Troie à mes étudiants en informatique. Mais encore, ce sont les personnages comme Achille, Patrocle, Agamemnon, Priam, Hector, Ulysse, Hélène, Pénélope et les dieux et les déesses comme Zeus, Athéna, Héra, Poséidon, etc.,  qui me reviennent en tête avec leurs forces et leurs faiblesses. J’ai particulièrement aimé le voyage d’Ulysse et ses rencontres avec divers êtres comme Circé, le cyclope, Calypso ou encore les sirènes. L’amour de Pénélope s’avère assez frappant tout comme la fidélité du chien d’Ulysse Argos qui meurt d’émotion de revoir son maître après 20 ans!

Entrer dans ces deux livres, c’est découvrir comme il est mentionné dans l’Odyssée : «Mais les dieux accablent de maux ceux qui courent le monde et même s’ils sont rois, leur filent des calamités. »

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De plus, il faut se rendre jusqu’à la fin pour ressentir l’émotion de Pénélope devant son époux après 20 ans.

La reine descendit. Quel trouble dans son cœur ! Elle se demandait si, de loin, elle allait interroger l’époux ou s’approcher de lui et, lui prenant la tête et les mains, les baiser. Elle entra… Elle avait franchi le seuil de pierre : dans la lueur du feu, contre l’autre muraille, juste en face d’Ulysse, elle vint prendre un siège ; assis, les yeux baissés, sous la haute colonne, il attendait le mot que sa vaillante épouse, en le voyant, dirait. Mais elle se taisait, de surprise accablée. Elle resta longtemps à le considérer, et ses yeux tour à tour reconnaissaient les traits d’Ulysse en ce visage ou ne pouvait plus voir que ces mauvais haillons. Son fils, en la tançant, lui dit et déclara :
TÉLÉMAQUE : Ton cœur est trop cruel, mère ! ô méchante mère ! de mon père, pourquoi t’écarter de la sorte ?… auprès de lui, pourquoi ne vas-tu pas t’asseoir, lui parler, t’enquérir… fut-il jamais un cœur de femme aussi fermé ?… s’éloigner d’un époux quand, après vingt années de longs maux et d’épreuves, il revient au pays !… Ah ! ton cœur est toujours plus dur que le rocher !
La plus sage des femmes, Pénélope, reprit :
PÉNÉLOPE : Mon enfant, la surprise est là, qui tient mon cœur. Je ne puis proférer un mot, l’interroger, ni même dans les yeux le regarder en face ! Si vraiment c’est Ulysse qui rentre en sa maison, nous nous reconnaîtrons et, sans peine, l’un l’autre, car il est entre nous de ces marques secrètes, qu’ignorent tous les autres.

Chant XXIII.

Je dois avouer que je ressens encore de l’émotion en lisant cet extrait…

Donc, j’ai hâte de me rendre dans quelques jours en Grèce pour me retrouver au cœur même des temples, de scruter les statues des diverses divinités et de m’imbiber de la richesse culturelle des lieux… et pourquoi par retrouver l’aura de ces deux sublimes textes qui ont su traverser les siècles….

Mykos_Grèce

Je vous laisse sur ce bel extrait tiré de l’Iliade :

Telle la naissance des feuilles,
telle celle des hommes.
Il y a des feuilles que le vent répand à terre,
mais la forêt puissante en produit d’autres, le printemps revient.
Ainsi pour les hommes : une génération naît, l’autre finit.

(Chant V).

Avez-vous déjà lu l’Iliade et l’Odyssée? Avez-vous apprécié les chants d’Homère?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit Je voudrais qu’on m’efface

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Lavalette2

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dans son premier roman, Anaïs Barbeau-Lavalette exploite le thème de la survivance chez trois enfants de 12 ans du quartier Hochelaga-Maisonneuve de Montréal, un quartier reconnu pour son milieu axé sur la prostitution et la pauvreté. Ces êtres vivent dans le même immeuble. Ils se croisent sans jamais trop communiquer. Chacun a une vie déjà marquée par les adultes…D’abord, il y a Roxane, la « mésadaptée socio-affective». Elle fuit la réalité dans des livres sur la Russie… Elle se réfugie dans un ailleurs lointain pour s’échapper de son foyer où règnent la violence et l’alcoolisme.

Kevin de son côté doit prendre du Ritalin et il joue aux jeux vidéo. Il adore aller voir son père affronter des lutteurs dans le sous-sol de l’église. Son père, c’est son super héros car sa mère l’a abandonné. C’est sa force, son point de repère.

Mais encore, dans cet édifice, on retrouve Mélissa qui doit s’occuper de ses deux petits frères car sa mère est une prostituée toxicomane qui a reçu l’ordre de la Cour de ne plus approcher de ses enfants. Mélissa doit les nourrir, les laver, les amener à l’école. Elle affronte également celui qui récolte le montant des loyers, etc. Elle devient mère malgré elle à 12 ans.

C’est un récit poignant que nous offre l’écrivaine. Le lecteur referme ce livre frappé par la force de ces jeunes êtres qui tentent par toutes les manières de survivre. Par exemple, pour échapper aux cris de sa mère qui se fait battre, Roxane écoute de la musique classique.

Chostakovitch, les violons. Plus fort, plus fort encore. Les violons la fenêtre la neige snieg qui tombe comme des lignes du ciel à l’eau comme des lianes pour s’agripper, pour monter très haut, jusqu’en haut, les flocons tombent en lianes du sol au ciel, le violon de Chostakovitch coule sur elle, puis coule en elle. Roxane est une corde, stridente sous l’archet, Roxane vibre, Roxane explose, vole par-dessus la rue, par-dessus les corps morts, par-dessus la marde, jusqu’aux bateaux, jusqu’au fleuve, jusqu’en Russie. Roxane est une symphonie.

C’est un tout petit livre de 11 chapitres numérotés en russe pour faire écho au paradis imaginaire de Roxane que nous présente l’auteure. Ce qui est terrible, c’est que l’écrivaine nous fait vivre de l’intérieur le drame de ces enfants délaissés. Ils ont à peine les mots pour communiquer. Alors, la solitude et l’imaginaire imbibent leur existence. Nous le savons, ces enfants existent. Ils déambulent dans nos rues avec des clefs autour du cou. Victimes souvent de leurs parents, ils ne demandent rien, mais ils nous offrent pourtant un portrait bien triste de notre réalité…

J’ai beaucoup aimé l’amour se dégageant des trois. Roxane, pour fêter le premier anniversaire de sobriété de son père, lui remet un cadeau.

Ainsi, elle lui donne un bateau qu’elle a confectionné. Il lui répond :

-Un bateau ! C’est beau…
-Pour te rappeler la Gaspésie.
-…Merci. Merci, ma belle… J’oublierai pas. J’oublierai pas, promis.

Il la serre dans ses bras forts.

Faut qu’tu t’rappelles de tes rêves pour pas t’noyer dedans.

Je vous recommande fortement ce premier bouquin d’Anaïs Barbeau-Lavalette… C’est beau, c’est triste, c’est vrai.

Aimez-vous ces livres mettant en scène des enfants ?

Bien à vous,

Madame lit

Barbeau-Lavalette, Anaïs. Je voudrais qu’on m’efface. Montréal : Bibliothèque québécoise, 144 p.

ISBN : 978-2-89406-330-9

Madame lit un extrait pour une Journée mondiale

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Aujourd’hui, permettez-moi de souligner la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur! Pour ce faire, je tiens à vous présenter deux extraits du premier livre de Félix Leclerc, notre grand auteur compositeur interprète et écrivain. Dans Pieds nus dans l’aube, publié pour la première fois en 1946, Félix raconte son dernier été à La Tuque alors qu’il avait 12 ans. Il aborde, entre autres, le bonheur d’être enfant… Ce livre lui permet aussi de partager son opinion sur la vie, le temps, l’amour, la famille, la nature, l’amitié et la mort…

Fidor m’avait fait connaître le mot amitié, c’était merveilleux ; maman et les garde-malades, le mot courage ; papa et mon frère le premier, celui d’audace ; Anne-Marie et mon frère le second celui de musique ; Gaspard Lavoie, celui du théâtre ; Ledeenne, tout cela ensemble ; Ludger, terre. Dans mon vocabulaire du temps figuraient aussi les mots larmes, tempêtes, punitions ; …Mais je me serais passé des mots : séparation, feu, haine, vol, guerre, mort.
Mots atroces!

 

Hop là! courage! debout!
J’ai deux montagnes à traverser,
deux rivières à boire !
Ho donc! ma hache et mes souliers :
Payse veut nous voir !
J’ai six vieux lacs à déplacer,
trois chutes neuves à mettre au lit,
dix-huit savanes à nettoyer,
une ville à faire avant la nuit !

Le fils de Félix Leclerc, Francis Leclerc, a d’ailleurs réalisé un film à partir du bouquin de son père. Je vous invite à cliquer sur Pieds nus dans l’aube pour visionner les premières images du film.

Si vous n’avez jamais lu de livre de Félix Leclerc, je vous recommande de débuter par ce roman d’apprentissage. Entrer dans cet univers, c’est découvrir l’espace d’un récit, la magie d’une plume empreinte de poésie…

Si vous voulez comprendre pourquoi le 23 avril a été choisi comme date, vous pouvez cliquer sur 23 avril.

Bonne Journée mondiale du livre et du droit d’auteur! Célébrons!

Bien à vous,

Madame lit

 

Madame lit du Marie Uguay

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Hirondelle

Chère lectrice, Cher lecteur,

Si vous suivez mon blogue depuis un certain temps, vous savez que j’ai une admiration sans borne pour la plume de Marie Uguay. Par le biais de l’écriture, cette dernière a su réinventer son existence, donner vie à l’Autre, habiter l’espace, créer un univers au-delà de l’intime, là où résonne l’écho du vrai, du pur, de l’essentiel, au cœur même du désir… Voici deux extraits que j’aime particulièrement… Le premier s’avère le début de L’outre-vie (1979) et le second, la fin…

L’outre-vie c’est quand on n’est pas encore dans la vie, qu’on la regarde, que l’on cherche à y entrer ; On n’est pas morte mais déjà presque vivante, presque née, en train de naître peut-être, dans ce passage hors frontière et hors du temps qui caractérise le désir. Désir de l’autre, désir du monde. Que la vie jaillisse comme dans une outre gonflée. Et l’on est encore loin. L’outre-vie comme l’outre-mer ou l’outre-tombe. Il faut traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, traverser le réel obtus pour entrer dans une réalité à la fois douloureuse et plus plaisante, dans l’inconnu, le secret, le contradictoire, ouvrir ses sens et connaître. Traverser l’opacité du silence et inventer nos existences, nos amours, là où il n’y a plus de fatalité d’aucune sorte.

 

J’irai partout ailleurs
l’hirondelle la fumée les roses tropicales
c’est tout le matin ensemble
puis l’homme que l’on aime et que l’on oublie
je serai bien le jour
dans la moisissure d’or
qui traîne dans toutes les capitales
et le tapis usé les ascenseurs

je n’ai plus d’imagination
ni de souvenirs forcément
je regarde finir le monde

et naître mes désirs

Sa vie trop courte a façonné son mythe…Morte d’un cancer en 1981 à l’âge de 26 ans, elle est toujours d’actualité, plus vivante que jamais grâce à ses écrits… Alors, lisons ses poèmes, abreuvons-nous à la beauté de ses mots et célébrons sa plume… Lire ses recueils (Signe et rumeur -1976, L’outre-vie-1979 et Autoportraits-1982), c’est une excellente porte d’entrée pour découvrir la poésie québécoise…

Si vous n’avez jamais vu l’excellent documentaire de Jean-Claude Labrecque sur Marie Uguay, je vous encourage fortement à le regarder (vous n’avez qu’à cliquer sur le lien pour avoir accès à ce dernier)… J’ai plongé dans ce film à quelques reprises et je peux dire que je sors grandie après chaque visionnement…

Aimez-vous la poésie de l’intime? Connaissiez-vous cette grande poétesse québécoise?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit une écrivaine ou un écrivain par mois : Michel Tremblay

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Présentation_une écrivaine ou un écrivain par mois-aril_2017!

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour avril, j’ai décidé de vous présenter un grand auteur du Québec : Michel Tremblay. Ce dernier s’avère un incontournable de la littérature québécoise. Il est né à Montréal, au Québec, en 1942. Sa deuxième pièce de théâtre Les Belles-Sœurs lui permet d’obtenir un grand succès en 1968. Cette dernière bouleverse le Québec d’alors au prise avec une rigidité tributaire de la bourgeoisie et de la religion. Les Québécois étaient habitués aux œuvres classiques. Michel Tremblay, par le biais de sa plume, rompt comme nul autre avant lui avec ce modèle en osant mettre en scène des personnages vrais s’exprimant en joual (équivalent de l’argot en France). Il offre ainsi au public des êtres fictifs drôles, attachants, empreints d’humanité. Ces derniers sont inspirés de son enfance. Il expose des femmes ordinaires de la classe ouvrière, des prostituées, des travestis, des homosexuels, des paumés, des alcooliques, etc. Le Québec lui doit énormément car il a su, grâce à son génie, donner la parole autrement à ses gens…

Le voici d’ailleurs dans un intéressant reportage où il aborde :

  • Son rapport avec les musées
  • Son rapport avec les objets
  • Son rapport avec les autres
  • Les Belles-Sœurs
  • La grosse femme d’à côté est enceinte
  • Bonbons assortis au théâtre
  • Cinéma : Il était une fois dans l’est
  • Le roman
  • La traduction
  • La musique
  • La télévision
  • La radio
  • Internet
  • Les Belles-Sœurs à Paris
  • Les femmes
  • Les acteurs
  • Les lecteurs
  • Des lieux

https://www.youtube.com/watch?v=khbiy5DK1zY

Cette entrevue a été réalisée par le Musée de la civilisation.

Madame lit et Michel Tremblay

Ma première rencontre avec l’univers de Michel Tremblay remonte à mes années au secondaire. Le professeur d’art dramatique avait décidé de présenter la pièce de théâtre Les héros de mon enfance avec des collègues de classe. J’avais adoré retrouver sur scène le Petit Chaperon rouge, le prince charmant, Peau d’Âne, etc., mais avec des caractéristiques différentes. Tremblay exploite une seconde nature chez ces derniers. Par exemple, le prince charmant s’avère homosexuel, la Belle au bois dormant apparaît nymphomane, etc…

Ma deuxième rencontre avec l’univers de Michel Tremblay est rattachée à mes années en tant qu’étudiante au collégial. J’avais à lire la pièce de théâtre À toi, pour toujours, ta Marie-Lou. Ensuite, il a fallu que j’aille la voir au théâtre. Quelle émotion pour la jeune étudiante que j’étais ! Dès le rideau levé, je suis tombée sous le charme, emporter ailleurs, dans un lieu où les personnages oscillaient entre le désespoir et l’espoir. C’est grâce à cette dernière que j’ai découvert la cellule des tu-seuls, thème récurrent dans l’univers de Tremblay. Comme le mentionne Marie-Louise, la mère :

MARIE-LOUISE- Nous autres, quand on se marie, c’est pour être tu-seuls ensemble. Toé, t’es tu-seule, ton mari à côté de toé est tu-seul, pis tes enfants sont tu-seuls de leur bord… Pis tout le monde se regarde comme chien et chat… Une gagne de tu-seuls ensemble, c’est ça qu’on est ! (…) Pis tu pars… Pis tu fondes une nouvelle cellule de tu-seuls.

C’est aussi grâce à cette pièce que j’ai rencontré le personnage de Carmen. Cette dernière contrairement à sa mère Marie-Louise, à sa sœur Manon, à son père Léopold, souhaite s’évader de cet univers familial marqué par le désespoir en cherchant à rendre les autres heureux en chantant dans un bar country : Le Rodéo. Elle veut être libre en acceptant qui elle est.

CARMEN- (…) Chus v’nue au monde dans’marde comme toé Manon, mais au moins j’essaye de m’en sortir ! Au moins j’essaye de m’en sortir !

MANON- En chantant des chansons de cowboy, au Rodéo !

CARMEN- Oui, en chantant des chansons de cowboy au Rodéo ! Pour moé, être libre c’est de chanter des chansons de cowboy au Rodéo, pis après ! C’est toujours ben mieux que de rester gommée dans son passé, un chapelet à la main pis les yeux dans le beurre !

Ensuite, notre professeur avait projeté en classe la pièce Sainte Carmen de la Main. On y retrouvait le personnage de Carmen, cette femme souhaitant changer le sort des mal-aimés, ceux de la rue par le biais de ses chansons de cowboy. Elle désire communiquer de l’espoir et aider son entourage encore dans cette pièce. Toutefois, Carmen, le soleil, apprend que la loi de la rue est parfois plus forte que le rêve… Encore aujourd’hui, je repense à ces deux pièces et je deviens émotive. Je garde un souvenir fort de Carmen qui voulait tellement rendre heureux les autres le temps d’une chanson…

J’ai aussi lu un peu plus tard Les Belles-Sœurs. Je vous convie à regarder cet extrait :

  • Contes pour buveurs attardés

Dans ces contes rédigés à 20 ans, Michel Tremblay exploite le fantastique pour offrir des êtres attachants. On y retrouve un vampire, un diable, une sorcière, etc. Je garde un beau souvenir d’ «Angus et la lune vampire» et de «Maouna» la sorcière morte sur un bûché, assoiffée de vengeance.

  • Le cœur découvert et Le cœur éclaté

J’ai aussi lu ces deux romans… Une belle histoire d’amour entre un professeur de littérature et un homme marié, père de famille 15 ans plus jeune qui découvre son homosexualité.

Dix ans plus tard, la relation entre les deux hommes éclate. Jean-Marc, le professeur, se réfugie à Key West en Floride où il vit la douleur de sa séparation.

J’ai beaucoup aimé cette histoire d’amour… Michel Tremblay a créé deux magnifiques hommes qui osent se remettre en question. Ils s’aiment profondément… Et cet amour pousse parfois à comprendre l’autre et à accepter son départ malgré la peine…

J’aimais assez Mathieu pour laisser cette situation s’étirer, ou plutôt, ma peur d’une explication définitive, d’une rupture due à autre chose que la perte du sentiment était telle que j’aurais laissé les choses s’éterniser si Mathieu, plus jeune que moi de quinze ans, n’avait pas fini par trouver une autre passion, un autre corps à aimer. C’était prévisible, je l’avais vu venir, j’avais su à l’avance ce que je ressentirais ; je l’avais même à ce point senti que j’avais l’impression de le vivre pour la deuxième fois : même sensation de vide, le cœur qui vient d’éclater, l’absence de larmes parce que je suis incapable de pleurer depuis trop longtemps, la prostration qui tue toute envie, surtout celle de survivre…

  • Douze coups de théâtre

Tout d’abord, j’ai eu le plaisir de rencontrer Michel Tremblay lors d’une séance de dédicace après la parution de ce livre. Dans ce dernier, Michel Tremblay raconte son enfance à travers le souvenir de douze pièces de théâtre. Il y a des moments très tendres dans ce bouquin. Pour moi, la façon dont Michel Tremblay raconte la relation qu’il avait avec son père sourd apparaît tout simplement sublime… C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus touchée. Son père aimait tellement regarder la télévision, mais à un moment, il se rend compte qu’il ne pourra plus…

Au cas. Au cas où j’en entendrais des bouts. On sait jamais. Avant, quand y montraient pas le personnage qui parle, je finissais par comprendre pareil, j’entendais des petits bouts pis je devinais le reste… Mais là… Tout ce que je peux faire c’est lire sur les lèvres des acteurs à condition qu’on les voye parfaitement de face. Quand y sont de profil ou ben donc quand on les voit pas pantoute…. J’ai pas compris grand-chose à la pièce de théâtre, à soir, Michel. C’est la première fois. C’est la première fois que je réussis même pas à suivre l’histoire. Comment ça se fait que c’était un soldat, lui, y’a pas de guerre! Pis ça se passait pas dans les années quarante, y disaient dans les journaux que ça se passait aujourd’hui… De quelle guerre y’arrivait? Pis pourquoi sa mère l’aimait pas? Pis pourquoi y’avait des problèmes avec son père? Pis Béatrice Picard, là, c’tait-tu sa sœur? Pourquoi y vargeait comme ça dans la porte de la chambre de ses parents? Il leva la tête brusquement. Comme un enfant qui sursaute devant une injustice particulièrement cuisante. J’pourrai pus jamais regarder la télévision. Vous pourrez baisser le son complètement, si vous voulez, demain. (p. 117-118).

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Un ange cornu avec des ailes de tôle

Dans ce bouquin, Michel Tremblay présente les livres qui ont marqué sa vie de lecteur jusqu’à sa première publication en 1966. On y retrouve, entre autres, des références à Saint-Exupéry, Gabrielle Roy, Jules Verne ou le grand Victor Hugo. On est amené au cœur de ses souvenirs…. Il décrit à merveille les émotions habitant un être et un livre…

On dit que désirer est plus jouissant que posséder. C’est faux pour les livres. Quiconque a senti cette chaleur au creux de l’estomac, cette bouffée d’excitation dans la région du cœur, ce mouvement du visage – un petit tic de la bouche, peut-être, un pli nouveau au front, les yeux qui fouillent, qui dévorent – au moment où on tient enfin le livre convoité, où on l’ouvre en le faisant craquer mais juste un peu pour « l’entendre », quiconque a vécu ce moment de bonheur incomparable comprendra ce que je veux dire. Ouvrir un livre demeure l’un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie.

Extrait du livre Un ange cornu avec des ailes de tôle 

J’ai adoré cette plongée dans l’univers de Tremblay ! Cette lecture vaut le détour surtout pour retrouver le lien entre l’auteur et sa mère… On voit un petit garçon d’un milieu défavorisé ouvrir ses ailes et prendre connaissance du monde l’entourant grâce à la littérature… Un bel hommage aux livres, à la vie, à la famille, au Québec…  Du grand Tremblay !

Donc, voici ma présentation de Michel Tremblay !

Nina du blogue Rest’O Littéraire présente aussi des auteurs. En avril, elle a parlé de son lien avec Frédéric Beigbeder. N’hésitez pas à cliquer sur le nom du blogue de Nina pour lire son billet !

Quel ouvrage avez-vous préféré de Michel Tremblay ?

Bien à vous,

Madame lit

 

Madame lit sa citation pour une journée spéciale!

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Vache_Bossie

Chère lectrice, Cher lecteur,

En cette Journée internationale du livre pour enfants, j’ai le plaisir de vous présenter une citation tirée de Ma vache Bossie de Gabrielle Roy, conte publié pour la première fois dans un magazine rural. Dans ce dernier, le jeune lecteur peut être amené à critiquer ouvertement les parents par rapport à leur gestion financière. À quoi peut bien servir une vache dans ce Canada à une époque difficile? Qui s’occupe de cette vache surtout si elle donne trop de lait? Combien d’argent pourra rapporter cette vache dans vingt ans? C’est l’histoire d’une petite fille recevant une vache en cadeau qui est racontée. Je vous présente la fin mettant en scène la mère et la fillette et entre elles, les calculs !

Longtemps après, des fois, le soir, j’entendais maman se raconter : « … de la mouture, des planches, un seau à traire, du foin… ». Elle se mettait à rire un peu, recommençait ses calculs. Elle disait : – Je ne me retrouve pas encore dans mes comptes… Et toi, me demandait-elle, t’es-tu retrouvée?

J’ai vu sur le site de Renaud-Bray une édition regroupant 4 contes d’animaux pour enfants de Gabrielle Roy : Ma vache Bossie, Courte-Queue, L’Empereur des bois, L’Espagnole et la Pékinoise.

De plus, il importe de se rappeler que la date de la journée internationale du livre pour enfants a été choisie en l’honneur de l’anniversaire du grand Hans Christian Andersen. Elle a comme but, entre autres, d’inciter les jeunes à développer leur amour de la lecture…

Je vous souhaite une belle journée sous le signe de la littérature pour enfants !

Comme le mentionne Roald Dahl dans Charlie et la chocolaterie :

Les plus grands secrets se trouvent toujours aux endroits les plus inattendus.

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit son mois de mars 2017!

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Les chambres de boisChère lectrice, Cher lecteur,

Mars… Que dire de ce dernier? Ce mois a été difficile à différents égards… Mais, je garde comme émotion la gratitude car j’ai été très malade et je remercie la vie d’être enfin sortie de cette maladie qui m’a affligée durant un bon bout de temps… Je suis remplie de gratitude aussi envers mes amies qui sont toujours là pour aller au théâtre, pour boire un café, pour partager un repas. Je suis heureuse aussi car il ne reste qu’un mois au semestre d’hiver. Donc, mon enseignement sera terminé à la fin avril… Je suis aussi remplie de gratitude car je me prépare pour un très beau voyage en Grèce en mai ! Donc, merci la vie pour la santé retrouvée, pour les beaux moments remplis d’amitié et pour le voyage qui s’en vient !!!

En ce qui concerne mon blogue, voici les principales chroniques publiées au fil du mois :

N’hésitez pas à découvrir ces écrits en cliquant sur le lien rouge!

Le billet le plus consulté du mois de mars a été Madame lit une écrivaine ou un écrivain par mois ! Lucy Maud Montgomery séduit encore!

Qu’est-ce que je lis en ce moment ? Je vous invite à cliquer sur Lecture du moment pour découvrir le bouquin errant entre mes mains dernièrement…

Pour terminer ce bilan en beauté, je vous laisse sur ce bel extrait tiré des Chambres de bois d’Anne Hébert :

-Parle-moi de toi, Michel.

-De moi, Catherine? Ce n’est pas la peine, je t’assure. J’ai vécu des jours atroces d’attente et de honte. Mais je sais qu’elle revient toujours, c’est plus fort qu’elle. Nous jeûnons et nous prions ensemble. Un jour, je le crois, elle redeviendra pure comme ses os. Nous referons le pacte d’enfance et nul n’aura accès jusqu’à nous.

Michel avait élevé le ton. Il regardait Catherine sans la voir, semblant défier quelqu’un qui se fût trouvé derrière elle.

-Mon pauvre Michel, comme tout cela est amer. Regarde-moi un peu, car je vais te quitter pour toujours.

J’espère que votre mois de mars s’est bien passé ! Je vous souhaite un très beau mois d’avril sous le signe de la chaleur! Il faut que la neige disparaisse!!!!

Et surtout, bonne lecture!!!!

Bien à vous,

Madame lit

Hébert, Anne, Les chambres de bois, Paris : Seuil, 1980, 189 p.

Madame lit un cadeau par mois : mars 2017 !

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Sac-jane-austen

Chère lectrice, Cher lecteur,

Si vous lisez mes billets depuis un certain temps, vous savez que j’adore les romans de Jane Austen. Alors, pour le mois de mars, j’ai décidé de vous présenter cette idée de cadeau : un sac en coton ayant Pride and Prejudice by Jane Austen Illustrated by Hugh Thomson à l’honneur. Nous retrouvons un magnifique paon pour accompagner le texte. Il importe de mentionner que Hugh Thomson est l’illustrateur de l’intégrale de Jane Austen. Et oui… Notre société de consommation nous ouvre parfois les portes à la folie des dépenses et je n’ai pas pu résister à acheter le petit objet portant la mention de mon écrivaine britannique préférée. En écrivant cet article, je me demande ceci : pourquoi s’offrir un tel objet ou encore pourquoi en donner un en cadeau ?  Est-ce pour le plaisir d’afficher notre sentiment d’appartenance à une communauté, c’est-à-dire celle des passionnés des textes austeniens ? Est-ce pour faire plaisir à une amie ou à un ami possédant tous les livres de cette écrivaine ? Ce sont autant de questions que nous pouvons nous poser… Il n’en reste pas moins qu’arborer un sac avec un de nos coups de cœur littéraires peut paraître enfantin ou étrange pour certains…  Toutefois, ces sacs existent et j’ai craqué ! Je n’hésite pas à m’en servir pour aller à la plage avec le livre que je suis en train de lire à l’intérieur !

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Donc, si vous êtes une admiratrice inconditionnelle ou un admirateur des textes austeniens, ce sac en sans aucun doute pour vous ! Ou encore, si vous avez envie de gâter une personne de votre entourage adorant les bouquins de Jane Austen, je suis convaincue que cet objet connaîtra un vif succès !

Je vous laisse sur cet extrait d’Orgueil et Préjugés. Vous allez comprendre le choix du paon sur le sac !

En dépit de sa profonde antipathie, Elizabeth ne pouvait rester insensible à l’hommage que représentait l’amour d’un homme tel que M. Darcy. Sans que sa résolution en fût ébranlée un instant, elle commença par se sentir peinée du chagrin qu’elle allait lui causer, mais, irritée par la suite de son discours, sa colère supprima toute compassion, et elle essaya seulement de se dominer pour pouvoir lui répondre avec clame lorsqu’il aurait terminé. Il conclut en lui représentant la force d’un sentiment que tous ses efforts n’avaient pas réussi à vaincre et en exprimant l’espoir qu’elle voudrait bien y répondre en lui accordant sa main. Tandis qu’il prononçait ces paroles, il était facile de voir qu’il ne doutait pas de recevoir une réponse favorable. Il parlait bien de crainte, d’anxiété, mais sa contenance exprimait la sécurité.

Pour connaître la proposition de Camellia Burows du blogue Camellia Burows, n’hésitez pas à cliquer sur son nom ! Elle présente toujours d’excellentes idées de cadeau !

Que pensez-vous de mon choix pour mars ?

Bien à vous,

Madame lit

 

 

Madame lit un poème sur le printemps

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Comme nous avons salué l’arrivée du printemps cette semaine, il est de mise de souligner cette saison en cette journée de citation ! J’ai choisi de vous présenter le poème « Printemps » de Victor Hugo car je le trouve tout simplement magnifique.

Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit on croit entendre,
À travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo, Toute la lyre

Connaissiez-vous ce poème de Victor Hugo ? Une belle façon de fêter le printemps, n’est-ce pas?

Bien à vous,

Madame lit

Madame lit Les égarés

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alto car j’ai eu le privilège de recevoir en service de presse Les égarés de Lori Lansens. L’écrivaine d’origine canadienne n’est pas une inconnue du domaine littéraire. Elle a déjà fait paraître, entre autres, en 2002 La Ballade des adieux et en 2006 Les Filles. Mais que raconte Les égarés ?

Wolf Truly est un jeune homme malmené par la vie. Il a été marqué par la mort brutale de sa mère, les déboires de son père, les actes violents de son cousin, la pauvreté des siens, l’alcoolisme de sa tante et par l’accident terrible de son meilleur ami Byrd. Pour ses 18 ans, il a décidé de se suicider en faisant le saut de l’ange (se jeter dans le vide) à partir du sommet de la montagne surplombant Palm Springs. Wolf connaît cette montagne puisqu’il y est allé à quelques reprises avec son meilleur ami. Au cours de sa première journée en montagne, il fait la rencontre de trois femmes ayant des connaissances limitées de la randonnée et de la survie en forêt. Il y en a même une qui est chaussée de tong ! Le groupe finit par se perdre sans nourriture, sans eau à la suite de mauvaises décisions et de quelques étourderies. Ainsi, Wolf devient celui qui peut guider les 3 dames et les ramener à bon port. Le quatuor est alors plongé dans le froid de novembre au milieu d’une faune et d’une flore sauvages. Ces êtres apprennent les uns des autres et ils deviennent solidaires.

téléphérique

Dès la quatrième de couverture, j’ai été happée par le récit. Ainsi, j’ai retrouvé cette phrase pour le moins percutante : « Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants… ». À cause de cette mention, j’ai voulu découvrir ce qui allait se produire… Qui allait perdre la vie ? Pourquoi ? Comment et surtout quand ?  Je me suis bien vite attachée aux protagonistes et surtout à Wolf, un gentil jeune homme… Durant la lecture, il y a beaucoup de retours en arrière afin de dresser le portrait de son histoire familiale tordue. Le lecteur est confronté au passé traumatisant de Wolf et à son présent angoissant. Mais encore, le lien d’amitié se tissant entre Wolf et les trois femmes est bien traité. Le lecteur voit également se développer une relation entre les trois personnages féminins.

Et bien entendu, il y a la forêt encerclant les protagonistes, les rendant prisonniers, les enfermant en eux-mêmes…

La nature offre un miroir d’une grande précision et je regrettais parfois la lucidité que la montagne avait suscitée en moi, voire la raison d’être que notre calvaire nous avait fournie. (p. 433)

Et cette lutte pour survivre s’avère tout simplement enivrante…

Nous étions tour à tour glacés dans les longs segments encaissés entre les rochers et rôtis par le soleil sur les crêtes dénudés. Tous les quarts d’heure environ, nous nous arrêtions pour nous reposer, mais brièvement car nous savions que le lieu de notre prochaine escale risquait aussi d’être celui de notre dernier repos. Nos pas étaient lents. Nos estomacs étaient vides. Notre soif était terrible. Nous avions le moral à zéro. (p. 384)

Lori Larsens possède une belle plume. Elle sait créer un univers haletant, palpitant pour son lecteur. Elle maîtrise bien le concept du dialogue et elle a certainement fait des recherches pour ce récit.

Ce roman permet à un homme et à 3 femmes d’apprendre que survivre c’est aussi aller à la rencontre de l’autre…

Le soleil brillait, nous réchauffait. Dans le bruit blanc de l’eau, nous avons entendu des hélicoptères, des avions et les chuchotements de nos morts. (p. 413)

J’ai passé un excellent moment de lecture ! Cela m’a fait du bien de vibrer avec ces égarés, ces perdus ! Une belle surprise littéraire !

Aimez-vous ces récits mélangeant action et introspection ?

Bien à vous,

Madame lit

Les égarés, Lori Lansens, trad. Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Alto, 448 pages, 2017.